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Projet de loi de finances pour 1996

 

C. CES ÉCONOMIES DOIVENT PERMETTRE DE FINANCER LA MODERNISATION DE LA DIFFUSION DE RADIO FRANCE

Les économies qui seraient dégagées par Radio France pourraient être affectées à la modernisation de son mode de diffusion, par l'introduction du RDS et le développement du DAB.

1. Le RDS, préfiguration du DAB

Cette technique constitue une étape importante sur la voie du DAB et une amélioration importante de la modulation de fréquence. Les fonctions les plus connues sont l'affichage du nom de la station et l'accord automatique des récepteurs. Le parc installé en France atteint le million de récepteurs, plus de la moitié des modèles d'autoradio commercialisés sont RDS, avec des prix d'appel inférieurs à 1 000 francs. Le RDS préfigure le DAB. .

Les deux plus importantes nouvelles fonctions sont :

les fonctions de trafic. L'automobiliste qui en fait la demande reçoit les bulletins de trafic même s'il écoute une cassette ou un autre programme de Radio France. L'application la plus novatrice est le couplage avec les radios d'autoroute,

les fonctions de radio texte ouvrant également des possibilités dans le domaine de l'interactivité que permet d'envisager les progrès dans la miniaturisation des récepteurs portatifs. Radio France a signé un accord de coopération avec TDF pour le développement de la « radio interactive ».

Avec le RDS, un magazine de France Inter pourra afficher en clair sur le récepteur le nom des invités, du téléphone. De plus, la mémorisation par le récepteur de codes complémentaires permet à l'auditeur un accès simple à un serveur vocal qui peut donner une liste d'offres d'emploi recueillies, liste soit trop longue pour l'antenne, soit déjà donnée, mais difficile à noter.

2. La France sera-t-elle capable de lancer le DAB ?

Développé dans le cadre d'Euréka, le DAB répond aux préoccupations d'améliorer la réception et la qualité sonore, offre des services nouveaux (compléments d'information apparaissant sur un afficheur). Dans quelques années, il sera également possible de recevoir-y compris en mobile des émissions satellite DAB. Le DAB fait donc entrer la radio dans l'ère du multimédia et des autoroutes de l'information.

Radio France s'est efforcée de faire progresser le DAB au niveau national (participation active au club DAB) et international (UER, forum EuroDAB) pour surmonter les principales difficultés du DAB qui sont :

l'impossibilité d'un équilibre économique global à court terme pour les opérateurs devant financer un réseau supplémentaire, sans auditeurs au début. Pour cette raison, il est essentiel que l'usage et/ou le produit des diffusions de données soient bien attribués aux radiodiffuseurs (programmes) plutôt qu'aux opérateurs de réseaux, ou même à des tiers. Des mesures législatives ou réglementaires devront être prises en faveur des opérateurs de radio,

l'affectation de fréquences en quantité suffisante. Le public fera la comparaison avec l'offre disponible en millions de francs. Un équilibre raisonnable doit être trouvé en accord avec des perspectives à moyen terme offertes par le satellite. L'attrait de propositions « très volontaristes » formulées par des radiodiffuseurs internationaux semble faible pour le public européen ; ces propositions qui pourraient mettre le DAB en danger, en gelant les fréquences à leur profit, rencontrent néanmoins un certain écho à « Bruxelles »,

la disponibilité de récepteurs performants à des coûts raisonnables (pour un lancement), les techniques DAB étant incompatibles avec la modulation de fréquence, et très complexes. Une étroite concentration avec les industriels sur la mise en oeuvre et le rythme des développements est indispensable.

Radio France a marqué son engagement pour le DAB en signant un accord avec TDF pour une collaboration renforcée entre les deux sociétés dans le développement des techniques de la radio, au premier rang desquelles figure le DAB. Ce protocole Radio France/TDF prévoit la diffusion en DAB de 5 à 6 programmes, dont au moins un nouveau, à l'intention de 20 % de la population française. La date initialement envisagée était 1996.

En 1995 et 1996 seraient seuls disponibles des « récepteurs tests » qui constituent la phase ultime avant la commercialisation. Leur prix, environ 15 000 F, ne permet pas de tests à grande échelle, pourtant nécessaires pour valider définitivement tant les aspects techniques (émission et récepteurs), que la perception des services associés par les auditeurs.

Plusieurs Länder allemands, convaincus du bénéfice apporté à l'économie par le DAB, ont décidé de financer des tests, à hauteur de 100 millions de DM, soit 350 millions de francs environ, portant sur 20 à 25 000 récepteurs.

Radio France et TDF se sont associées pour proposer un projet pilote dans le cadre de l'appel à propositions du ministre de l'Industrie sur les autoroutes de l'information. Le rôle spécifique de Radio France serait la réalisation des services associés aux programmes. La réalisation de ce projet, liée à l'aide que les pouvoirs publics pourront lui apporter, en particulier pour contribuer au financement d'un parc de récepteurs, conférerait à la France une avance importante en ce domaine, par rapport aux projets étrangers où leur part est moins importante.

La question est de savoir si la France pourra suivre et être également capable de financer une expérience d'une échelle comparable. L'appel, adressé le 14 octobre 1995 au Sénat par Roland Faure, membre du CSA et président du Club DAB, doit être entendu. Les enjeux financiers, les risques industriels et les horizons d'amortissement des investissements qui doivent être réalisés sont en effet tels qu'aucun partenaire ne pourra raisonnablement s'engager dans l'industrialisation et l'introduction commerciale du système sans avoir réalisé une expérimentation grand public. Sans le soutien des pouvoirs publics et un effort vigoureux de la part de Radio France, qui doit s'investir dans cette technique, vitale pour son avenir, la Grande-Bretagne et l'Allemagne pourraient devancer la France sur le dossier stratégique de la radio numérique, alors que notre pays a été l'un des précurseurs de cette nouvelle technique.

Cette expérimentation pourrait être lancée dans le cadre des « autoroutes de l'information ».

3. La radio sur le câble et le satellite

Radio France envisage de développer sa présence sur les réseaux câblés et le satellite pour offrir des bouquets musicaux, proposés éventuellement en option payante aux abonnés du câble et du satellite. La demande du public semble se porter sur des thématiques musicales chacune assez ciblée donnant une grande impression de choix dans leur ensemble. Une offre valorisant en particulier le savoir-faire des programmateurs de Radio France, ainsi que notre fonds discographique exceptionnel, est en cours de test auprès d'échantillons de public.

Elle pourrait être accompagnée par des programmes de Radio France ne disposant pas d'une couverture nationale : France Info, FIP et Radio Bleue ont été cités. Ces programmes seraient eux accessibles « en clair ».

Des négociations sont en cours avec Canalsatellite.