Question de Mme VERMEILLET Sylvie (Jura - UC) publiée le 19/02/2026
Mme Sylvie Vermeillet attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur les conditions d'exercice des directrices et directeurs d'école et sur la nécessité d'une amélioration structurelle de leur statut.
Si des avancées sont intervenues ces dernières années - reconnaissance législative de la fonction en 2021, amélioration du régime de décharges d'enseignement, bonification d'ancienneté de trois mois par an, doublement de la part variable de l'indemnité de sujétions spéciales - un écart structurel demeure avec le second degré.
Contrairement aux chefs d'établissement, 75 % des directrices et directeurs d'école continuent d'assurer un service d'enseignement en plus de leurs fonctions de direction. Ils ne disposent d'aucun personnel administratif dédié : pas de secrétaire, pas de gestionnaire, pas de conseiller principal d'éducation, ni d'assistant d'éducation. L'ensemble des tâches administratives, de sécurité, de gestion budgétaire et de coordination leur incombe directement.
Les témoignages convergent : des journées dépassant régulièrement douze heures, un empilement de missions (gestion des absences des personnels, suivi des élèves à besoins éducatifs particuliers, coordination avec les collectivités et partenaires, urgences matérielles et sécuritaires, relations avec les familles), et un sentiment d'épuisement croissant qui menace l'attractivité de la fonction et la stabilité du pilotage des écoles.
Sur le plan financier, si la bonification d'ancienneté de trois mois par an constitue une avancée pour l'avancement de carrière, elle reste sans effet sur le calcul de la pension de retraite. De même, l'indemnité de sujétions spéciales, même revalorisée, ne contribue qu'à la retraite additionnelle de la fonction publique et non à la pension principale. Enfin, la nouvelle bonification indiciaire versée aux directeurs d'école, bien que prise en compte pour la retraite, demeure forfaitaire à 8 points quelle que soit la taille de l'école, alors que celle des chefs d'établissement varie selon l'importance de leurs responsabilités.
Aussi, elle souhaite savoir si le Gouvernement envisage des mesures complémentaires en faveur des directrices et directeurs d'école, notamment : l'attribution d'un appui administratif pérenne dans toutes les écoles, indépendamment de leur taille ; l'extension des décharges d'enseignement pour permettre aux directrices et directeurs de se consacrer pleinement à leurs missions de pilotage ; et une reconnaissance financière plus substantielle de la fonction, par exemple par l'intégration de tout ou partie de l'indemnité de sujétions spéciales dans le traitement indiciaire ou par la modulation de la nouvelle bonification indiciaire en fonction de la taille et de la complexité de l'école.
- page 863
En attente de réponse du Ministère de l'éducation nationale.
Page mise à jour le