B. LES AIDES DIRECTES

1. Les aides directes à la presse

a) Le remboursement à la SNCF des réductions de tarifs accordées à la presse

En progrès de 7,4 % dans le projet de budget de 1999, l'aide au transport de la presse par la SNCF, destinée initialement aux quotidiens, a été progressivement étendue à l'ensemble des 18 000 publications inscrites sur les registres de la commission paritaire des publications et agences de presse.

Le tarif de la presse (tarif 32) est calculé à partir des prix de revient des différents moyens mis en oeuvre : moyens de transport (fourgons et espaces fourgons des trains de voyageurs, trains rapides de marchandises spécialisés, véhicules routiers), comme moyens de manutention dans les gares, et de distribution aux dépositaires. On voit que le service est conçu de façon extensive. Le niveau des prix de revient estimés est actualisé périodiquement en fonction de l'évolution des coûts et des progrès techniques (TGV).

On notera que ce dispositif s'apparente, dans une mesure difficile à préciser, à une aide au fonctionnement des messageries de presse dans la mesure où c'est à elles que la SNCF accorde les réductions tarifaires, ce qui peut expliquer à la fois l'utilisation privilégiée de la SNCF pour le transport des magazines et l'ampleur des moyens fournis par celle-ci. La SNCF bénéficie de son côté d'un mécanisme qui lui assure un volant permanent d'activité subventionnée par l'Etat.

C'est sans doute pour inciter les partenaires du transport ferroviaire de la presse à une certaine maîtrise des coûts, et pour réagir à l'évolution qui fait des magazines les principaux bénéficiaires d'un mécanisme destiné initialement aux quotidiens, que l'Etat a modulé à partir de 1996 le montant de ses indemnités compensatrices en faveur des quotidiens. A partir du 1er janvier 1996 en effet, l'Etat a reversé à la SNCF 70 % du tarif accordé aux quotidiens, contre 35 % pour les périodiques, les éditeurs acquittant le complément. Depuis 1998, le taux de la compensation, reste fixé à 70 % pour les quotidiens et a été abaissé à 22 % pour les autres publications.

Cette aide semble promise à de nouvelles évolutions. Lors de son audition du 20 octobre 1998 par la commission des affaires culturelles, le ministre de la culture et de la communication a indiqué que le gouvernement souhaitait préciser les conditions de son versement afin d'éviter d'en faire une modalité de compensation du déficit de la SNCF. Le ministre a précisé que la convention avait été dénoncée et serait renégociée d'ici la fin de l'année.

On notera à cet égard que dans ses avis budgétaires pour 1997 et 1998, la commission des affaires culturelles avait déjà souhaité une meilleure utilisation du crédit de remboursement du transport ferroviaire grâce à l'utilisation plus rationnelle des moyens et grâce à un redéploiement vers d'autres moyens de transport, notamment les moyens spécifiques des messageries, " l'utilisation intensive par celle-ci des transports ferroviaires étant susceptible d'être assimilée à une subvention indirecte à ces entreprises ".

b) L'aide à la transmission par fac-similé

Pour comprendre la portée du remplacement, évoqué plus haut, de l'allégement des charges téléphoniques par une aide à la transmission par fac-similé dont la dotation est de 51,7 % inférieure, il faut comparer le champ et les modalités d'application de ces deux instruments.

• Le décret n° 98-793 du 4 septembre 1998 a ouvert une aide destinée à rembourser une partie des dépenses de transmission par fac-similé vers les imprimeries décentralisées de province. Cette aide sera ouverte à l'article 21 chapitre 41-10 du budget des services généraux du Premier ministre.

Elle sera accordée au journaux qui bénéficiaient précédemment de l'allégement des charges de transmission par fac-similé (quotidiens et assimilés).

Le remboursement s'effectuera sur la base de 50 % maximum des dépenses. Les demandes seront présentées sous forme d'états récapitulatifs de dépenses semestriels, transmis au plus tard le 31 mars et le 30 septembre. L'aide est instituée pour 3 ans. Le premier versement interviendra en avril 1999 et remboursera les dépenses relatives au deuxième semestre 1998.

