I. PRÉSENTATION GÉNÉRALE
Hors
abonnements de l'État à l'AFP, les crédits inscrits au
budget général consacrés directement aux aides à la
presse, se stabilisent (+0,004%) dans le budget 2002, pour atteindre 38,
98 M€, après la diminution de 1,99 % enregistrée
en 2001.
Avec la dotation de l'AFP, qui croît de 2,44 M€ soit 16
MF contre 5,6 MF dans le précédent budget, les
crédits qui concernent la presse, connaissent une croissance de
+ 1,84 %
pour se monter à
134,87 M€
.
Sur la législature, la croissance des dotations apparaît
limitée : les crédits du chapitre 41-10 passent, ainsi, de
248,8 MF à 255,7 MF soit une augmentation de 6,9 MF
seulement, ce qui représente une croissance annuelle de 1,5% ; les
crédits de l'AFP progressent de façon plus sensible, passant de
578,6 MF à 629 MF, soit une augmentation de 50,4 MF,
ce qui représente une croissance annuelle de 2,2%.
Toutefois, ces seuls chiffres n'épuisent pas l'action du Gouvernement en
matière de presse.
D'abord, l'État n'est pas seulement le client majeur de l'AFP mais aussi
en quelque sorte son actionnaire, un actionnaire au demeurant discret,
puisqu'à ce titre il n'a procédé que par abandon de
créances. Certes, les pouvoirs publics ont acté, en mars dernier,
le principe d'un apport financier, probablement sous le forme d'un prêt
participatif, d'un montant global de 15,2 M€, soit 100 MF. Cela
permet-il de considérer que l'État prend toute sa part à
la mise en oeuvre du plan pluriannuel de développement et de
diversification engagé par sa nouvelle direction ? On peut en
douter, tant ces demi-mesures pourraient se révéler en
définitive des contre-mesures, si cela ne donnait pas à l'agence
les moyens des réformes de structures nécessaires à son
adaptation au marché.
Ensuite et surtout, une bonne partie de l'aide à la presse passe
désormais par le Fonds de modernisation de la presse dont les
crédits viennent compléter de façon substantielle ceux du
chapitre 41-10 : les ressources attendues de ce fonds qui figurent au
compte d'affectation spéciale n°902-32 se montent à
28,993 M€ , soit190,2 MF.
Au total pour 2002,
l'ensemble des moyens publics
consacrés
à la presse écrite hors abonnements à l'AFP est en
croissance sensible de
+ 7,2%
pour atteindre
67,95 M€
, soit 445,7 MF.
A. LES AIDES DU BUDGET DES SERVICES GÉNÉRAUX DU PREMIER MINISTRE
Les aides budgétaires à la presse sont inscrites au chapitre 41-10 et, pour ce qui concerne l'AFP, au chapitre 34-95 du budget des services généraux du Premier Ministre. Il convient, cette année, de souligner une modification de la nomenclature budgétaire, qui tend à regrouper les aides directes à la presse en trois articles : les aides à la diffusion, les aides au maintien du pluralisme et de la diversité des titres et les aides au développement du multimédia.
On note
que ces crédits ont fait, au cours de l'exercice 2001, l'objet d'une
série de
mesures de régulation budgétaire
pour un
montant global de 15 MF qui se répartit de la façon
suivante :
- fonds presse et multimédia : 9,45 MF ;
- plan social de la presse parisienne : 3,25 MF ;
- remboursement des cotisations sociales de portage : 2,3 MF.
Dans sa réponse, l'administration précise que « compte
tenu de l'état des besoins et du fait qu'il ne s'agit pas de fonds de
répartition », ces annulations n'ont pas affecté la
gestion des fonds d'aides concernés et n'ont donc pas impliqué de
pénalisation pour leurs bénéficiaires.
