Question de M. BUVAL Frédéric (Martinique - RDPI-A) publiée le 22/01/2026
M. Frédéric Buval souhaite attirer l'attention de M. le ministre des transports sur l'une des pires catastrophes aériennes de l'histoire de notre pays : le crash du vol 708 de la West Caribbean Airways.
Le 16 août 2005 a vu un avion McDonnell Douglas MD-82 s'écraser, au Venezuela, fauchant la vie de 160 personnes, dont 152 de nos compatriotes martiniquais.
Depuis près de vingt ans, la Martinique vit toujours avec cette cicatrice indélébile. Des familles entières ont été décimées, provoquant une onde de choc qui meurtri encore chaque commune de l'île. Car pour ces familles, le temps n'efface pas le chagrin.
D'autant que le besoin impérieux de réponses et de vérité reste vif. L'association des victimes de la catastrophe aérienne (AVCA) mène, un combat acharné pour obtenir une « vérité qui apaise », pour enfin comprendre pourquoi cet avion, pourtant contrôlé par la direction générale de l'aviation civile (DGAC) , n'aurait jamais dû décoller.
Les familles ont besoin de savoir comment une succession de défaillances - incluant une surcharge de l'appareil, un givrage des moteurs et des erreurs de pilotage dans un cockpit sous tension - a pu conduire à une telle hécatombe, sachant que la boîte noire endommagée n'a toujours pas été exploitée.
Après deux décennies de procédures, le constat reste amer , puisque aucun procès n'a eu lieu, en vingt ans !.
Malgré les rapports pointant la gestion désastreuse de la compagnie colombienne, criblée de dettes et aux pratiques de maintenance douteuses, la justice française a prononcé des non-lieux successifs. La responsabilité de l'État a également été écartée par les tribunaux administratifs, laissant les familles dans un sentiment d'injustice totale. Aujourd'hui, leur ultime espoir repose sur un recours devant la Cour européenne des droits de l'homme.
Par ailleurs, sur le plan de l'indemnisation, la situation est d'une complexité rare. Car si la Convention de Montréal prévoit une responsabilité de plein droit du transporteur, la faillite de la West Caribbean peu après le drame a rendu les recouvrements extrêmement difficiles.
Et en l'absence de responsable solvable, le recours sous conditions à la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (CIVI) ne remplace pas une véritable reconnaissance des fautes commises.
Il souhaite donc savoir comment le Gouvernement compte vingt ans après le drame, accompagner dignement ces familles françaises dans leur quête de vérité et de justice, et il souhaite également savoir comment garantir qu'aucune « compagnie poubelle » ne puisse plus jamais mettre en péril la vie de nos concitoyens.
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En attente de réponse du Ministère des transports.
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