Dans sa présentation à la presse du projet de budget, le ministre a indiqué que l'objectif était de favoriser l'impression en province des quotidiens nationaux, et que cela allait dans le sens de la décentralisation et d'une meilleure gestion des centres d'impression, en permettant aux journaux un bouclage plus tardif, ce qui contribue à un meilleur service au lecteur.

• Les modalités de remboursement des charges téléphoniques aux quotidiens et agences de presse avaient quant à elles été définies par les articles R15 à R19 du code des postes et télécommunications. Le champ d'application de l'aide fut étendu par le décret du 26 mars 1993 à la presse hebdomadaire régionale d'information générale et politique.

Étaient remboursées les communications interurbaines rédactionnelles à destination du siège du journal ou de l'agence. Celles qui émanaient du siège étaient exclues du remboursement. Les modalités du remboursement étaient les suivantes :

- Le taux de la réduction de tarif était de 50 % sur les dépenses téléphoniques et sur les liaisons louées de presse. En ce qui concerne ces dernières, la réduction était appliquée sur la totalité du montant du tarif de location.

- Ce taux s'appliquait sur la totalité du montant des communications des correspondants individuels, des communications effectuées par carte Pastel, numéro vert et numéris (trafic numérique). En effet, ces communications étaient considérées comme rédactionnelles dans leur totalité.

- En revanche, la réduction s'appliquait sur 60 % des communications émanant des bureaux régionaux. Celles-ci faisaient donc l'objet d'un abattement préalable de 40 % à raison de 30 % pour exclure les communications locales et de 10 % pour exclure les commissions non rédactionnelles. Les communications émanant de bureaux équipés par ailleurs de liaisons louées faisaient l'objet d'un abattement préalable plus important (75 % ).

- Enfin, les transmissions par fac-similé des quotidiens et assimilés, effectuées en vue de leur impression dans un ou plusieurs centres différents du lieu d'édition, faisaient l'objet d'une réduction de tarif de 40 % .

Les réductions étaient calculées après déduction des taxes d'abonnement ou de raccordement qui pouvaient figurer sur les factures. Depuis le 1er novembre 1987, la réduction de 50 % s'appliquait au montant hors taxes des redevances, en raison de l'assujettissement de celles-ci à la TVA.

Les modalités de remboursement des charges téléphoniques aux hebdomadaires régionaux étaient légèrement différentes.

Si le décret du 26 mars 1993 a étendu le bénéfice de l'allégement des charges téléphoniques aux hebdomadaires d'information politique et générale, il est apparu que, leur zone de diffusion étant généralement très restreinte, beaucoup n'avaient pas de bureaux détachés et que la plupart des communications téléphoniques étaient locales. Ainsi, la transmission de l'information s'effectue non d'un bureau vers le siège, mais du siège vers l'imprimerie.

En conséquence, alors même qu'un décret avait ouvert aux hebdomadaires le bénéfice de l'aide, ceux-ci se trouvaient, de fait, dans l'impossibilité d'en bénéficier.

C'est pourquoi, lors de sa séance du 24 novembre 1993, la commission a décidé d'infléchir sa doctrine dans un sens favorable à la presse hebdomadaire régionale. A compter de cette date, les remboursements s'effectuèrent selon les règles suivantes :

- soit le journal disposait de bureaux détachés et seules les communications de ces bureaux vers le siège donnaient lieu à la réduction,

- soit le journal ne disposait pas de bureaux détachés, auquel cas les communications transmises du siège administratif vers le lieu d'assemblage et de fabrication -véritable centre rédactionnel où l'information est traitée par l'équipe de journalistes- pouvaient donner lieu à remboursement.

Par ailleurs, les communications des correspondants qui arrivaient au lieu de fabrication du journal, bénéficiaient également de l'allégement des charges téléphoniques dès lors que conformément à l'article R15 des postes et télécommunications, elles y faisaient l'objet d'un traitement rédactionnel par une équipe de journalistes.