1. Les aides à la presse à faibles ressources publicitaires
Ces aides, qui figurent désormais à l'article 20 du chapitre 41-10, devraient s'accroître, en 2002, de + 1,21 % après la nette augmentation de l'année dernière pour atteindre 6,017 M€, soit 39,470 MF.
a) Le fonds d'aide aux quotidiens nationaux d'information politique et générale à faibles ressources publicitaires (art.20§1)
Les
crédits inscrits dans le projet de loi de finances pour 2002 au
paragraphe §1 de l'article 20 sont en croissance de + 1,2 %, ce qui
marque une stabilisation après le rattrapage intervenu en 2000 et 2001,
et place ce poste avec 4,6 M€ soit 30 MF de crédits,
à un niveau supérieur de près de 14 MF à
celui de 1997.
Deux quotidiens, La Croix et L'Humanité, entrent dans cette
catégorie et bénéficient régulièrement de
cette aide régie par le décret n°86-0616 du 12 mars 1986,
modifié par le décret du N°98-0714 du 17 août
1998
et le décret n°2000-1050 du 25 octobre 2000.
La Croix» a reçu 9,4 MF en 1997, 10,9 MF en 1998,
11,4 MF en 1999 et 14 MF en 2000; pour les mêmes
années, L'Humanité a reçu respectivement 6,2 MF,
7,99 MF, 8,3 MF et 14, 8 MF. Sans emploi, qui avait
bénéficié de 70 000 francs en 1999, n'a rien perçu
en 2000.
Les crédits inscrits dans le projet de loi de finances initiale pour
2000 s'élèvent à 26,6 MF. Deux
éléments méritent d'être soulignés pour
justifier l'augmentation de 33 % par rapport au précédent
exercice :
- d'une part, il est apparu nécessaire en cours d'exercice d'abonder le
fonds de 2,4 MF afin de tenir compte des difficultés
rencontrées par les titres concernés en 2000 ;
- d'autre part, le décret du 25 octobre 2000 a modifié le mode
de répartition de la première section du fonds en faveur d'un
titre L'Humanité, dont la diffusion est la plus faible, sans
pénaliser l'autre, La Croix.
Compte tenu de ces modifications, la première section avait
été dotée en 2000 de 28,8 MF et la seconde de 200
000 F.
Cinq quotidiens ont bénéficié de l'aide en 2000 :
L'Humanité, La Croix, au titre de la première section et Le
Quotidien, Mon Petit Quotidien et L'Actu, au titre de la seconde
La répartition a été faite sur la base d'une aide à
l'exemplaire effectivement vendu de 0,0807 F pour la première
section et de 0,0112 F pour la seconde. On rappelle qu'en 1999, la
répartition avait été effectuée sur la base de
0,512 franc par exemplaire vendu avec une diminution de 50% de la subvention
au-delà de 20 millions d'exemplaires.
Il faut préciser que la deuxième section, dont la création
résulte de la réforme de 1997, concerne les quotidiens à
prix très bas, jugés très intéressants sur le plan
de la diffusion de la pensée, mais qui n'ont pas un prix facial
élevé. L'aide que les trois titres concernés recevront,
est très faible mais leur affiliation à cette section leur permet
de bénéficier du tarif postal préférentiel
prévu par l'article D19-2 du code des postes et des
télécommunications.
On remarque qu'avec 30 MF de crédits inscrit pour 2001 et
4,628 M€ soit 30,36 MF pour 2002, l'aide atteint le triple de
celle qui était accordée en 1982.
Votre rapporteur a été informé de la répartition
prévue pour 2001 : 2,3 M€, soit 15, MF iraient à
L'Humanité et 2,2 M€, soit 14,45 MF, à La Croix,
tandis que Mon Quotidien, Le Petit Quotidien et L'Actu se partageraient, pour
leur part, 33 539 €, soit 220 000 F.
b) Le fonds d'aide aux quotidiens régionaux, départementaux et locaux d'information politique et générale à faibles ressources de petites annonces (art.20§20)
Les
crédits prévus dans le projet de loi de finances pour 2002
désormais inscrits au paragraphe §2 de l'article 20 du chapitre
41-10, se montent à 1,39 M€, soit 9,11 MF, ce qui
représente une croissance de + 1,22 %.
