Question de M. GAY Fabien (Seine-Saint-Denis - CRCE-K) publiée le 05/02/2026
M. Fabien Gay appelle l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur l'autorisation donnée par le ministre concernant la vente de LMB Aerospace.
LMB Aerospace est un équipementier situé en Corrèze, spécialisé dans la fabrication de moteurs et de ventilateurs électriques à destination notamment des Rafales, des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, du char Leclerc ou du porte-avions Charles de Gaulle.
Ce mercredi 28 janvier 2026, le média La Lettre indiquait que le rachat de l'entreprise venait d'être validée par le ministre de l'économie Roland Lescure, dans des conditions qui se plaçaient à rebours de l'avis de la direction générale de l'armement (DGA), qui recommandait de conditionner cette opération « à l'entrée de Bpifrance à son capital comme actionnaire minoritaire », avec un siège au conseil d'administration.
Le nouveau propriétaire de l'entreprise est Loar Group, un groupe américain, qui détient désormais propriétaire de « 100 % des actions et des droits de vote » de l'entreprise française.
Le ministère de l'économie et des finances a toutefois annoncé que l'État fera l'acquisition d'une « action de préférence » via l'Agence des Participations de l'État au sein de LMB, « lui donnant un important pouvoir de contrôle sur les actifs de LMB », et il qu'il occuperait des places dans tout organe de délibération de la société qui pourra être mis en place.
Enfin, le ministère a rappelé qu'en cas de manquement, le régime de contrôle des investissements étrangers en France prévoit des sanctions, issues de la loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises, dite loi Pacte.
Cependant, rien dans la communication de Loar Group ne laisse entendre qu'une action de préférence conférée à l'État français, ouvrant donc des questionnements sur la manière dont elle a été négociée.
« Cette opération n'a pu être autorisée qu'assortie de conditions extrêmement strictes et permanentes pour protéger les intérêts nationaux, et garantir notamment la pérennité des activités de LMB en France », fait valoir le ministère des finances.
Parmi celles-ci, des exigences strictes de maintien en France et de modernisation des capacités industrielles, « indispensables à la poursuite des activités stratégiques de LMB ».
Bien sûr, il n'existe aucune garantie en termes d'emploi, ou de conservation des brevets sur le sol français.
Cette cession intervient dans un contexte géopolitique et géoéconomique assez incertain, spécifiquement eu égard au comportement de Donald Trump.
Cela interroge alors que plusieurs pays européens ayant fait le choix de se tourner vers des équipements militaires américains se retrouvent à la merci du moindre caprice des États-Unis : l'Allemagne, la Belgique ou le Danemark, qui ont opté pour un chasseur ultramoderne de type F-35 de Northrop Grumman, pourraient se retrouver un jour ou l'autre avec leurs avions cloués au sol en cas de crise diplomatique.
Alors que l'Union européenne a annoncé au printemps dernier un plan de réarmement de sa défense de 800 milliards d'euros, notamment en lien avec l'imprévisibilité de l'ex allié États-unien, quel est le sens politique de se séparer d'une entreprise militaire tout à fait rentable au profit d'investisseur étranger ?
Il indique donc son opposition à ce projet, et demande au ministre de revenir sur l'autorisation de vente.
Si l'opération devait se finaliser, il demande au ministre les raisons ayant présidées à autoriser cette vente en outrepassant les conditions posées par la DGA, les délais dans lesquels vont être mis en place les mécanismes précitées tendant à ce que l'État français conserve un pouvoir de direction sur les orientations industrielles et stratégiques de LMB, et quelles sont les engagements liées aux emplois et aux brevets qui ont été posés en contrepartie de l'autorisation donnée à cette opération.
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En attente de réponse du Ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
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