On constate qu'avec un certain nombre de restrictions destinées à empêcher le détournement de ses objectifs, l'allégement des charges téléphoniques avait un champ très vaste, et représentait une modalité d'aide particulièrement adaptée au fonctionnement de la presse régionale et locale, on l'a déjà dit (rappelons qu'en 1997 les quotidiens de province ont bénéficié d'un allégement de 18,2 millions de francs, les quotidiens nationaux recevant 8,4 millions de francs).

Le gouvernement avait amorcé la suppression de cette aide dans le budget de 1998 en réduisant la dotation de 47 %, en se fondant sur son archaïsme supposé, sans qu'aucune démonstration chiffrée de l'impact de la diminution du prix des communications téléphoniques soit fournie à l'appui de ce jugement sommaire.

L'allégement des charges téléphoniques est aujourd'hui supprimé sans plus de vérification, alors même que l'exécution des crédits de 1998 abondés en cours d'année de 7,5 millions de francs, démontre son impact économique.

c) Le fonds d'aide à l'expansion de la presse à l'étranger

La dotation de cette aide augmentera de 2,3 % en 1999, passant à 22 millions de francs après avoir été stabilisée autour de 21,5 millions en 1997 et 1998. Il faut aussi noter que ce poste a fait l'objet d'une annulation de crédits d'un million de francs au titre de la régulation 1998.

Trois grandes catégories de bénéficiaires se répartissent ces crédits : d'une part, les Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP) et l'Union pour la diffusion de la presse française dans le monde (Unipresse), qui sont des organismes collectifs d'exportation ; d'autre part, les éditeurs individuels : 48 éditeurs représentant plus de 100 titres ont été admis au bénéfice de l'aide en 1998. Ils se sont vu attribuer 5 445 000 francs, soit 26 % des crédits.

Il est intéressant de rappeler, à titre indicatif, la répartition des ventes par zone en 1997, à travers les chiffres fournis par les NMPP.

RÉPARTITION DES VENTES PAR ZONE EN 1997 :

 

Volume

(nombre d'ex.)

96/97

%

Chiffre d'affaires

(francs)

96/97

%

Afrique

7 497 441

7,2

121 969 206

9,8

Amérique du nord

6 230 572

3,4

126 706 309

22,1

Amérique du sud

585 503

-7,8

15 901 571

0,5

Asie-Océanie

779 862

-0,2

23 218 596

18,1

Europe hors UE

1 626 873

6,6

19 595 657

13

Maghreb

8 786 955

3,3

94 063 171

11,6

Moyen-Orient

2 152 387

-6,4

37 438 695

1

FAEPFE

27 659 593

3,3

438 893 205

12,8

 
 
 
 
 

DOM-TOM

12 768 865

7,1

273 854 484

5,7

UE et Suisse

87 686 426

-0,6

1 259 298 184

0,9

HORS-FAEPFE

100 455 291

0,4

1 533 152 668

2,6

 
 
 
 
 

TOTAL

128 114 884

1,0

1 972 045 475 873

4,7

Le chiffre d'affaires augmente beaucoup plus que les ventes du fait des hausses de prix, en particulier en Amérique du nord, zone vers laquelle le transport n'est plus pris en charge par le fonds. En Asie-Océanie, seuls les pays " pauvres " continuent à bénéficier du fonds.

- Afrique

La première destination est la Côte d'Ivoire, avec plus de 2 millions d'exemplaires vendus (+ 9,4 %).

- Amérique du nord

Le Canada représente 4,3 millions d'exemplaires (+7 %), les Etats-Unis 1,4. Dans ce pays, la hausse de 20 % des ventes en 1996 ne s'est pas répétée en 1997, qui a enregistré une diminution de 3,5 %.

- Amérique du sud

Le Brésil reste la première destination, avec près de 391 000 exemplaires vendus (+2,5 %). L'Argentine, deuxième destination, représente moins de 150 000 exemplaires.

- Asie-Océanie

Les actions menées portent en particulier sur la baisse des prix de vente : ces marchés génèrent des coûts de transport très élevés, qui, grâce au fonds d'aide, ne sont pas ou sont partiellement répercutés dans le prix de vente final. Toutefois, les pays les plus riches n'ont pas été aidés en 1997.

