Question de M. BURGOA Laurent (Gard - Les Républicains) publiée le 05/02/2026
M. Laurent Burgoa attire l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur la situation de l'agriculture méditerranéenne, particulièrement dans le département du Gard et sur la nécessité de reconnaître ses spécificités à travers des politiques publiques adaptées, notamment par la mise en place d'un plan irrigation d'État.
L'agriculture méditerranéenne est aujourd'hui à un point de rupture. Les viticulteurs et agriculteurs gardois sont particulièrement touchés par les conséquences du changement climatique. Leur disparition entraînerait des paysages de vignes arrachées et plongerait le territoire dans un cercle associant pauvreté accrue, incendies intenses et récurrents, ainsi qu'une prolifération de nuisibles et de sangliers sur des terres laissées à l'abandon. Les agriculteurs constituent pourtant de véritables aménageurs et protecteurs du territoire.
Dans ce contexte d'urgence, au-delà de la nécessaire prise en compte des spécificités méditerranéennes dans les politiques agricoles nationales et dans le cadre des négociations de la future politique agricole commune, la question de l'irrigation apparaît centrale. Le Gard dispose d'atouts hydrauliques majeurs, avec la présence du Rhône et d'ouvrages structurants tels que le canal Philippe Lamour et le Bas-Rhône. Pourtant, certains secteurs, notamment le Piémont cévenol et les Cévennes, restent privés d'accès à l'eau, faute d'investissements locaux suffisants, alors même qu'ils se situent à proximité de ces ressources.
Les professionnels agricoles rencontrés à la suite d'un été marqué par de multiples canicules ont confirmé l'écart significatif de réactivité et de productivité entre les vignes irriguées par goutte-à-goutte et celles qui ne le sont pas. L'irrigation n'est désormais plus un confort, mais une condition de survie des exploitations, un enjeu de souveraineté alimentaire et un levier indispensable à la diversification des cultures souhaitée par l'État et les chambres d'agriculture.
Par ailleurs, elle souhaite savoir si elle peut apporter des précisions sur les 30 millions d'euros supplémentaires annoncés pour les plans agriculture méditerranée, fruits et légumes et protéines. Ces plans, qui préparent l'avenir, doivent permettre aux filières concernées de s'adapter au changement climatique et de renforcer la souveraineté alimentaire. Il l'interroge notamment sur les modalités de mise en oeuvre de ces crédits et sur leur déclinaison concrète au bénéfice des territoires méditerranéens, et en particulier du département du Gard.
Il lui demande enfin si le Gouvernement entend engager, à l'image du New deal mobile ayant permis de résorber les zones blanches en téléphonie, un plan irrigation d'État visant à assurer une couverture en eau efficace et durable des secteurs agricoles aujourd'hui oubliés du Gard, et plus largement à reconnaître pleinement les spécificités de l'agriculture méditerranéenne dans les politiques agricoles nationales.
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En attente de réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire.
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