Question de M. FERNIQUE Jacques (Bas-Rhin - GEST) publiée le 29/01/2026
M. Jacques Fernique appelle l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur le plan de sauvegarde de l'emploi prévu par General Electric Medical Systems, filiale française de GE HealthCare, prévoyant la suppression de 59 postes en France, dont 32 à Strasbourg et 27 à Buc, dans les Yvelines.
Ces suppressions touchent des ingénieurs, chercheurs et spécialistes du médical hautement qualifiés, qui développent, maintiennent et font évoluer des logiciels de santé stratégique, notamment le logiciel DoseWatch, utilisé pour le suivi des doses de rayons X reçues par les patients lors d'examens d'imagerie médicale.
Créé à Strasbourg en 2010, racheté par General Electric en 2011, ce logiciel est aujourd'hui déployé dans plus de 1 600 établissements de santé dans le monde, dont plus de 1 100 en Europe et 273 en France, et occupe la deuxième place mondiale sur son marché.
Le site de Strasbourg assure historiquement l'intégralité de la recherche, du développement et de la maintenance de ce logiciel. Le projet de réorganisation prévoit pourtant la suppression complète de ces activités en France, avec une délocalisation de la maintenance à Bangalore, en Inde, et l'arrêt de la recherche et développement locale. Cette décision entraînerait une perte irréversible de compétences rares, à l'interface du médical, de la radiologie et du numérique, contribuant directement à la souveraineté sanitaire et technologique de notre pays.
Ce plan social interroge d'autant plus que l'entité française a réalisé plus de 61 millions d'euros de bénéfices en 2024 et que GE HealthCare a annoncé, au niveau mondial, un bénéfice de 2,7 milliards de dollars la même année, son meilleur résultat depuis 2021. Ces éléments jettent un doute sérieux sur la réalité du motif économique invoqué.
Par ailleurs, la stratégie annoncée de migration vers une solution cloud reposant sur des infrastructures américaines suscite de fortes inquiétudes chez les utilisateurs européens quant à la sécurité et à la souveraineté des données de santé, dans un contexte géopolitique tendu et au regard des exigences du règlement général sur la protection des données (RGPD). Ces craintes risquent de fragiliser durablement l'adoption de ce logiciel en Europe et de conduire à l'abandon d'un savoir-faire développé en France depuis plus de quinze ans.
Dans ce contexte, il souhaite savoir quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour examiner la validité du motif économique de ce plan de licenciement au regard des résultats financiers récents de l'entreprise, préserver les emplois et les compétences hautement stratégiques menacés à Strasbourg et à Buc et, plus largement, réévaluer les engagements de General Electric dans les secteurs industriels stratégiques en France, afin de garantir la souveraineté sanitaire, technologique et industrielle de notre pays.
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En attente de réponse du Ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
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