Le Japon, avec 285 000 exemplaires, est de loin la première destination des titres dans cette zone.

Au Vietnam, une importante promotion a été réalisée à l'occasion du sommet de la francophonie, en novembre 1997.

- Europe hors Union européenne

La première destination est la Turquie (405 000 exemplaires), où un important travail de promotion du portage et des abonnements a été effectué, suivie par la Roumanie (266 000 exemplaires).

- Maghreb

Le Maroc est la première destination avec une diffusion stable de 5,9 millions d'exemplaires.

L'Algérie n'a été servie que quelques semaines en exemplaires de presse française, ce pays demeurant hostile à l'importation de presse étrangère.

En Tunisie, les ventes se tiennent bien grâce à une politique de prix contenu, mais sont gênées par la censure.

- Moyen-Orient

Le Liban reste de loin la destination principale des ventes, avec 1,3 million d'exemplaires. Toutefois, les ventes commencent à décliner dans ce pays, du fait de la hausse des prix (le transport n'est plus soutenu par le fonds d'aide).

d) Le fonds d'aide aux quotidiens nationaux à faibles ressources publicitaires

La dotation de ce fonds progressera de 5,3 % en 1999.

Ses modalités d'attribution ont été modifiées par le décret n° 98-714 du 17 août 1998.

Le fonds est désormais divisé en deux sections, dont la première ne peut être inférieure à 85 % de la dotation globale du fonds.

Les conditions d'éligibilité au titre de la première section sont les mêmes qu'auparavant : être un quotidien de langue française d'information politique et générale à diffusion nationale, paraissant cinq jours au moins par semaine, imprimé sur papier journal et dont le tirage et la diffusion payante sont respectivement inférieurs, en moyenne, à 250 000 et 150 000 exemplaires. Leur prix de vente doit être compris dans une fourchette de + 30 % et - 10 % du prix de vente moyen pondéré des quotidiens nationaux d'information politique et générale. Enfin, les recettes publicitaires ne peuvent excéder 25  % des recettes totales. Ces conditions sont vérifiées sur les données de l'année précédant celle de l'attribution de l'aide.

Le bénéfice de la seconde section est accordé aux journaux répondant aux mêmes conditions, mais dont le prix de vente ne dépasse pas 130 % du prix de vente moyen pondéré par la diffusion annuelle en France des quotidiens nationaux d'information politique et générale, sans qu'aucun plancher soit fixé.

La première section a été dotée de 18 900 000 francs ; la seconde de 100 000 francs.

La répartition des aides s'effectue selon des modalités nouvelles : elle commence par la détermination d'un taux de subvention par exemplaire vendu pour chacune des tranches, qui ne doit pas dépasser 8 % du prix de vente moyen pondéré des quotidiens nationaux d'information générale et politique.

Ce taux unitaire est ensuite multiplié par le nombre d'exemplaires vendus par chaque bénéficiaire. Toutefois, pour la première tranche, il est abattu de 50 % au-delà des vingt premiers millions d'exemplaires effectivement vendus par chaque bénéficiaire. Cette disposition vise à favoriser les journaux à faible diffusion.

Sur les cinq journaux ayant présenté une demande d'aide, trois étaient éligibles au fonds : la Croix et l'Humanité pour la première section, Mon Quotidien pour la seconde section.

Présent a été exclu pour les mêmes raisons qu'en 1997, à savoir la fixation de son prix de vente au-dessus de 130 % du prix de vente moyen des quotidiens nationaux ; le Quotidien de Paris a été exclu parce qu'il n'est pas imprimé sur papier journal.

La répartition s'est effectuée, pour la première section, sur la base d'une aide à l'exemplaire de 0,4597 franc ramenée à 0,2298 franc au-delà de 20 millions d'exemplaires vendus.

Pour la seconde, elle s'est effectuée sur la base d'une aide à l'exemplaire de 0,0096 francs.

