Question de M. COURTIAL Édouard (Oise - UC) publiée le 19/02/2026
M. Édouard Courtial attire l'attention de M. le ministre des transports sur la vulnérabilité croissante du réseau ferroviaire aux aléas climatiques, à la suite des perturbations majeures survenues dans l'Oise lors du passage de la tempête Goretti début janvier 2026, qui ont conduit à une interruption totale de la circulation des trains sur une large plage horaire.
Ces événements s'inscrivent dans un contexte de multiplication et d'intensification des phénomènes météorologiques extrêmes liés au réchauffement climatique. En France, les projections climatiques font état d'un réchauffement pouvant atteindre près de 4 degrés à l'horizon 2100, avec une augmentation attendue de la fréquence des tempêtes, des épisodes de vents violents, des inondations et des vagues de chaleur, affectant directement les infrastructures de transport. SNCF Réseau a d'ailleurs identifié le changement climatique comme un facteur de risque majeur pour la sécurité, la disponibilité et la durabilité du réseau ferroviaire.
Dans les territoires ruraux et périurbains, comme l'Oise, où une part importante des déplacements domicile travail repose sur le train, ces interruptions interrogent la capacité du système ferroviaire à assurer la continuité du service public, l'anticipation des risques et l'information des usagers, alors même que le cadre national, notamment à travers le plan national d'adaptation au changement climatique, reconnaît la nécessité d'adapter les infrastructures critiques.
Il lui demande quelles mesures concrètes le Gouvernement entend mettre en oeuvre pour renforcer durablement la résilience du réseau ferroviaire et garantir, face aux aléas climatiques, la continuité du service public de transport.
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Réponse du Ministère des transports publiée le 16/04/2026
L'État a mis en place et continue de développer des outils de travail pour améliorer la prise en compte du changement climatique dans la gestion des infrastructures de transport, notamment ferroviaires. Ainsi, l'État a élaboré le troisième plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC3), publié en mars 2025. La mesure 30 du PNACC3 vise à « assurer la résilience des transports et des mobilités ». Elle se décline notamment en l'établissement de plans d'adaptation des infrastructures mis en place par les gestionnaires d'infrastructures, SNCF Réseau et SNCF Gares & Connexions. Afin de donner un cadre technique de référence pour les actions d'adaptation, le ministère de la transition écologique a travaillé sur une trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique (TRACC), reprise dans le PNACC 3. Celle-ci correspond à une hausse des températures moyenne en France de +2 °C en 2030, +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100 par rapport à l'ère préindustrielle (soit l'équivalent d'un réchauffement mondial de +1,5 °C en 2030, +2 °C en 2050 et +3 °C en 2100, la France se réchauffant plus vite que d'autres territoires dans le monde). Cette trajectoire correspond à un scénario tendanciel, sans mesures additionnelles. Elle se fonde sur le dernier rapport du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, qui indique que le réchauffement global atteindra 1,5 °C dès le début des années 2030 et que, si les engagements des États exprimés dans le cadre des Accords de Paris devraient conduire à un réchauffement mondial moyen de 2,8 °C en 2100, les politiques mondiales effectivement mises en oeuvre aujourd'hui mènent plutôt à un réchauffement mondial moyen de 3,2 °C en 2100. A compter de 2024, la TRACC est considérée dans les hypothèses des études de vulnérabilité réalisées par SNCF Réseau et SNCF Gares & Connexions. En parallèle des travaux menés par l'État, les deux gestionnaires d'infrastructures ont d'ores et déjà réalisés de premières études de vulnérabilité. Pour SNCF Réseau, ces études ont des périmètres variables, allant de l'échelle d'un axe à l'ensemble du réseau ferré national. De nouvelles études de vulnérabilités sont en cours et d'autres encore planifiées à l'avenir, en fonction des thématiques spécifiques (grande vitesse, milieu montagneux, etc.). SNCF Gares & Connexions a pour sa part réalisé une étude de vulnérabilité macroscopique sur l'ensemble de son patrimoine immobilier et de ses activités. Ces premières études ont permis d'identifier des zones et des infrastructures particulièrement vulnérables aux aléas climatiques. S'agissant des actions d'adaptation, SNCF Réseau s'est dotée en février 2024, d'une feuille de route 2024 - 2026 pour passer d'une logique d'adaptation « réactive » à une logique « proactive » afin de conserver un haut niveau de performance et de minimiser les impacts sur la qualité de service. S'agissant de SNCF Gares & Connexions, l'étude de vulnérabilité macroscopique réalisée fin 2023 propose une lecture des risques avec cinq niveaux de vulnérabilité. A partir de ce constat, des solutions d'adaptation seront étudiées pour les différents types de gares et, le cas échéant, déployées. Le coût de l'adaptation de l'ensemble du patrimoine de SNCF Gares & Connexions est en cours d'estimation. Sur la base des actions inscrites dans la feuille de route 2024 - 2026 établie par SNCF Réseau, l'adaptation du réseau ferroviaire au changement climatique fait l'objet d'une attention particulière dans le cadre de la révision actuelle du contrat de performance. En parallèle, l'État veille au bon avancement des travaux d'adaptation de SNCF Gares & Connexions.
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