Question de Mme BESSIN-GUÉRIN Marie-Pierre (Loire-Atlantique - Les Indépendants) publiée le 19/02/2026
Mme Marie-Pierre Bessin-Guérin appelle l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations sur la situation alarmante des violences faites aux femmes en milieu rural.
Les données récentes confirment que près de la moitié des féminicides et une part importante des violences conjugales surviennent dans les territoires ruraux, alors que ceux-ci ne représentent qu'un tiers de la population. Les femmes victimes y subissent un isolement géographique et social accru, une dépendance économique, un éloignement des services spécialisés et des forces de l'ordre, ainsi qu'une pression communautaire renforcée. Ces facteurs rendent le signalement, le dépôt de plainte et la mise à l'abri particulièrement difficiles.
En Loire-Atlantique, comme dans d'autres départements, les associations comme Femmes Solidaires et le centre d'information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) constatent une hausse des demandes d'aide (+25 % entre 2023 et 2024 pour le CIDFF), tandis que les brigades de gendarmerie, bien que très engagées, manquent souvent de moyens logistiques et financiers pour répondre efficacement à ces situations. La baisse des subventions fragilise par ailleurs les dispositifs d'hébergement et d'accompagnement, laissant de nombreuses femmes sans solution.
Aussi, elle lui demande quelles données précises son ministère dispose aujourd'hui sur l'ampleur des violences conjugales en milieu rural, notamment en termes de nombre de victimes, de féminicides, d'appels au 3919, de plaintes et d'ordonnances de protection, et comment ces données sont territorialement ventilées pour cibler l'action publique.
Elle l'interroge sur les moyens spécifiques, humains et financiers, que le Gouvernement consacre, de façon fléchée, à la prévention et à la lutte contre les violences conjugales dans les territoires ruraux, et quelles mesures sont prévues pour garantir l'accessibilité effective des femmes en milieu rural aux dispositifs d'alerte et d'accompagnement.
Elle souhaite savoir si en lien avec les autres ministères, ses services entendent accompagner la formation initiale et continue des forces de l'ordre, des magistrats, des professionnels de santé et des élus locaux aux spécificités des violences conjugales en milieu rural.
Elle lui demande également quelles actions de sensibilisation et de prévention, co-construites avec les collectivités locales et le tissu associatif, le Gouvernement envisage de déployer spécifiquement en milieu rural, comme des campagnes ciblées, des interventions en milieu scolaire ou des repérages dans les lieux de sociabilité, pour briser la loi du silence et mieux protéger les femmes.
Enfin, elle lui demande quelles modalités l'État prévoit pour garantir un financement plus pérenne aux structures d'accueil et d'écoute, telles que les CIDFF et Femmes Solidaires, et quel est le premier bilan des dispositifs mobiles ou délocalisés, comme les permanences juridiques ou les bus itinérants, mis en place pour améliorer l'accessibilité des victimes aux services d'urgence et d'accompagnement en secteur rural.
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En attente de réponse du Ministère délégué auprès du Premier ministre, chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.
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