Question de Mme MERCIER Marie (Saône-et-Loire - Les Républicains) publiée le 22/01/2026
Mme Marie Mercier interroge Mme la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative sur le recrutement des animateurs périscolaires.
Alors que s'ouvrait le mardi 25 novembre 2025 le procès d'un animateur périscolaire d'une école maternelle de Paris, accusé d'agression sexuelle sur cinq enfants, une journaliste de RTL était recrutée comme animatrice périscolaire en moins de 10 minutes, sans qualification et sans vérification de son casier judiciaire.
Faux CV et lettre de motivation en main, avec un micro dissimulé, elle s'est rendue sans rendez-vous à la direction de la jeunesse d'une commune proche de Paris. Un recruteur l'a immédiatement reçue et lui a posé une série de questions pratiques, notamment sur sa disponibilité.
Après la simple question « Pas de problème avec la justice ? », et reconnaissant ne pas avoir le droit d'embaucher sans retour du casier judiciaire, il lui demande de se rendre dans une école de la commune sur le temps du midi, pour « s'occuper des enfants qui mangent » et « faire des jeux avec eux ». L'entretien aura duré en tout et pour tout 8 minutes.
La journaliste se met alors en route vers l'école, sans contrat de travail, sans connaître ses horaires et son salaire pour la journée.
Une fois sur place, la responsable l'accueille et lui apprend que l'école est un établissement Ulis, dont une partie des élèves est en situation de handicap, autistes ou en difficultés scolaires, et explique ne pas avoir les moyens humains nécessaires pour s'occuper d'eux.
Toujours accompagnée d'une autre collègue, cette dernière lui confie avoir vu deux autres personnes comme elle la veille, car « ça tourne beaucoup », dit-elle.
La journaliste a pu ainsi travailler deux heures dans cette école élémentaire, à la suite de quoi la ville lui a proposé de nouvelles vacations sans avoir encore vérifié son casier judiciaire.
Tandis que : nous nous escrimons à mieux protéger nos enfants des violences de toutes sortes, et notamment des agressions à caractère sexuel ; que depuis le 1er octobre 2025 l'attestation d'honorabilité est généralisée sur l'ensemble du territoire : toutes les personnes qui interviennent auprès des mineurs et des personnes vulnérables sont désormais contraintes de fournir cette attestation qui garantit que la personne n'a pas de condamnation inscrite sur un casier judiciaire ou sur le fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles et violentes (FIJAISV) ; comment accepter qu'un fait aussi grave puisse se produire dans notre pays ?
Les métiers de l'accompagnement et du lien, piliers invisibles de notre société, souffrent de pénurie, de précarité et de dévalorisation. Il est urgent d'y remédier.
Or dans ce secteur en particulier, de mauvais recrutements peuvent avoir des conséquences dramatiques et mettre nos enfants et les personnes les plus fragiles en danger.
Aussi, elle lui demande si les responsabilités ont pu être établies dans cette affaire, et si toutes les préconisations sont données aux services recruteurs de façon à ce qu'une telle mésaventure ne se reproduise plus.
- page 193
En attente de réponse du Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative.
Page mise à jour le