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Projet de loi de finances pour 1996 : défense - gendarmerie

 

II. UN RECRUTEMENT PLUS SÉLECTIF

A. UN RECRUTEMENT RIGOUREUX

1. L'augmentation du nombre de candidats

L'intérêt pour la gendarmerie se manifeste par l'augmentation du nombre de candidats aux différents emplois de la gendarmerie, à l'exception des non-officiers. Dans cette dernière catégorie la forte contraction des postes offerts a sans doute dissuadé certains candidats au recrutement.

Ce regain d'intérêt est en grande partie liée à l'effort accompli ces dernières années dans la politique de recrutement par le biais de deux innovations :

- la création de centres d'information et de recrutement (CIR)

- la présence de sous-officiers de gendarmerie dans les centres de sélection.

a) La part des centres d'information et de recrutement dans le recrutement des gendarmes se stabilise

Douze CIR ont été implantés dans des bassins de fort recrutement potentiel à Paris, Lyon et Rouen (1991), Metz, Rennes, Lille, Marseille et Orléans (1992), Dijon, Bordeaux, Nantes et Toulouse (1993).

Pour faire connaître les métiers de la gendarmerie, les CIR utilisent les canaux traditionnels : carrefours de métiers ou conférences dans les établissements scolaires.

Les unités territoriales avec lesquelles ces opérations sont souvent menées de concert, peuvent ainsi améliorer leur propre recrutement.

S'ils marquent une montée en puissance indéniable de pôles de recrutement régional la part du CIR dans le recrutement se stabilise à 21,7 % des recrutements des sous-officiers de la gendarmerie en 1994 -même s'il faut mentionner les résultats plus notables du CIR de Rouen (58,31 %), Rennes (38,79 %) et Lyon (28,81 %)- et à 16 % des recrutements des gendarmes auxiliaires.

b) Une meilleure information dans les centres de sélection

Un sous-officier et deux gendarmes auxiliaires sont depuis 1993 présents dans tous les centres de sélection. Ils participent aux activités du groupe « accueil-encadrement » de ces centres et informent les assujettis intéressés par un service militaire dans la gendarmerie. En 1994, 23 725 jeunes gens ont pu être renseignés et 11 256 l'ont été au cours du premier semestre de cette année.

2. L'adaptation des modes de recrutement

a) Un rééquilibrage entre recrutement interne et externe pour les officiers

Bien que le recrutement interne reste prépondérant (70 % de la ressource) le recrutement des officiers s'est développé grâce à l'ouverture de deux nouvelles filières externes prévues par le décret du 5 janvier 1994.

- ouverture d'un concours aux officiers de réserve et aux sous-officiers titulaires d'un diplôme du 2e cycle de l'enseignement supérieur ;

- recrutement semi-direct à la sortie des écoles militaires d'armes (école militaire interarmes, école militaire de l'air, école militaire de la flotte). Les premiers militaires issus de l'école militaire interarmes intégreront l'école des officiers de la gendarmerie nationale dès cette année.

b) La recherche de l'efficacité dans le recrutement des sous-officiers

Cette nouvelle orientation ne remet pas en cause le principe d'un recrutement national, permanent et mixte à partir d'épreuves de sélection, mais a porté sur ces dernières en privilégiant désormais les capacités d'adaptation à l'institution. Par ailleurs, les délais de transmission et d'instruction des dossiers ont pu être réduits.

3. Un taux de sélection plus sévère

L'augmentation régulière du nombre de candidats, conjuguée à une baisse du nombre de places offertes a eu pour effet d'accroître le niveau de la sélection.

a) Les officiers

Le nombre de candidats à l'école des officiers de la gendarmerie nationale (EOGN) s'est considérablement accru : 385 en 1991, 496 en 1992, 691 en 1993, 792 en 1994, 910 en 1995.

Le nombre de places offertes à l'EOGN s'est, pour sa part, réduit, même si cette évolution s'est infléchie en 1995 (88 places offertes contre 78 en 1994).

Le tableau suivant témoigne de la sévérité accrue des taux de sélection :

b) Les sous-officiers

Le nombre de candidats pour une place est passé de trois à près de treize en quatre ans, avec pour principale conséquence une plus grande sélectivité des candidats. Pour 1996 cette évolution ne devrait pas se modifier compte tenu d'un nombre de postes à pourvoir toujours plus limité.

Les observations statistiques relatives au recrutement des gendarmes font apparaître deux constantes mais aussi une évolution. Au rang des permanences, l'origine sociale des élèves gendarmes accuse une meilleure représentation des employés et des ouvriers par ailleurs aux autres catégories. De même le rapport « candidatures pour 100.000 habitants par région » place la Champagne-Ardenne, comme la Lorraine, parmi les régions de plus fort recrutement et l'Ile-de-France, la Haute-Normandie, la région Rhône-Alpes parmi les zones de faible recrutement.

L'évolution concerne l'âge d'entrée dans la gendarmerie qui recule régulièrement pour les trois types de candidatures : traditionnelles, féminines, gendarmes auxiliaires.

c) Les personnels de la spécialité « emplois administratifs et d'état-major »

Le recrutement dans ces emplois, qui s'effectue principalement parmi les gendarmes auxiliaires féminins, a connu également un taux de sélection plus poussé. Le nombre de candidats pour un poste a presque doublé entre 1988 et 1995. Toutefois à l'avenir le nombre d'emplois pourrait augmenter dans la perspective d'assurer les tâches de soutien non directement opérationnelles actuellement occupées par les gendarmes.