Question de M. DELAHAYE Vincent (Essonne - UC) publiée le 22/01/2026

M. Vincent Delahaye interroge M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur le retrait des État-Unis de soixante-six organisations de coopération internationale annoncé récemment.

Un nombre important de ces organisations relève du système des Nations unies. D'autres sont des enceintes multilatérales majeures, actives dans les domaines du climat, du développement, de la paix et de la gouvernance internationale.

Cette décision marque une inflexion significative de la politique américaine à l'égard du multilatéralisme. Elle conduit l'ensemble des États membres et contributeurs à s'interroger sur l'avenir de ces organisations. Elle pose aussi la question de leur utilité, de leur fonctionnement et de la soutenabilité de leur modèle financier, dans un contexte international et budgétaire de plus en plus contraint.

Le Secrétaire général des Nations unies a rappelé que certaines contributions relèvent d'obligations juridiques. Pour autant, cette situation appelle une réflexion lucide et responsable sur l'efficacité réelle des structures concernées. Il apparaît nécessaire que ces organisations puissent être examinées au cas par cas. Cela suppose d'évaluer leurs missions, leurs résultats concrets et leur capacité à rationaliser leur fonctionnement, sans affaiblir les actions qui sont réellement essentielles.

Dans ce contexte, il lui demande de préciser quelles initiatives diplomatiques la France a engagées, ou entend engager, tant au plan bilatéral qu'au sein de l'Union européenne et des instances multilatérales, afin d'anticiper les conséquences politiques, institutionnelles et financières du retrait américain.

Il lui demande également d'indiquer si une analyse précise de l'impact budgétaire pour la France a été conduite. Cette analyse distingue-t-elle les contributions obligatoires des contributions volontaires. Le Gouvernement entend-il défendre le principe selon lequel le retrait des États-Unis ne doit pas conduire à une augmentation automatique de la contribution française, mais doit au contraire inciter les organisations concernées à rechercher des économies structurelles et une meilleure efficacité de leur action.

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Réponse du Ministère délégué auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger publiée le 11/02/2026

Réponse apportée en séance publique le 10/02/2026

M. le président. La parole est à Mme Jocelyne Guidez, en remplacement de M. Vincent Delahaye, auteur de la question n° 888, adressée à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères.

Mme Jocelyne Guidez. Madame la ministre, l'administration des États-Unis a récemment annoncé le retrait de ce pays de soixante-six organisations de coopération internationale.

Un nombre important de ces organisations relève du système des Nations unies. D'autres sont des enceintes multilatérales majeures, actives dans les domaines du climat, du développement, de la paix et de la gouvernance internationale.

Cette décision marque une inflexion significative de la politique américaine à l'égard du multilatéralisme.

Elle conduit l'ensemble des États membres et contributeurs à s'interroger sur l'avenir de ces organisations. Elle pose aussi la question de leur utilité, de leur fonctionnement et de la soutenabilité de leur modèle financier, dans un contexte international et budgétaire de plus en plus contraint.

Le secrétaire général des Nations unies a rappelé que certaines contributions relevaient d'obligations juridiques. Toutefois, la situation appelle une réflexion lucide et responsable sur l'efficacité réelle des structures concernées. Il apparaît nécessaire que ces organisations puissent être examinées au cas par cas, ce qui suppose d'évaluer leurs missions, leurs résultats concrets et leur capacité à rationaliser leur fonctionnement sans affaiblir les actions réellement essentielles.

Dans ce contexte, pouvez-vous nous préciser quelles initiatives diplomatiques la France a engagées ou entend engager, tant au plan bilatéral qu'au sein de l'Union européenne et des instances multilatérales, afin d'anticiper les conséquences politiques, institutionnelles et financières du retrait américain ?

Pouvez-vous également nous indiquer si une analyse précise de l'impact budgétaire de cette décision de retrait pour la France a été conduite ? Le cas échéant, cette analyse distingue-t-elle les contributions obligatoires des contributions volontaires ?

Le Gouvernement entend-il défendre le principe selon lequel le retrait des États-Unis doit non pas conduire à une augmentation automatique de la contribution française, mais, au contraire, inciter les organisations concernées à rechercher des économies structurelles et une plus grande efficacité de leurs actions ?

M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.

Mme Eléonore Caroit, ministre déléguée auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger. Je vous remercie, madame la sénatrice, d'avoir relayé cette question fondamentale du sénateur Vincent Delahaye sur l'impact du désengagement de l'administration du président Donald Trump d'un certain nombre d'organisations internationales et, en particulier, des agences onusiennes.

Vous l'avez rappelé, les États-Unis ont annoncé leur retrait de soixante-six agences.

Cette décision a des conséquences sur toutes nos politiques multilatérales et, au premier chef, sur les nombreux agents déployés sur le terrain qui, dans de nombreux endroits de la planète, apportent aux populations les plus vulnérables un soutien parfois vital - parfois le seul qu'elles reçoivent. Nous voyons donc bien l'importance de maintenir ces organisations actives et de continuer à les soutenir.

La France est résolument engagée en faveur du multilatéralisme et continue, avec ses contributions obligatoires et volontaires, à participer à ces différentes actions. Elle engage des politiques d'investissement en matière de développement, de manière bilatérale ou dans le cadre de l'Union européenne.

Que faire face à ce retrait massif de soixante-six organisations ? Qui va payer ? Non, nous ne nous substituerons pas aux États-Unis, mais il faudra trouver des priorités et renforcer l'efficacité de l'action de ces organisations.

Il est important de signaler qu'une restructuration du système onusien est en cours avec la réforme « ONU80 », que la France soutient largement et globalement. Plus précisément, nous soutenons tous les efforts faits dans chacune de ces agences pour améliorer les réponses qu'elles apportent aux commandes passées par les États membres et pour s'assurer qu'elles continuent d'intervenir auprès des populations les plus vulnérables.

En conclusion, la question est éminemment importante, et oui, la France continuera d'agir, et elle continuera de le faire en recherchant toujours plus d'efficacité.

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