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2. Les enjeux sanitaires et économiques de la politique du médicament

En 2003, les dépenses de médicaments se sont élevées à 15,4 milliards d'euros. Elles représentent 15,2 % des dépenses de l'ONDAM.

Chaque médecin généraliste prescrit en moyenne chaque année pour environ 260.000 euros de médicaments. Le Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie a analysé cette tendance et a alerté les pouvoirs publics sur les risques sanitaires dont elle est porteuse : « on sait que l'assuré français consomme trois fois plus d'antibiotiques que son voisin allemand (...). Par ailleurs le nombre moyen de médicaments par ordonnance est de quatre alors qu'il est couramment admis que les risques d'interaction médicamenteuse deviennent très importants à partir de trois spécialités conjointement prescrites ».

Face à cette situation, un changement de comportement des prescripteurs et des patients était indispensable. Quelques premières évolutions positives s'esquissent sur la consommation d'antibiotiques et sur la part des génériques dans le marché du médicament.

a) Infléchir la prescription

Le premier défi qui doit être relevé est celui des prescriptions. Dans ce domaine, les questions sont multiples et les pouvoirs publics, en liaison avec l'assurance maladie, ont promu plusieurs dispositifs dont l'objectif est de modifier le comportement des prescripteurs et des malades.

 Le premier champ d'intervention porte sur le bon usage du médicament. L'enjeu n'est pas uniquement économique. Il est également sanitaire puisque, chaque année, 130.000 hospitalisations sont provoquées par des interactions médicamenteuses dues à la prise conjointe de molécules incompatibles entre elles.

L'action la plus spectaculaire dans ce domaine repose sur un accord de bon usage des soins conclu en 2002 entre l'assurance maladie et les médecins qui a été accompagné d'une campagne de sensibilisation lancée à l'attention du public en 200 ?? : « les antibiotiques, c'est pas automatique ».

Cette campagne, qui réunissait les professionnels de santé et les caisses avait « pour objectif de diminuer de 25 % en cinq ans le ratio rapportant le nombre d'actes avec prescriptions antibiotiques au nombre d'actes avec prescriptions de médicaments8(*) ». L'objectif était non seulement de limiter la consommation de médicaments, mais également de préserver l'efficacité thérapeutique des antibiotiques, qu'un usage inadapté et répétitif contrarie.

A la suite de cette campagne, la consommation d'antibiotiques a baissé de 17 %. Cette action a permis à l'assurance maladie d'économiser 50 millions d'euros, à rapporter aux 6 millions d'euros investis dans la campagne d'information.

 La création de la Haute autorité de santé constitue un autre axe de l'amélioration de l'information des professionnels de santé et des assurés sur le bon usage du médicament.

 Enfin, une charte de qualité des pratiques professionnelles des personnes chargées de la promotion par prospection ou démarchage pour les spécialités pharmaceutiques a été conclue entre le comité économique des produits de santé et les entreprises du médicament. Le rôle essentiel que jouent les visiteurs médicaux dans l'information des praticiens sur les prescriptions médicamenteuses justifie que leurs pratiques professionnelles soient ....

* 8 Rapport sur l'exécution de l'ONDAM 2003, CNAMTS.

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