Question de Mme MICOULEAU Brigitte (Haute-Garonne - Les Républicains) publiée le 05/02/2026
Mme Brigitte Micouleau attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale au sujet de la réduction prévue du nombre d'enseignants concernant l'académie de Toulouse, dont 110 pour la rentrée scolaire 2026.
Bien que ces chiffres semblent pouvoir être amenés à évoluer en fonction des résultats des concours, une baisse de dotations pour Toulouse (bientôt troisième ville de France) accentuerait les conséquences néfastes pour les écoles publiques toulousaines, déjà mises à mal depuis plusieurs années par le manque cruel d'enseignants.
En effet, Toulouse souffre d'un déficit structurel d'enseignants remplaçants qui impacte la qualité des apprentissages, le bien-être des élèves et inquiète légitimement les familles.
Selon les chiffres de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) publiés en janvier 2026, Toulouse compte deux fois plus de naissances que de décès en 2025. Par ailleurs, dans une ville qui gagne près de 6 000 habitants par an, avec des quartiers en fort développement, la mairie construit de nombreuses écoles neuves nécessitant impérativement des enseignants en amont de la rentrée.
La réduction du nombre d'enseignants génère une moyenne d'élèves par classe encore trop importante et, malgré le travail local de grande qualité, on ne peut que regretter que la baisse des effectifs, réelle dans certaines écoles, génère systématiquement des fermetures de classes au lieu d'améliorer les conditions d'apprentissage, faute de moyens humains dédiés par le ministère de l'éducation nationale.
Seul le maintien de ces moyens permettrait de baisser les effectifs d'élèves partout et pas seulement en éducation prioritaire et dans certaines écoles ciblées, et d'assurer un meilleur remplacement.
Aussi, elle lui demande quelles sont les mesures qu'envisage de prendre le Gouvernement afin de prendre en compte la situation particulière de Toulouse dans le cadre des dotations des moyens pour cette ville.
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Réponse du Ministère de l'éducation nationale publiée le 02/07/2026
La loi de finances initiale 2026 a prévu, pour le premier degré public, une création nette de 1 615 équivalents temps plein (ETP) à la rentrée 2026, permettant de tenir compte à la fois des besoins en emplois liés à la réforme de la formation initiale des enseignants, et du constat de la baisse démographique sur l'ensemble du territoire. Sur le plan national, la rentrée 2026 sera marquée par une baisse significative des effectifs dans le premier degré public, avec 107 601 élèves de moins. Cette tendance, observée depuis plusieurs années, se traduit par une amélioration continue des taux d'encadrement : le nombre moyen d'élèves par classe passera ainsi de 23,2 en 2017 à 21,1 en 2026. La répartition des moyens dans le premier degré s'appuie sur des critères territoriaux et sociaux propres à chaque académie, département, circonscription et école. Afin de mieux répondre aux attentes des élus locaux, le dialogue et la coordination ont été renforcés dès 2024, en amont des conseils départementaux de l'éducation nationale. Cette démarche s'inscrit dans le cadre de l'observatoire des dynamiques rurales et territoriales, instance d'échange destinée à offrir aux élus une meilleure visibilité sur les évolutions démographiques et à en partager les implications dans une logique pluriannuelle. Dans l'académie de Toulouse, la rentrée 2025 a confirmé la tendance observée ces dernières années, avec une baisse de 4 583 élèves dans le premier degré public, soit - 1,5 %. Depuis 2017, l'académie a perdu au total 20 023 élèves. Dans ce contexte de décroissance continue, les taux d'encadrement ont néanmoins évolué favorablement : le nombre moyen d'élèves par classe est passé de 23,05 en 2017 à 21,5 en 2025. Pour la rentrée 2026, la baisse prévisionnelle s'élève à 5 516 élèves (- 2,4 %), accompagnée d'une réduction de la dotation académique de 94 ETP. Malgré cette contraction, les taux d'encadrement continueront de progresser, avec 6,09 professeurs pour 100 élèves contre 5,98 en 2025 et 5,39 en 2017. La métropole toulousaine n'est pas épargnée par ce recul, en dépit du dynamisme de sa construction immobilière. La création de nouveaux logements et l'évolution des naissances ne se traduisent pas par une augmentation globale du nombre d'élèves à scolariser. Comme l'ensemble du département de la Haute-Garonne, la ville de Toulouse connaît une décroissance scolaire continue depuis cinq ans. Le département scolarisait ainsi, à la rentrée 2025, 3 490 élèves de moins qu'en 2017, et les projections pour 2026 confirment cette tendance avec une nouvelle baisse estimée à 2 600 élèves. La dotation allouée, fondée sur des critères objectivés et partagés, prévoit une réduction de 17 postes. Cette répartition permet toutefois de financer plusieurs priorités : la création de postes de coordonnateurs de pôle d'appui à la scolarité, le maintien du plafonnement des effectifs à 24 élèves en grande section de maternelle, en CP et en CE1, le dédoublement de ces classes en éducation prioritaire - comme sur l'ensemble du territoire national -, ainsi qu'un renforcement significatif de la brigade de remplacement.
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