La création de deux sections a suscité des interrogations de la part de M. Pierre Zarka, directeur de l'Humanité. Dans une déclaration publiée dans l'Humanité du 21 août, il s'est déclaré " surpris de la méthode ", sachant que " le fonds d'aide avait été porté dans le budget 98 à 19 millions de francs sans qu'il soit précisé au moment de la discussion budgétaire que les règles du jeu seraient modifiées ". " Nous avions d'ailleurs réagi positivement en prenant acte de cette augmentation de 20 % tout en rappelant qu'il y a plus de trois ans, le ministre d'alors s'était engagé à doubler ce fonds d'aide ", poursuivait-il avant d'ajouter que " ce décret du mois d'août qui s'appliquerait à l'aide 98 aboutira de fait à annuler l'augmentation votée par le Parlement ".

" Cette décision m'inquiète d'autant plus que j'attends, avec mes confrères de la presse quotidienne d'information politique et générale, la publication d'un autre décret qui vise à préciser les conditions d'attribution du " fonds de modernisation de la presse " créé cette année et financé par la taxe de 1 % sur le " hors-média ",
ajoutait Zarka.

En réponse à ces inquiétudes, Mme Catherine Trautmann a indiqué dans une lettre rendue publique le 26 août, que la nouvelle répartition permet d'aider des publications d'information politique et générale à destination de la jeunesse, qui jusqu'ici ne recevaient rien en raison de leur très faible prix de vente. Pour autant, les publications qui étaient aidées dans le système initial L'Humanité et La Croix, ne sont pas lésées par la nouvelle répartition, elles recevront en 1998 une dotation très nettement supérieure au seuil plancher de 85 % fixé par décret. Et les titres bénéficiaires de cette première section devraient bénéficier de façon très substantielle de la revalorisation de 20 % qui a porté à 18 millions de francs pour 98 le montant total des crédits consacrés à l'aide aux quotidiens nationaux à faibles ressources publicitaires.

Il semble que l'initiative du gouvernement, favorable au développement du jeune lectorat de la presse quotidienne sans léser les attributaires traditionnels du fonds, puisse être approuvée.

e) Le fonds d'aide aux quotidiens régionaux à faibles ressources en petites annonces

La dotation de ce fonds augmentera en 1999 de 5,1 %, passant de 7,8 millions à 8,2 millions de francs.

Les modalités d'attribution des aides ont été modifiées par le décret n° 97-1068 du 20 novembre 1997 qui distingue deux sections du fonds afin d'apporter une aide aux quotidiens régionaux, départementaux et locaux à faibles ressources en petites annonces subissant de fortes augmentations de leurs abonnements postaux.

La première section de l'aide est réservée aux quotidiens de langue française d'information politique et générale à diffusion régionale, départementale ou locale

- paraissant cinq jours au moins par semaine et imprimés sur papier journal,

- dont le tirage et la diffusion payante sont respectivement inférieurs, en moyenne, à 70 000 et 60 000 exemplaires,

- dont l'édition locale la plus diffusée est vendue à un prix inférieur à 130 % du prix de vente moyen des quotidiens régionaux, départementaux ou locaux d'information politique et générale,

- dont les recettes de petites annonces n'excèdent pas 5 % de leurs recettes publicitaires totales,

- qui, dans la région ou le département où ils sont diffusés, n'ont pas la diffusion la plus forte des quotidiens régionaux, départementaux ou locaux et, par conséquent, ne sont pas en position dominante.

La seconde section est destinée aux quotidiens de langue française d'information politique et générale à diffusion régionale, départementale ou locale

- paraissant cinq jours au moins par semaine et imprimés sur papier journal,

- dont le tirage et la diffusion payante sont respectivement inférieurs, en moyenne, à 70 000 et 50 000 exemplaires,

- dont l'édition locale la plus diffusée est vendue à un prix inférieur à 130 % du prix de vente moyen des quotidiens régionaux, départementaux et locaux d'information politique et générale,

- dont les recettes de petites annonces n'excèdent pas 15 % de leurs recettes publicitaires totales,

- dont plus du quart de la diffusion payée est assurée par voie d'abonnement postal,

- dont 40 % des abonnements postaux concernent des publications de moins de 100 grammes.

