Question de Mme DREXLER Sabine (Haut-Rhin - Les Républicains-A) publiée le 26/02/2026
Mme Sabine Drexler rappelle à M. le garde des sceaux, ministre de la justice les termes de sa question n° 06581 sous le titre « Sort réservé aux vestiges archéologiques saisis par la justice », qui n'a pas obtenu de réponse à ce jour.
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Réponse du Ministère de la justice publiée le 23/04/2026
Les vestiges archéologiques, qu'ils soient mobiliers ou immobiliers, constituent une catégorie particulière de biens, soumise à un régime juridique spécifique, distinct du droit commun des biens culturels. Lorsqu'ils sont découverts ou détenus illicitement et font l'objet d'une saisie dans le cadre d'une procédure pénale, ils sont placés sous-main de justice conformément aux articles 41-4 et 99 du code de procédure pénale, afin de garantir leur conservation et leur disponibilité pour les besoins de l'enquête ou de l'instruction. Depuis la loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine, les biens archéologiques mobiliers, qu'ils soient découverts fortuitement ou issus d'opérations illicites (détenus par un receleur ou un voleur présumé), relèvent d'un régime de propriété spécifique désormais codifié au livre V du code du patrimoine. Lorsqu'aucun propriétaire légitime ne peut être identifié, ces biens ont vocation à appartenir à l'État et à être intégrés au patrimoine archéologique public. Dès lors que les objets ne sont plus nécessaires à la manifestation de la vérité, le code de procédure pénale prévoit qu'ils ne demeurent pas dans les juridictions. En l'absence d'ayant droit, ils sont remis à l'autorité administrative compétente, en application des articles 41-4, 99 et 99-2 du même code. La prise en charge scientifique, patrimoniale et conservatoire de ces vestiges relève alors du ministère de la culture, et plus particulièrement des directions régionales des affaires culturelles (DRAC), par l'intermédiaire de leurs services régionaux de l'archéologie (SRA). Ces services sont chargés d'assurer la conservation, l'étude et, le cas échéant, le dépôt de ces biens dans des réserves adaptées, notamment celles des musées de France, dans des conditions garantissant leur préservation et leur valorisation patrimoniale. Ainsi, les vestiges archéologiques saisis par la justice ne sont conservés dans les juridictions que pour la durée strictement nécessaire à la procédure. Lorsqu'aucune restitution n'est juridiquement possible, ils rejoignent les collections publiques de l'État, sous l'autorité du ministère de la culture, conformément au régime spécifique instauré par le code du patrimoine. Cette organisation garantit à la fois le bon déroulement de l'action judiciaire et la protection durable du patrimoine archéologique national.
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