L'élargissement des conditions d'accès, instauré par le
décret du 20 novembre 1997, a permis de limiter les
conséquences de la hausse des tarifs postaux. En 2000, on comptait 12
bénéficiaires de l'aide - au titre de la première section
- (contre 11 seulement en 1999) avec des subventions s'étageant de 178
685 francs pour la Dordogne libre à 1 157 559 francs pour la
Marseillaise. La dotation de 2000 s'élevait à 7,65 MF.
2. Les aides à la diffusion
Elles
ont été regroupées après divers changements de
nomenclature à l'article 10 chapitre 41-10 des crédits des
services généraux du Premier Ministre.
Les crédits de l'article doivent atteindre 33 M€, soit
216,24 MF. Le taux de croissance par rapport aux dotations 2001 atteint
+ 7,21 % ou + 9,38%, si l'on sort de la base de
référence les crédits de l'ancien article 41 relatif au
plan social de la presse parisienne, qui n'ont pas été reconduits
en 2002.
En tout état de cause, la croissance de ce poste tient, pour une grande
part, à la création d'une nouvelle aide à la distribution
de la presse quotidienne d'information, car si l'on ne tient pas compte de ce
nouveau poste, les crédits consacrés aux aides existantes
diminuent de 5 % ou 7 %, selon que l'on inclut, ou non, les
crédits affectés au plan social dans la base de calcul.
a) Le fonds d'aide à l'expansion de la presse française à l'étranger (art.10§3)
La
dotation budgétaire de ce poste pour 2001 a atteint 24 MF, soit
une augmentation de + 4,34 % par rapport à 2000. On note qu'en
dépit de cette augmentation, on reste encore loin des montants du
début des années 1990 et notamment de 1996, où les
crédits s'étaient montés à 37 MF.
La commission d'attribution a privilégié en 2001 les actions
menées par les éditeurs à titre individuel. En
conséquence, le nombre de bénéficiaires du Fonds est en
hausse sensible : 50 éditeurs ont ainsi été
aidés en 2001, contre 46 en 2000 et 40 en 1999.
Alors que les Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne ( NMPP) avaient
pâti de la baisse de la subvention globale depuis 1996, l'augmentation
des crédits en 2000 puis en 2001, a permis de stopper ce processus. En
2001, l'augmentation de l'aide accordée aux NMPP a été de
160 000 F. Leur subvention passe ainsi à 13,288 MF, soit
55,3 % des crédits du fonds. Elles utilisent essentiellement l'aide
pour abaisser le coût des transports aériens vers les pays les
moins riches, afin d'adapter le prix de vente au niveau de vie local. Par
ailleurs, Unipresse, qui véhicule principalement des titres de presse
spécialisée, a vu sa subvention passer de 4,06 MF en 1999
à 4,10 MF en 2000 et 4,37 MF en 2001, ce qui traduit un
rééquilibrage des aides entre les deux organismes.
Le projet de loi de finances pour 2002 prévoit une dotation en
légère augmentation à 3,7 M€ (24,3 MF).
En ce qui concerne la gestion de l'aide, il faut également souligner que
certaines zones à fort pouvoir d'achat, notamment l'Amérique du
Nord, ainsi que certains pays d'Asie et du Proche Orient, ont été
exclus du bénéfice de l'aide. Au total, en 2000, c'est l'Afrique
qui a reçu un peu plus de la moitié de l'aide au transport et le
Maghreb presque un quart, tandis que l'Amérique du Sud, la zone
Asie-Océanie et le Moyen Orient en représentaient environ
15 %.