Sont exclues du bénéfice de cette aide les entreprises de presse qui ne satisfont pas aux conditions définies à l'article 30, 1er alinéa du décret n° 55-486 du 30 avril 1955, relatif à diverses dispositions d'ordre financier, ou qui éditent également des publications gratuites.

Pour chaque section, la répartition du montant global annuel de l'aide est définie proportionnellement au nombre d'exemplaires vendus et dans la limite d'un plafond de subvention par exemplaire vendu égal à 6 % du prix de vente moyen des quotidiens régionaux, départementaux ou locaux d'information politique et générale.

En 1997, la première section a représenté 90 % de l'aide, soit 7 032 012 francs, dix journaux se sont répartis cette somme, sur la base d'une aide à l'exemplaire de 0,1288 franc.

La seconde section a été dotée de 781 334 francs. Deux quotidiens se sont répartis cette somme, sur la base de 0,0821 francs par exemplaire.

f) Le fonds d'aide à la diffusion de la presse hebdomadaire régional et locale

La dotation de ce fonds progresse de 5 %, après avoir progressé de 14,3 % en 1997, et s'établit ainsi à 8,4 millions de francs.

L'aide, instituée par le décret n° 96-410 du 10 mai 1996, est destinée à alléger les coûts de diffusion au numéro des titres de la presse hebdomadaire régionale d'information politique et générale. Le développement des réseaux de vente, situés très majoritairement en zones rurales et semi-rurales, appelle, en effet, la prise en charge de coûts importants :

- livraison par l'éditeur d'un grand nombre de points de vente dans des petites communes, ce qui nécessite la mise en place d'une structure de distribution coûteuse ;

- ramassage des invendus ;

- opérations de facturation pour des volumes de vente très faibles par points de vente.

g) Le fonds d'aide au portage

Créé en 1997, ce fonds, en augmentation de 10 %, voit ses crédits portés à 49,5 millions de francs. Il a fait l'objet d'une annulation de crédits d'un millions de francs au titre de la régulation 1998.

Le développement important de la dotation de ce fonds, passée depuis 1997 de 15 millions à 49,5 millions de francs, traduit la priorité que le gouvernement accorde à juste titre à cette forme particulièrement prometteuse de distribution que constitue le portage. Cette inflexion remonte à l'adoption du plan de réforme des aides à la presse d'avril 1995, et répond à la conviction, partagée par les éditeurs, que la diffusion par portage constitue un des axes principaux des stratégies de développement de la presse. Le portage est perçu comme complémentaire de la vente au numéro, et est pris en charge, dans certains cas, par le réseau de vente au numéro, le diffuseur de presse se chargeant de porter les exemplaires aux lecteurs intéressés. La Poste elle-même propose un service de portage susceptible de porter remède, à un coût plus élevé, aux insuffisances de la distribution postale.

Notons enfin que, d'après les derniers chiffres de l'enquête rapide annuelle sur la presse, la part de la presse distribuée par portage progresse régulièrement chaque année d'environ 1 %. Elle était en 1992 de 9 % et atteint 12,6 % en 1996 pour l'ensemble de la presse éditeur.

L'évolution par catégorie de presse montre que le portage a le plus progressé pour la presse locale d'information générale et politique où il est déjà de très loin de plus élevé. La proportion des quotidiens locaux distribués par portage passe de 26,3 % à 28,4 %.

Pour la presse nationale d'information, le portage est par contre en diminution, particulièrement pour les quotidiens. Enfin le portage augmente pour la presse spécialisée grand public.

