Question de M. MANDELLI Didier (Vendée - Les Républicains) publiée le 05/02/2026

M. Didier Mandelli attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur les conditions d'exercice des fonctions de directeur et directrice d'école primaire.

Dans le cadre de la "journée de la mule", organisée le 13 janvier par le Syndicat des directrices et directeurs d'écoles (S2DE), de nombreux témoignages ont mis en lumière la charge de travail croissante des personnels de direction d'école, qui doivent simultanément assurer l'enseignement auprès des élèves et la gestion quotidienne de leur établissement.

Leur journée de travail dépasse fréquemment les 10 heures, et est ponctuée par des interruptions constantes pendant les heures d'enseignement, la gestion des urgences matérielles et administratives (réparations, communication avec les collectivités, coordination avec les services sociaux, suivi des élèves à besoins particuliers), la préparation pédagogique, ou encore les relations avec les familles, et réunions en dehors du temps de classe.

Ces responsabilités cumulées entraînent une fatigue professionnelle importante et un sentiment d'isolement, d'autant que les directeurs n'ont ni secrétariat, ni personnel de gestion, ni véritable statut hiérarchique reconnu. Si certaines écoles bénéficient du soutien d'un jeune en service civique, d'autres en sont dépourvues.

Alors même que leur rôle est essentiel au bon fonctionnement du service public d'éducation, leur temps de décharge reste insuffisant et inégal selon la taille des écoles.

En conséquence, il souhaite connaître les mesures envisagées par le Gouvernement pour améliorer les conditions d'exercice et de reconnaissance des fonctions de direction d'école primaire.

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Réponse du Ministère de l'éducation nationale publiée le 02/04/2026

Le Gouvernement est pleinement conscient de l'importance et de l'étendue des missions confiées aux directeurs d'école, essentiels au bon fonctionnement du service public de l'éducation. Leurs responsabilités sont multiples : pilotage pédagogique, fonctionnement de l'école, relations avec les représentants légaux des élèves et les partenaires de l'école. La loi n° 2021-1716 du 21 décembre 2021 créant la fonction de directrice ou de directeur d'école est venue préciser et renforcer leur rôle. Elle reconnaît la spécificité de la fonction et prévoit un meilleur accompagnement dans leurs missions. Elle a nécessité plusieurs décrets d'application qui ont été publiés et notamment le décret n° 2023-777 du 14 août 2023 relatif aux directeurs d'école qui définit leurs missions, fixe les conditions d'inscription sur la liste d'aptitude et les conditions de nomination et d'exercice des fonctions des directeurs d'école. Ce décret met également en place un mécanisme d'avancement accéléré en faveur des professeurs des écoles et des instituteurs exerçant la fonction de directeur d'école. Le régime de décharges d'enseignement des directeurs des écoles fait l'objet d'une attention particulière du Gouvernement pour sa pleine adaptation aux missions de ces professionnels. À la rentrée scolaire 2021, les ressources humaines et budgétaires supplémentaires ont permis : d'attribuer 2 jours de décharges supplémentaires par an aux directeurs d'école de 1 à 3 classes ; de faire passer les directeurs des écoles élémentaires de 9 classes d'une décharge d'un tiers de leur enseignement à une décharge de 50% ; de faire passer les directeurs des écoles élémentaires ou des écoles comprenant à la fois des classes maternelles et élémentaires de 13 classes d'une décharge de 50% à une décharge de 75%. À compter de la rentrée scolaire 2022, les évolutions suivantes sont intervenues : le passage d'un quart à un tiers de décharge pour les directeurs d'écoles maternelle, élémentaire ou primaire de 6 et 7 classes ; le passage d'une demi-décharge à une décharge complète pour les directeurs d'écoles maternelle, élémentaire ou primaire de 12 classes ; le passage de trois-quarts de décharge à une décharge complète pour les écoles élémentaires ou primaires de 13 classes (les directeurs d'école maternelle de 13 classes bénéficiaient déjà d'une décharge totale). Les conditions d'exercice du métier ont ainsi été améliorées pour donner plus de temps aux directeurs de petites écoles et rapprocher les conditions d'exercice des directeurs d'écoles maternelles et élémentaires. Par ailleurs, l'ambition du ministère concernant l'école inclusive a conduit à la prise en compte des unités localisées pour l'inclusion scolaire (Ulis) dans la définition de la quotité de décharge : les directeurs d'école comptant au moins trois Ulis bénéficient du régime de décharge d'enseignement de droit commun lorsque leur école compte moins de cinq classes en tout. Lorsqu'elle compte cinq classes ou plus, ils bénéficient d'une décharge totale d'enseignement. En outre, il convient de rappeler que le décret n° 2022-541 du 13 avril 2022 fixant le régime des décharges de service des directeurs d'école, pris en application de la loi du 21 décembre 2021 précitée, prévoit que les décharges des directeurs d'école « peuvent être exceptionnellement majorées, sur décision de l'autorité académique, en fonction de l'environnement et des conditions d'exercice spécifiques au sein de certaines écoles ». La réglementation en vigueur laisse donc toute latitude aux directions des services départementaux de l'éducation nationale pour apprécier l'opportunité de majorer les décharges en fonction des spécificités des écoles. Depuis le printemps 2025, des travaux associant l'ensemble des organisations syndicales représentatives des personnels sont menés avec pour objectif de faire évoluer le référentiel métier des directeurs d'école afin de prendre en compte les enjeux actuels de leurs fonctions.

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