Question de M. BASQUIN Alexandre (Nord - CRCE-K) publiée le 29/01/2026
M. Alexandre Basquin attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l'intelligence artificielle et du numérique sur l'absolue nécessité d'interdire dans les plus brefs délais les fonctionnalités de l'intelligence artificielle (IA) qui permettent de dénuder des personnes sans leur consentement.
En décembre 2025, Grok, l'intelligence artificielle de X, le réseau social d'Elon Musk, a permis à de multiples internautes de générer des images dénudées ou en bikini de femmes et d'enfants. C'est inacceptable et insupportable !
Selon l'Organisation non gouvernementale AI Forensics, qui a analysé 20 000 images générées par Grok entre le 25 décembre 2025 et le 1er janvier 2026, 53 % d'entre elles représentaient des personnes dénudées et, parmi cette moitié, se trouvaient 81 % de femmes. Les chercheurs ont notamment identifié une trentaine d'images « représentant de jeunes, parfois très jeunes femmes/filles peu vêtues, généralement portant un bikini ou des habits transparents. Certaines images générées représentaient des enfants de moins de 5 ans ». C'est dire l'ampleur du phénomène, vécu comme une insulte et une agression supplémentaire par les victimes de violences sexuelles et de pédopornographie et les défenseurs des droits des femmes et des enfants.
Nous sommes bien là dans l'indignité la plus forte, la déshumanisation des victimes, et dans l'illégalité puisque, faut-il le rappeler, en France la production d'hypertrucage (« deepfake ») à caractère sexuel d'une personne sans son consentement est punie par la loi.
Le 14 janvier 2026, il a été annoncé par X que son assistant d'IA ne permettrait plus de déshabiller des personnes réelles dans le pays où la loi l'exige. Mais le problème est loin d'être résolu. Comme l'explique le journal Le Monde le 15 janvier 2026, seules sont concernées les fonctions de Grok intégrées à X, que ce soit par le compte @Grok ou l'onglet « Grok ». L'outil Grok proprement dit, accessible par exemple sur l'application Grok ou sur le site Grok.com, n'a pas vocation à être bridé. Tous ses utilisateurs peuvent continuer d'y éditer des photographies, y compris en déshabillant des personnes sans leur consentement. Des possibilités qu'offrent aussi ses concurrents comme Gemini.
Il est temps de réagir avec force face à ces violences supplémentaires infligées, en grande majorité, aux femmes. Il y en a plus que marre de cette impunité permise aux géants de la Tech !
Il lui demande quelles mesures le Gouvernement compte prendre pour interdire les fonctionnalités des intelligences artificielles qui permettent de dénuder des
personnes sans leur consentement et afin que la loi soit respectée.
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En attente de réponse du Ministère délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'intelligence artificielle et du numérique.
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