Question de M. BELIN Bruno (Vienne - Les Républicains-R) publiée le 29/01/2026

M. Bruno Belin interroge Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur les suppressions de postes annoncées dans l'enseignement agricole public.
Lors de l'examen du projet de loi de finances pour 2025, le Sénat avait alerté sur les très faibles marges de manoeuvre du programme 143 et sur le risque de porter un coup d'arrêt à l'attractivité retrouvée de l'enseignement agricole. La diminution de 18,86 millions d'euros intervenue au cours de la navette parlementaire a conduit le ministère à mettre en oeuvre un schéma d'emplois négatif de 45 équivalents temps plein (ETP), dont 25 ETP dans l'enseignement public.
Pourtant, l'enseignement agricole est en passe de réussir le pari de l'attractivité retrouvée. Après une baisse des effectifs entre 2013 et 2019, ceux-ci connaissent désormais une progression continue. À la rentrée 2025, le seuil des 200 000 élèves et apprentis dans l'enseignement technique agricole a été franchi, soit une augmentation de 7 % sur les cinq dernières années. Cette dynamique concerne l'ensemble des composantes de l'enseignement agricole - lycées publics, lycées privés et établissements du rythme approprié, notamment les maisons familiales et rurales (MFR) - ainsi que presque toutes les filières, à l'exception de la transformation agroalimentaire.
Dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026, les crédits du programme 143 « Enseignement technique agricole » s'élèvent à 1,46 milliard d'euros, hors compte d'affectation spéciale « Pensions », soit un budget globalement stable par rapport à l'année précédente. Ce budget prévoit la création de 40 ETP supplémentaires : 35 ETP pour la mise en oeuvre de la loi n° 2025-268 du 24 mars 2025 d'orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture, adoptée en début d'année, et 5 ETP destinés au renforcement du contrôle des MFR.
Pourtant, en région Nouvelle-Aquitaine, première région agricole de France, le Gouvernement a annoncé la suppression de 4,3 postes, correspondant à 2 700 heures de dotation globale horaire, après déjà 5,7 postes supprimés à la rentrée 2025. Ces décisions apparaissent en contradiction avec les ambitions affichées en matière de développement et d'attractivité de l'enseignement agricole.
Par conséquent, il demande au Gouvernement de reconsidérer les suppressions de postes en engageant l'élaboration d'un plan pluriannuel de recrutement et de formation des personnels de l'enseignement agricole public, cohérent avec les objectifs fixés par l'État, et d'assurer une répartition équitable des moyens entre les régions.

- page 382


En attente de réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire.

Page mise à jour le