B. LES SUITES DE L'AFFAIRE ELIAS AU SEIN DE L'INSTITUTION JUDICIAIRE
L'affaire Elias a eu des répercussions importantes au sein de l'institution judiciaire, qui témoignent de l'existence de visions divergentes au sujet de la place à accorder à la victime durant la procédure pénale.
Le garde des sceaux a diligenté une mission d'évaluation de l'inspection générale de la justice (IGJ) afin d'analyser la prise en charge des deux mis en cause par le système pénal ainsi que leur parcours judiciaire et d'identifier d'éventuelles défaillances.
Dans son rapport, l'IGJ se montre favorable à un accès facilité des victimes à l'institution judiciaire afin d'améliorer leur information et leur compréhension des décisions rendues.
Le collège de déontologie des magistrats de l'ordre judiciaire, saisi par le premier président de la cour d'appel de Paris, a apporté une nuance à cette ouverture. S'il a invité à faire appel à un magistrat spécialisé pour éclairer la famille de la victime, il a estimé que celui-ci ne pouvait pas rencontrer ceux ayant eu à traiter de cette affaire ou accéder au dossier de la procédure.
Dans le même temps, par une circulaire du 13 octobre 2025 adressée aux chefs de juridiction, le garde des sceaux a appelé à « centrer » l'organisation juridictionnelle sur la victime.