Question de M. GENET Fabien (Saône-et-Loire - Les Républicains-R) publiée le 19/02/2026

M. Fabien Genet attire l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur la situation préoccupante du renouvellement des générations en agriculture, qui constitue un enjeu central pour l'économie agricole, l'aménagement des territoires ruraux et la souveraineté alimentaire de la France.
Selon les données publiées par le service de la statistique et de la prospective du ministère de l'agriculture (Agreste), 45 % des chefs d'exploitation agricole avaient 55 ans ou plus en 2023, et près d'un tiers d'entre eux atteindront l'âge de la retraite à l'horizon 2030, alors que le nombre d'installations demeure insuffisant pour compenser les départs. Cette tendance structurelle, documentée au niveau national, se traduit déjà par des déséquilibres durables dans de nombreux territoires.
En Saône-et-Loire, département à forte vocation agricole, la situation est particulièrement révélatrice : plus de 1 450 exploitants ont aujourd'hui plus de 57 ans et le taux de renouvellement des générations n'atteint qu'environ 65 %, ce qui signifie que les installations ne compensent pas les cessations d'activité. Cette dynamique fragilise l'économie locale, accélère la concentration foncière et menace la pérennité de filières agricoles structurantes.
Si la loi n° 2014-1170 du 13 octobre 2014 d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt a fait du renouvellement des générations un objectif prioritaire de la politique agricole, les freins à l'installation demeurent nombreux. Le coût élevé de reprise des exploitations, l'endettement initial, la volatilité des revenus, l'exposition accrue aux aléas climatiques et sanitaires ainsi que le manque de visibilité économique à moyen et long terme constituent autant d'obstacles dissuasifs pour les jeunes porteurs de projets.
La dotation jeunes agriculteurs, prévue aux articles D. 343-3 et suivants du code rural et de la pêche maritime, constitue un levier essentiel d'accompagnement, mais son niveau, ses conditions d'attribution et l'absence de visibilité pluriannuelle ne suffisent pas à sécuriser durablement les parcours d'installation. Or, l'installation agricole suppose des investissements lourds et des choix économiques qui ne peuvent être raisonnablement engagés sans perspectives claires sur une période d'au moins dix ans.
Aussi, il lui demande quelles mesures concrètes le Gouvernement entend mettre en oeuvre pour renforcer l'attractivité économique de l'installation agricole, améliorer la visibilité à moyen et long terme des jeunes exploitants, sécuriser les dispositifs d'aide existants, notamment la dotation jeunes agriculteurs, et garantir que le renouvellement des générations ne demeure pas un objectif de principe mais devienne une réalité effective dans les territoires ruraux.

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En attente de réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire.

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