Question de Mme CARLOTTI Marie-Arlette (Bouches-du-Rhône - SER) publiée le 05/02/2026
Mme Marie-Arlette Carlotti attire l'attention de M. le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat sur la nécessité de reconnaître le label « Santons de Provence ».
Chaque année, la foire aux santons de Marseille, comme les foires aux santons partout en Provence, attire des milliers de visiteurs et constitue un rendez-vous incontournable pour la mise en valeur du patrimoine culturel et artisanal du département des Bouches-du-Rhône. Elle réunit des santonniers marseillais mais aussi de nombreux provençaux qui perpétuent une tradition séculaire.
Les santonniers, véritables gardiens d'une mémoire toujours vivante, créent à la main des figurines qui racontent l'histoire, la vie et les paysages de Provence.
Ces artisans perpétuent un savoir-faire unique, mais ils doivent aujourd'hui faire face à la concurrence de produits importés, souvent de moindre qualité, fabriqués à la chaîne et dépourvus d'authenticité.
Pour Noël 2025, les santonniers ont déposé une demande simple mais décisive pour leur avenir : voir leurs créations reconnues et protégées par une labellisation sous l'appellation « Santons de Provence ». Cette indication géographique permettrait non seulement de valoriser leur travail, mais aussi de sécuriser le marché, de renforcer la visibilité de nos artisans à l'échelle nationale et internationale, et surtout de garantir aux consommateurs l'authenticité et l'origine de ces pièces artisanales. Cette reconnaissance serait la première en Provence et permettrait le maintien sur notre territoire de ce métier emblématique.
Elle lui demande si le Gouvernement entend soutenir cette initiative de reconnaissance d'indication géographique, qui protégerait un savoir-faire ancestral, encouragerait l'économie locale et contribuerait à la préservation de l'identité culturelle de la Provence. Elle lui demande également si des dispositifs concrets pourraient être envisagés pour accompagner les santonniers dans cette démarche.
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Réponse du Ministère délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie publiée le 08/07/2026
Réponse apportée en séance publique le 07/07/2026
M. le président. La parole est à Mme Marie-Arlette Carlotti, auteure de la question n° 922, adressée à M. le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat.
Mme Marie-Arlette Carlotti. Monsieur le ministre, chaque année, la foire aux santons de Marseille, comme celles qui ont lieu partout en Provence, attire des milliers de visiteurs et constitue un rendez-vous incontournable pour la mise en valeur du patrimoine culturel et artisanal de notre département. Elle réunit les santonniers marseillais, bien sûr, mais aussi ceux d'Aubagne, de Meyreuil et de tous les petits villages de Provence, qui perpétuent ainsi une tradition séculaire.
Les santonniers sont les véritables gardiens d'une mémoire toujours vivante. Au-delà des petits santons de la crèche - qui sont de petites figurines en argile peintes à la main - il en existe une multitude, qui racontent la vie quotidienne des villageois et des villageoises de Provence. Monsieur le ministre, je vous ai apporté l'une de ces figurines : il s'agit du maire. (L'oratrice brandit un santon.) Je vous l'offre, afin que vous puissiez constater la qualité du travail accompli.
Ces artisans, qui perpétuent un savoir-faire unique, doivent aujourd'hui faire face à la concurrence des produits importés, souvent de moindre qualité, fabriqués à la chaîne et dépourvus de toute authenticité. En 2025, ils ont déposé une demande afin que leur création soit reconnue et protégée par une labellisation sous l'appellation « Santon de Provence ».
Cette indication géographique permettrait non seulement de valoriser leur travail, mais aussi de sécuriser le marché, de renforcer la visibilité de nos artisans, à l'échelle tant nationale qu'internationale, et de garantir aux consommateurs l'authenticité et l'origine de ces pièces artisanales.
Monsieur le ministre, ma question est simple : avez-vous commencé à accompagner cette démarche ? Quelles procédures allez-vous entreprendre ?
M. le président. La parole est à M. le ministre délégué chargé de l'industrie.
M. Sébastien Martin, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie. Merci, madame la sénatrice, j'attends avec impatience que vous me remettiez ce santon !
Le Gouvernement est pleinement mobilisé pour préserver et valoriser les savoir-faire industriels et artisanaux qui font la richesse de nos territoires. Les santonniers de Provence en sont un excellent exemple. Leur savoir-faire, transmis de génération en génération, contribue au patrimoine artisanal français et à l'attractivité de la région.
Pour mieux protéger ces savoir-faire, le Gouvernement a mis en place un cadre juridique permettant la reconnaissance des produits artisanaux et industriels par une indication géographique. Ce dispositif protège les producteurs contre les usurpations, garantit l'origine des produits et renforce leur valorisation auprès des consommateurs. Cette démarche s'inscrit désormais dans un cadre européen, avec l'entrée en vigueur, en décembre 2025, du règlement relatif à la protection des indications géographiques pour les produits artisanaux et industriels.
En ce qui concerne l'indication géographique Santon de Provence, la demande a été déposée le 12 mars 2026 et est actuellement instruite par l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi). Il n'appartient pas au Gouvernement de se prononcer sur cette procédure en cours. En revanche, il reste pleinement engagé en faveur du développement des indications géographiques, qui constituent un atout pour la protection des savoir-faire et le développement économique des territoires. Les groupements de producteurs peuvent, tout au long de la procédure, bénéficier de l'accompagnement de l'Inpi pour constituer leur dossier.
M. le président. La parole est à Mme Marie-Arlette Carlotti, pour la réplique.
Mme Marie-Arlette Carlotti. Le processus est en cours, donc ; j'aimerais toutefois que nous continuions ce débat. Je vous demanderai prochainement de recevoir, avec moi, les santonniers et les élus locaux concernés. (Mme Marie-Arlette Carlotti remet son santon à un huissier, qui le transmet à son tour à M. le ministre.)
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