LE PORTAGE TOTAL ANNUEL

(En milliers d'exemplaires et en %)

1996

Part sur le total annuel diffusé

dont Quotidiens

Part sur le total annuel diffusé

Information générale et politique nationale

Information générale et politique locale

Presse spécialisée grand public

Presse spécialisée technique et professionnelle

Ensemble (hors journaux gratuits)

22 171


614 085


11 911

2 747


650 915

3,1 %


26,8 %


0,6 %

1,0 %


12,6 %

16 996


607 607


214

627


625 444

3,5 %


28,4 %


0,1 %

1,6 %


21,6 %

h) Le fonds d'aide au multimédia

Les crédits inscrits au budget de 1959 s'élèvent à 15 millions de francs, chiffre identique à celui de 1998. Ils ont fait l'objet d'une annulation d'un million de francs au titre de la régulation de 1998.

Le fonds d'aide au développement du multimédia, géré par l'Institut de financement du cinéma et des industries culturelles (IFCIC), permet d'accorder aux entreprises de presse des avances partiellement remboursables, afin de les aider à financer des projets de développement multimédia à destination de leurs lecteurs : services en ligne, Internet, etc.

Peuvent bénéficier de cette aide les entreprises éditrices d'au moins une publication inscrite sur les registres de la commission paritaire. L'avance remboursable peut atteindre 50 % des dépenses directement et nécessairement liées à un projet multimédia, dans la limite d'un plafond porté à 2 millions de francs récemment. La part qui peut faire l'objet d'un allégement de dette peut atteindre 40 % de l'avance accordée. L'allégement est accordé après constatation par un comité de sélection des projets formé par l'IFCIC, de la réalisation des investissements prévus.

i) L'aide complémentaire au plan social de la presse parisienne

On a déjà évoqué les objectifs de cette aide dont la dotation passera en 1999 de 13,2 millions de francs à 13,5 millions de francs, augmentant ainsi de 2,3 %.

j) Le remboursement des cotisations sociales de portage de la presse nationale

Ce crédit, dont l'objectif a aussi déjà été évoqué, diminuera de 6,3 % en 1999, s'établissant à 7,5 millions de francs. Lors de son audition du 20 octobre dernier par la commission des affaires culturelles, le ministre de la culture et de la communication a expliqué cette diminution par le fait que les dossiers de remboursement ont été présentés avec retard en 1998 et que les crédits non consommés seront reportés sur le budget de 1999. Ceci s'explique toutefois par l'écart entre les prévisions de 1998 et celles de 1999, le retard invoqué n'entraînant sans doute pas l'annulation des engagements financiers de l'Etat à l'égard des intéressés, ceux-ci devraient gonfler les prévisions de dépenses pour 1999.

2. Les abonnements de l'Etat à l'AFP

Les souscriptions d'abonnement à l'AFP, qui sont une forme d'aide à la presse dans la mesure où elles facilitent la fixation des tarifs à un niveau modéré, progressent de 2 % en 1999, s'établissant à 600,24 millions de francs.

Ceci conduit à évoquer les difficultés actuelles de l'Agence.

Elles se sont manifestées dans l'élaboration de son budget pour 1998. Les premières estimations présentées par la direction de l'Agence à la fin de l'année 1997 laissaient envisager un déficit de l'ordre de 40 millions de francs. Le statut de l'AFP, qui interdit expressément le vote d'un budget en déséquilibre, comme la nécessité d'une gestion saine de l'Agence, interdisaient cependant une telle perspective. En définitive, le conseil d'administration de l'AFP a pu voter un budget 1998 à l'équilibre après avoir réexaminé les perspectives de dépenses.

Cette difficulté était cependant révélatrice d'une situation structurellement difficile en raison d'une croissance forte et continue de la masse salariale, supérieure à l'évolution naturelle des ressources.

La situation a conduit le gouvernement à demander à l'Inspection générale des finances d'engager un audit sur la situation de l'AFP avec l'accord du président de l'Agence. Le rapport, remis début juillet, aborde non seulement les comptes de l'Agence mais aussi son statut et son organisation. Il a été communiqué aux membres du conseil d'administration.

Le président du conseil d'administration de l'Agence élabore actuellement un plan de développement triennal, indispensable au moment où l'Agence France Presse doit faire face aux défis liés à la transformation du monde de l'information et de la communication.