b) L'aide au portage (art.10§5)
D'un montant total de 9,2 M€ soit 60,13 MF, cette aide reste une des priorités du Gouvernement. Elle est répartie en deux postes :
-
• Un fonds d'aide au portage qui existe depuis 1997. Doté de
15 MF à l'article 35, aujourd'hui transformé en paragraphe
§5 , ce fonds a bénéficié d'une augmentation
rapide de ses crédits ; ceux-ci sont passés de 45 MF
pour 1998, 49,5 MF pour 1999, 50,5 MF pour 2000 et 52,5 MF
pour 2001, à 53,13 MF dans le projet de loi de finances pour 2002,
soit 8,01 M€, ce qui fait apparaître un taux de croissance de
1,2 %. Elle est répartie, à hauteur de 25 %, au prorata
de la diffusion globale par portage - il s'agit de l'« aide au
stock » - et, à hauteur de 75 %, au prorata de sa
progression au cours des deux dernières années, ce qui est
considéré comme une aide au développement. Pour l'exercice
2001, 2 M€ (13,125 MF) ont été répartis au
titre de l'aide au stock
1(
*
)
. Pour
ce qui est de l'aide au développement, 6 M€ (39,375 MF)
ont été alloués en fonction des exemplaires
supplémentaires portés entre 1998 et 1999 d'une part, entre 1999
et 2000, d'autre part. Conformément au décret, 40 % de la
progression 1998-1999 et l'ensemble de la progression 1999-2000 ont
été prises en compte pour le calcul des aides
2(
*
)
. Au total ce sont 62 journaux qui
bénéficient du régime en 2000 : 8 quotidiens
nationaux ( 18%), 33 quotidiens régionaux (69%) et 21 quotidiens
départementaux ( 13%).
• un paragraphe §6 qui accueille les crédits anciennement inscrits à l'article 42, Remboursement des cotisations sociales de portage : cette aide, instituée en 1995, qui avait culminé à 8 MF en 1998 pour fléchir à 7,5 MF en 1999, n'est plus que de 7 MF dans le projet de budget pour 2002, soit 1,067 M€. Ces crédits visent à compenser intégralement le coût des charges sociales liées au portage des quotidiens nationaux. 10 quotidiens nationaux bénéficient du fonds : : La Croix, Les Échos, France Soir, L'Humanité, l'International Herald Tribune, Libération, Paris-Turf, La Tribune, Le Monde, Le Figaro, ces deux derniers titres absorbant, en 2000, près de 60% de l'ensemble de l'aide. Arrivé à son terme le 31 juillet 2001, le dispositif institué par le décret n° 96-678 du 30 juillet 1996, avait pour objectif de permettre à la presse quotidienne parisienne de combler son retard sur la presse quotidienne régionale, dont la diffusion par portage représente environ 34 % du total de ses ventes annuelles. Cet objectif a été atteint, la diffusion par portage des titres bénéficiaires de l'aide étant passée de 16,5 % en 1996 à près de 25 % de leur diffusion totale en 2000. Il n'est pas envisagé de reconduire les dispositions du décret. Les crédits inscrits pour 2002 permettront de rembourser les dernières sommes au titre des exercices antérieurs .
Créé à l'occasion de la loi de finances
pour
1996 et régi par le décret du 10 mai 1996, ce fonds, qui est
destiné aux hebdomadaires régionaux inscrits sur les registres
de la Commission Paritaire des Publications et Agences de Presse (CPPAP),
était doté de 8 MF en 1998, 8,4 MF en 1999, 8,7
MF en 2000 et 9,2 MF en 2001. Il voit sa dotation pour 2002 augmenter de
1,2 % pour être portée à 1,42 M€ soit
9,2 MF
3(
*
)
.
La dotation du fonds inscrite dans la loi de finances initiale pour 2001,
s'élève à 9,2 millions de francs. 190 publications ont
déposé une demande de subvention; parmi elles, 54 ont
également sollicité le bénéfice de la
deuxième section du fonds. 178 publications ont été
reconnues éligibles à la première section du fonds et 43
à la seconde. Les taux de subvention, appréciés en moyenne
hebdomadaire, s'élèvent respectivement à 7,89 francs pour
la première section, l'aide au numéro s'établissant
à environ 0,15 centimes, et à 9,37 francs pour la seconde,
l'aide au numéro s'établissant à environ 0,18 centimes.
