Question de Mme MARTIN Pauline (Loiret - Les Républicains) publiée le 29/01/2026

Mme Pauline Martin attire l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur les difficultés majeures rencontrées par les filières des betteraves rouges et des betteraves sucrières, notamment dans le département du Loiret, du fait de l'absence de solutions efficaces de protection contre les pucerons vecteurs de viroses.
Ces deux filières, essentielles tant pour l'alimentation que pour l'industrie agroalimentaire et fortement structurantes pour les territoires ruraux, sont confrontées depuis plusieurs années à une pression accrue des pucerons dans un contexte de dérèglement climatique et de retrait progressif de nombreuses substances actives. Cette situation entraîne des pertes de rendement très importantes, pouvant atteindre jusqu'à 75 % sur certaines parcelles, voire l'absence quasi totale de récolte, et remet en cause les intentions de production dès la campagne 2026.
La censure par le Conseil constitutionnel des dispositions de la loi n° 2025-794 du 11 août 2025 visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur, dite « loi Duplomb », relatives à l'autorisation de l'acétamipride a privé les producteurs français d'un levier de protection pourtant autorisé et utilisé dans plusieurs États membres de l'Union européenne, notamment en Belgique et en Allemagne. À ce jour, aucune solution chimique ou de biocontrôle pleinement opérationnelle ne permet de répondre efficacement à cette impasse, créant une distorsion de concurrence manifeste au détriment des filières françaises.
Cette situation fragilise durablement la souveraineté alimentaire nationale, l'équilibre économique des exploitations, l'activité des outils industriels de transformation et l'emploi local, tant pour la betterave rouge que pour la betterave sucrière.
Elle souhaite donc savoir si le Gouvernement envisage la mise en place d'un dispositif dérogatoire, strictement encadré et temporaire, permettant l'utilisation de produits phytosanitaires autorisés chez nos voisins européens, dans l'attente de solutions alternatives efficaces.
Elle l'interroge également sur les perspectives à court et moyen terme concernant l'autorisation, la réhomologation ou le déploiement accéléré de solutions de protection adaptées, afin d'éviter un effondrement durable de ces deux filières stratégiques.

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En attente de réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire.

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