Les orientations suivantes sont préconisées par les représentants de l'Etat au conseil d'administration :

- la poursuite de la régionalisation des " desks " parallèlement au développement de la déconcentration de la production et de la diffusion de l'information. Une condition indispensable de réussite d'une telle orientation serait la mise en oeuvre d'un contrôle des performances efficace ;

- l'amélioration de la productivité. La nécessaire maîtrise de la masse salariale pourrait justifier la remise en cause de certaines modalités d'évolution des rémunérations. Elle devra s'accompagner d'une amélioration de la gestion des ressources humaines, notamment dans le suivi des carrières des personnels et la politique de formation professionnelle. L'optimisation de l'allocation des ressources humaines et de l'utilisation de l'outil de production devrait être recherchée ;

- la mise en oeuvre d'une politique commerciale cohérente avec la stratégie de développement de marchés que doit définir l'AFP. Ceci passerait en particulier par une redéfinition des produits, des relations avec les clientèles et de la politique de tarification ;

- la réévaluation systématique de la situation et du rôle des filiales de l'Agence. La réorganisation éventuelle qui en découlerait devrait intégrer la mise en place indispensable d'un système de contrôle effectif et régulier des filiales.

Le président directeur général de l'AFP a, de son côté, présenté son analyse de la situation dans une note du 3 septembre 1998 :

" A ce jour, il convient de souligner que, depuis mon arrivée le 3 février 1996, les exercices 1996 et 1997 se sont achevés à l'équilibre ; le premier semestre 1998 est également conforme à son budget. La trésorerie disponible s'élève à 170 millions de francs (après l'achat, en 1997, d'une agence allemande d'information sportive, SID), et l'AFP dispose de plus de 320 millions de provisions légales de sécurité. Je tiens à souligner également que la progression du chiffre d'affaires 1997-1998 a doublé par rapport à la progression 1996-1995 (53 millions de francs / 25 millions de francs).

Quoi qu'il en soit, les charges recommencent à croître plus vite que les produits en dépit d'un important effort de contrôle de charges externes. Ce sont les charges de personnel qui aggravent la dynamique liée au fort GVT positif ". (...)

" Le rapport de l'IGF juge sévèrement l'organisation de la direction de l'Agence et les faiblesses d'un service commercial qui a hérité du passé des structures inadéquates. Encore faut-il rappeler que, depuis deux ans, une direction du développement et des services commerciaux a remplacé ce qui n'était en réalité qu'un service de facturation, faute de culture commerciale dans l'entreprise et que l'AFP a " fait du chiffre d'affaires ". (...)

" Il faut le reconnaître : le processus de production de l'AFP n'est pas adapté aux enjeux. D'importants gains de productivité doivent être réalisés.

C'est l'objectif du plan de restructuration : produire autrement pour vendre plus, augmenter la productivité, augmenter le chiffre d'affaires.

Pour atteindre ces objectifs, j'ai décidé de renforcer la direction de l'AFP :

- avec un directeur délégué chargé de l'organisation et du management ;

- avec un directeur commercial international, en séparant le développement du commercial ;

- en accélérant la mise en place des outils de comptabilité analytique et de reporting indispensables. " (...)

" Toutes les enquêtes menées, tant en interne qu'en externe, conduisent aux objectifs suivants :

- consolidation du marché primaire des médias, mais en adaptant la production à leurs besoins. Ils veulent du " sur mesure ". Le service général devient un tronc commun, auquel s'ajoutent les distributions sélectives. La refonte des tarifs tiendra compte, bien sûr, des plus-values ;

- les " filières " sont une des innovatrices de ce plan. Prioritaires :

* la filière sport,

* la filière économique,

* l'Internet,

* la photo.

A cela s'ajouteront les ressources nouvelles que représentent nos fabuleuses ressources d'archives (textes, photos), les banques de données (une filière intégrale réclamée par la presse française), l'Infographie, l'hippique, le 3D.

SID devient une agence sportive mondiale, multilingue.

L'AFP va redéfinir son métier en fonction de l'Internet. "

Saluons ici l'espoir de voir ce plan ambitieux porter rapidement les fruits attendus.

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