Question de Mme HAVET Nadège (Finistère - RDPI) publiée le 12/02/2026

Mme Nadège Havet interroge Mme la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative sur les difficultés pratiques rencontrées par les enfants en situation de handicap dans l'apprentissage de la nage ou de l'aisance aquatique

Le Gouvernement mène une politique volontariste pour l'apprentissage de la nage des enfants de moins de 15 ans, avec une sensibilisation au milieu aquatique dès 4 ans, puis le programme « savoir nager ». Des actions hors les murs, comme les piscines mobiles, sont également déployées pour les territoires les moins équipés. Pourtant, une enquête du syndicat national de l'éducation physique - fédération syndicale unitaire (Snep-FSU) publiée en juin 2025 révèle que près de 13 % des collégiens n'ont pas accès à une piscine. L'éloignement des infrastructures, leur entretien et leur vétusté entravent souvent la mise en oeuvre de cette politique.

Pour les enfants en situation de handicap physique, mental ou psychique, l'accès au milieu aquatique est encore plus complexe. Ce milieu, non familier, modifie les repères et les sensations, loin du quotidien rassurant et nécessaire.

Le manque d'accessibilité des infrastructures - qu'il s'agisse des équipements, des créneaux horaires proposés aux associations (comme handisport ou sport adapté), la disponibilité des encadrants ou les formations associées - constitue un frein permanent. Ne pas soutenir activement la sensibilisation au milieu aquatique pour ces enfants aggrave leur isolement et leur invisibilisation. C'est aussi priver des familles d'accéder ensemble à ces sports, loisirs et activités en extérieur ou aux jeunes de pratiquer en milieu scolaire ou péri-scolaire.

Elle lui demande que cette politique, qui vise à prévenir les noyades encore trop nombreuses chaque année en faisant de la nage un apprentissage essentiel, soit accessible à tous. Elle souhaite savoir quels moyens l'État compte mettre en oeuvre pour garantir l'accessibilité aux apprentissages en piscine pour les enfants en situation de handicap.

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Réponse du Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative publiée le 24/09/2026

Le ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative est pleinement engagé afin que les enfants en situation de handicap puissent accéder aux apprentissages de l'aisance aquatique et du savoir-nager. La prévention des noyades suppose en effet que ces apprentissages puissent être proposés à ces enfants dans des conditions adaptées à leurs besoins et à leurs capacités. L'accessibilité des équipements aquatiques constitue une première condition de cette inclusion. Les piscines, en tant qu'établissements recevant du public, sont soumises aux obligations générales d'accessibilité issues notamment de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005. Le ministère agit, avec l'Agence nationale du sport et les collectivités territoriales, en faveur de l'amélioration de l'accessibilité des équipements sportifs. La Stratégie nationale « Sport et handicap 2030 » prévoit notamment de renforcer l'accessibilité des lieux de pratique et de mieux caractériser celle des équipements sportifs, notamment des piscines. Dans les territoires insuffisamment dotés, les bassins mobiles peuvent également contribuer à rapprocher les lieux d'apprentissage des publics qui en sont éloignés. L'inclusion repose également sur l'adaptation des apprentissages. Dans le cadre de l'école inclusive, les séances de natation peuvent être aménagées en fonction des besoins de l'élève : rythme des apprentissages, consignes, supports pédagogiques, matériels ou modalités d'enseignement. Selon les situations, un encadrement par un accompagnant d'élève en situation de handicap (AESH) ou d'autres professionnels peut faciliter la participation de l'enfant. La formation et la sensibilisation des enseignants et des éducateurs sportifs constituent également un levier essentiel. Les dispositifs « Aisance aquatique » et « J'apprends à nager » ont vocation à bénéficier à tous les enfants, y compris ceux en situation de handicap lorsque des adaptations sont nécessaires. Le ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative travaille avec le ministère de l'éducation nationale à une meilleure prise en compte de leurs besoins dans l'acquisition du savoir-nager. Cette ambition figure également dans la feuille de route triennale de la Conférence nationale du handicap (CNH) présentée le 4 septembre 2026, qui prévoit de renforcer l'accessibilité et l'adaptation des dispositifs d'aisance aquatique et de savoir-nager. Une attention particulière est portée aux enfants en situation de handicap présentant des troubles du neurodéveloppement (TND), notamment un trouble du spectre de l'autisme (TSA). Leurs particularités sensorielles ou leurs difficultés de communication peuvent nécessiter des adaptations spécifiques. Dans ce contexte, le ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative et le ministère chargé de l'autonomie et des personnes handicapées ont confié à la délégation interministérielle pour les troubles du neurodéveloppement la mise en place d'un groupe de travail (GT) consacré à l'aisance aquatique des enfants présentant des TND. Ce groupe associe les services de l'État, les collectivités territoriales, les associations et les structures d'accueil afin d'identifier des réponses concrètes pour favoriser l'apprentissage de l'aisance aquatique et renforcer la prévention des risques aux abords des points d'eau pour les personnes concernées. Issue des travaux de ce GT, une note d'information interministérielle relative à la prévention des accidents aquatiques des personnes présentant un TSA a été publiée le 10 juillet 2026. Elle invite notamment à prendre en compte l'expérience de la personne avec l'eau, ses particularités sensorielles et son mode de communication. La fiche « Autisme et milieu aquatique » et le recours à la communication alternative et améliorée peuvent notamment faciliter l'adaptation de l'accueil et la compréhension des consignes de sécurité. Une présence attentive et une surveillance adaptée doivent également être assurées lorsque la situation le justifie. L'action du ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative repose ainsi sur une approche globale associant l'accessibilité des équipements, l'adaptation pédagogique, l'accompagnement et la formation des professionnels, ainsi que la prise en compte des besoins spécifiques des enfants en situation de handicap. Ces différents leviers doivent permettre de renforcer leur accès à l'aisance aquatique et au savoir-nager et de faire de ces apprentissages un outil de prévention des noyades accessible à tous.

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