Question de M. BRUYEN Christian (Marne - Les Républicains-A) publiée le 29/01/2026

M. Christian Bruyen interroge M. le ministre de l'éducation nationale sur la situation des directrices et directeurs d'école du premier degré de l'enseignement public, dont les conditions d'exercices se dégradent malgré lesdits engagements de l'État en faveur de l'école primaire.

Dans le cadre de la « Journée de la mule » initiée par le syndicat des directrices et directeurs d'école (S2DÉ), ces personnels ont décidé d'adresser un signal fort aux autorités publiques avec la métaphore de la mule, animal robuste sur lequel on empile des charges toujours plus lourdes, en étant convaincu de sa solidité. Un exercice non dénué de danger, tant il atteint ses limites, que ce traitement institutionnel réservé aux directrices et directeurs d'école.

Sur le terrain, ce sont deux métiers simultanés qui sont exercés : celui d'enseignant devant des élèves et celui de chef d'établissement assumant la sécurité des personnes et des locaux, la gestion administrative et financière, les relations avec les familles, les collectivités et les services de l'État, le suivi de l'absentéisme scolaire, la coordination des personnels et des partenaires, ainsi que la mise en oeuvre de politiques publiques toujours plus nombreuses. Ces tâches, indispensables au fonctionnement du service public de l'éducation nationale, sont très majoritairement accomplies hors du temps de classe, au détriment de la santé des personnels et de l'attractivité de la fonction.

Gérer sur une même journée, l'enseignement, les urgences administratives, les relations avec les parents, les dysfonctionnements matériels, l'organisation de visites médicales, les échanges institutionnels et le suivi réglementaire des élèves, sans temps dédié suffisant pour exercer sereinement ses missions, est aujourd'hui devenu la norme.

Alors que l'école est régulièrement présentée comme une priorité nationale, il constate que les directrices et directeurs d'école demeurent sans véritable autorité hiérarchique clairement identifiée selon les missions, sans protection fonctionnelle adaptée et sans une juste compensation financière.

En conséquence, il lui demande quelles mesures concrètes le Gouvernement entend mettre en oeuvre pour instaurer un temps de décharge de direction mieux proportionné à la taille et aux spécificités des écoles.

Il s'inquiète de l'augmentation des procédures internes aux établissements et suggère la mise en place de simplifications administratives effectives.

Conscient de ces situations de part sa double expérience, d'une part au sein du corps enseignant, d'autre part en tant que maire et président du conseil départemental, il s'interroge sur la reconnaissance de la fonction de direction d'école par une valorisation financière significative, pérenne et intégrée dans le calcul des droits à pension, seule à même de restaurer l'attractivité et la soutenabilité de cette fonction essentielle au service public d'éducation.

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En attente de réponse du Ministère de l'éducation nationale.

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