Question de M. JOLY Patrice (Nièvre - SER) publiée le 29/01/2026

M. Patrice Joly attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la suppression annoncée du baccalauréat professionnel technicien constructeur bois (TCB) à Varzy dans la Nièvre à compter de la prochaine rentrée scolaire 2026-2027.

Selon plusieurs sources académiques, cette formation ne serait en effet plus proposée dès la rentrée prochaine, sans qu'aucune communication officielle n'ait été portée à la connaissance des personnels, des élèves, des familles ou des élus locaux. Cette annonce suscite une vive incompréhension et de fortes inquiétudes, tant cette filière s'inscrit dans l'histoire et l'identité du territoire.

En effet, la cité scolaire de Varzy constitue un pôle historique de formation aux métiers du bois depuis l'après-guerre. Cela s'explique notamment par le fait que le département de la Nièvre et notamment le nord ouest du département est reconnu pour ses vastes forêts et la qualité de ses chênes.

Initialement tournée vers la menuiserie, elle a engagé une évolution importante en 2010 avec l'ouverture du baccalauréat professionnel technicien constructeur bois, recentré sur la charpente. Depuis lors, de nombreuses réalisations concrètes menées par les élèves, souvent en lien avec des projets locaux, témoignent de la qualité et de la pertinence de cet enseignement.

Par ailleurs, à la rentrée 2024, l'offre de formation de l'établissement a été élargie par l'ouverture d'un certificat d'aptitude professionnelle (CAP), sans que cette évolution ne s'accompagne d'une augmentation des moyens humains ou matériels. La suppression annoncée du baccalauréat professionnel au profit du seul CAP laisse ainsi apparaître une réorganisation de l'offre de formation qui semble avoir été anticipée par les services académiques, sans qu'en soient explicitement exposées les orientations ni les objectifs poursuivis.

Cette situation interroge plus largement sur la place accordée à l'enseignement professionnel dans les territoires ruraux, en particulier dans des zones reconnues comme fragiles, où la mobilité des jeunes est limitée et où la diversité des parcours constitue un enjeu essentiel d'égalité des chances. Ainsi, la suppression du baccalauréat professionnel entraînerait en outre une diminution des volumes horaires de formation, fragilisant davantage un établissement pourtant fortement engagé dans sa mission éducative et d'aménagement du territoire.

C'est pourquoi, il lui demande de bien vouloir préciser les motivations ayant conduit à cette décision, d'indiquer si une concertation avec les acteurs locaux est envisagée, et de dire quelles garanties le Gouvernement entend apporter quant au maintien d'une offre de formation diversifiée, ambitieuse et adaptée aux besoins des territoires ruraux, notamment dans le département de la Nièvre.

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En attente de réponse du Ministère de l'éducation nationale.

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