Question de Mme CORBIÈRE NAMINZO Evelyne (La Réunion - CRCE-K) publiée le 29/01/2026
Mme Evelyne Corbière Naminzo attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la situation particulièrement préoccupante de la santé mentale à La Réunion et plus largement dans les territoires ultramarins, et sur la nécessité d'y développer des centres de réhabilitation psychosociale (CRP).
Alors que la santé mentale a été désignée grande cause nationale de 2025, prolongée en 2026, les données disponibles montrent une nette augmentation des troubles psychiques, notamment chez les plus jeunes. Une enquête menée conjointement par la Mutualité française, l'Institut Montaigne et l'Institut Terram a révélé qu'au printemps 2025, un jeune sur quatre âgé de 15 à 29 ans se déclarait dépressif et près d'un jeune sur trois affirmait avoir déjà eu des pensées suicidaires ou envisagé de se faire du mal.
Cette situation est encore plus préoccupante dans les territoires ultramarins, où près de 39 % des jeunes souffrent de dépression, avec des taux atteignant 52 % en Guyane et 44 % en Martinique. Pourtant, ils sont seulement 30 % à avoir déjà consulté un professionnel en santé mentale. Ces difficultés s'expliquent notamment par un faible recours aux soins pour ces jeunes, dû à une sous-dotation des territoires ultramarins en termes de dispositifs de prise en charge en santé mentale. Ces constats font écho au rapport sénatorial de 2025 sur la politique du handicap en outre-mer, alertant sur la souffrance psychique de ces jeunes et le manque de structures existantes.
À La Réunion, le personnel de santé est régulièrement témoin de cette réalité : de nombreux jeunes, mais aussi des adultes présentant des troubles psychiques se retrouvent quotidiennement dans des situations d'errance face à l'absence de dispositifs adaptés à leurs besoins, renforçant leur sentiment d'abandon.
Dans ce contexte, la création de CRP, centrés sur le rétablissement, l'autonomie et l'inclusion sociale, apparaît comme une réponse adaptée et urgente. Ces structures visent à aider des personnes vivant avec des troubles psychiques sévères à retrouver autonomie, participation sociale, compétences cognitives et qualité de vie, grâce à des programmes basés notamment sur la remédiation cognitive et l'éducation thérapeutique. Ces centres complètent donc la prise en charge médicale classique.
Développés particulièrement après l'instruction de la direction générale de l'offre de soins (DGOS) du 16 janvier 2019, il existe actuellement 130 CRP répondant à la définition nationale. Cependant, ils demeurent très peu présents dans les territoires ultramarins. Leur développement permettrait donc de compléter l'offre de soins encore trop limitée dans nos territoires et de réduire les inégalités d'accès aux soins avec la métropole.
Elle souhaite donc savoir quelles mesures le Gouvernement compte prendre afin de soutenir la création de CRP à La Réunion et dans les territoires ultramarins, afin de garantir un accès équitable aux soins pour tous.
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En attente de réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.
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