Question de M. MELLOULI Akli (Val-de-Marne - GEST) publiée le 05/02/2026
M. Akli Mellouli attire l'attention de M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace sur la situation extrêmement préoccupante de la santé mentale dans l'enseignement supérieur, mise en lumière par plusieurs drames récents survenus dans son département du Val-de-Marne, au sein de l'École nationale vétérinaire d'Alfort.
Depuis la rentrée universitaire, deux étudiantes et une enseignante de cet établissement se sont donné la mort. Ces événements tragiques ont profondément marqué la communauté universitaire et révèlent une souffrance psychologique aiguë touchant tant les étudiants que les personnels de l'enseignement supérieur, dans un contexte de pression académique et professionnelle particulièrement élevée.
Une étude nationale conduite au printemps 2024 par le professeur Didier Truchot auprès de 1 612 étudiants vétérinaires fait état d'une dégradation massive de la santé mentale dans cette filière : près de 43 % des répondants présentent des symptômes dépressifs, dont 20 % relèvent de formes modérément sévères à sévères. Ces données objectivent une détresse durable et structurelle, et non des situations isolées.
Ces drames s'inscrivent plus largement dans une crise de la santé mentale étudiante désormais largement documentée. Les organisations représentatives étudiantes alertent depuis plusieurs années sur l'ampleur du phénomène : une majorité d'étudiants déclarent un niveau élevé de stress, d'anxiété ou d'épuisement psychologique, et une part significative rapporte des idées suicidaires ou envisage l'interruption de ses études pour des raisons de santé mentale. Cette situation est aggravée par la précarité étudiante, la saturation des services de santé universitaires et les délais d'accès aux soins.
Si des dispositifs nationaux tels que Santé Psy Étudiant ont été mis en place, force est de constater que ces réponses demeurent insuffisantes au regard de l'ampleur de la crise, en particulier dans les filières les plus exigeantes et dans les établissements confrontés à des situations de tension aiguë. La reconnaissance de la santé mentale comme grande cause nationale en 2025 souligne d'ailleurs l'urgence d'un changement d'échelle des politiques publiques en la matière.
Dans ce contexte, il lui demande comment le Gouvernement entend renforcer durablement les moyens humains et financiers consacrés à la santé mentale dans l'enseignement supérieur, en particulier au sein des services de santé universitaire et des dispositifs de prévention, et quels indicateurs de suivi et d'évaluation le ministère prévoit de rendre publics afin de mesurer l'efficacité des politiques mises en oeuvre et d'en assurer un pilotage effectif et transparent sur l'ensemble du territoire.
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Transmise au Ministère de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire
Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire publiée le 16/07/2026
La santé mentale des étudiants est une priorité pour le ministère chargé de l'agriculture. D'abord, les écoles vétérinaires ont, en lien étroit avec le ministère, renforcé leur plan d'actions pour la santé mentale des étudiants : moyens supplémentaires pour les cellules d'écoute, formation des enseignants à la détection des signes de détresse, groupes de parole, consultations d'un psychologue accessibles sur place, au service de santé universitaire, ou à distance, etc. Les quatre écoles se font également accompagner par un programme national de prévention du suicide. Parallèlement, le ministère s'est progressivement engagé ces dernières années afin d'améliorer les conditions de formation des étudiants vétérinaires. Il a notamment mis en place un concours post-bac, afin de limiter les effets de souffrance parfois associés aux classes préparatoires. Il a également rééquilibré la cinquième année d'études entre les deux semestres, dans le but de réduire la pression et le stress pesant sur les étudiants. Souhaitant aller plus loin dans cette démarche, le ministère a décidé d'accélérer la mise en oeuvre de la réforme des études vétérinaires. Ainsi, la réforme de la première année entrera en vigueur à la rentrée 2026. Elle permettra une diminution de 15 % des exigences pédagogiques, les volumes horaires ainsi dégagés étant consacrés au tutorat et à l'accompagnement des étudiants. Par ailleurs, la réforme des études de la deuxième à la sixième année sera déployée à compter de la rentrée 2027. Elle rappelle que l'objectif est la formation d'un vétérinaire généraliste et non d'un pré-spécialiste, et prévoit un meilleur équilibre dans la pondération des notes entre les différents modules, afin de contribuer à une réduction du stress étudiant. Enfin, la convention d'objectif et de performance 2027-2032 entre le ministère et les écoles vétérinaires comportera un volet entier dédié à la santé mentale des étudiants. Ces initiatives s'inscrivent dans une démarche de long terme, initiée il y a plusieurs années, pour une prévention active et une amélioration continue des conditions de vie et d'études. Le ministère chargé de l'agriculture assure un suivi rigoureux de leur mise en oeuvre, en collaboration permanente avec les directions des écoles.
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