Les crédits inscrits à ce titre dans le projet de loi de finances
pour 2002, atteignent 9,3 MF, soit 1,42 M€. On peut rappeler que le
montant de cette aide était de 5 MF en 1996.
d) Les allégements de charges de télécommunication (art.10§2)
Les
aides relatives aux « Communications téléphoniques des
correspondants de presse », constituent un poste sensible, qui par le
passé avait conduit les assemblées à .intervenir pour en
augmenter les crédits.
L'ancien article 21 devient le paragraphe §2 de l'article 10 du chapitre
41-10 « Aide à la transmission par fac-similé des
quotidiens ». Celui-ci est doté de près de 610 000
€, soit 4 MF, ce qui constitue une régression de 20%.
En fait, les montants inscrits tiennent compte de la consommation des
crédits effective, qui est de 2,86 MF en 2000. On est loin des
ordres de grandeurs des sommes inscrites pour l'aide aux
télécommunications, en début de législature. En
fait
cette sous-consommation s'expliquerait en ce qu'il s'agit de
remboursements sur factures
correspondant aux frais engagés par
certains journaux pour régionaliser l'impression de leurs titres.
e) Le remboursement à la SNCF des réductions de tarif accordées à la presse (art.10§1)
Le paragraphe §1 de l'article 10 du chapitre 41-10 reprend l'ancien article 11, « Réduction de tarif SNCF pour le transport de presse ». Il est doté de 13,7 M€, soit 90 MF contre 99,5 MF de crédits dans le projet de loi de finances pour 2001. On se situe ainsi en dessous des niveaux atteints ces dernières années : 101 MF en 2000, 102 MF en 1999 et 95 MF en 1998. La baisse est considérable par rapport aux crédits inscrits en 1996 et 1997, qui s'étaient élevés respectivement à 119 et 140,4 MF.
3. Les aides au développement du multimédia
L'article 30 nouvellement créé au chapitre 41-10,
accueille les crédits de l'ancien article 36 « Fonds presse et
multimédias ». Ce fonds, créé en 1997 et
géré par l'Institut pour le Financement du Cinéma et des
Industries Culturelles (IFCIC), a pour objet d'accorder aux entreprises de la
presse écrite une avance partiellement remboursable, à hauteur de
30 %, afin de permettre de développer des projets offrant au public
des accès aux contenus des journaux, magazines et revues sur les
nouveaux supports numériques.
Le Fonds, qui a vu sa dotation, longtemps maintenue en francs courants à
15 MF depuis sa création en 1998 en raison de la sous-consommation
des crédits constatée sur ce poste, n'est pas doté pour
2002. La raison alléguée est l'existence de ressources
disponibles par suite des remboursements des avances antérieurement
consenties.
4. Les abonnements à l'Agence France Presse
Le
chapitre 34-95, abonnements souscrits par les administrations au service
d'informations générales de l'AFP, des crédits des
services généraux du Premier Ministre, est doté pour 2002
de 95,9 M€ , soit 629 MF, contre 613 MF en 2001,
607,4 MF en 2000, 600,2 MF en 1999 et 588,7 millions en 1998).
Les dotations sont en croissance de + 2,61 % par rapport à la loi
de finances initiale pour 2001 mais seulement de + 1,5 % par rapport
au budget adopté en mars dernier par le conseil d'administrations avec
l'accord de la tutelle qui devrait faire régulariser les dotations en
loi de finances rectificative.
Ces perspectives budgétaires sont manifestement insuffisantes pour
donner à cet organisme les moyens de se réformer et, à
court terme, de faire face à l'accroissement de ses charges, notamment
par suite de la réduction du temps de travail et, surtout, à la
diminution probable de ses recettes par suite du ralentissement de la
croissance économique.
B. LE FONDS D'AIDE À LA MODERNISATION ET A LA DISTRIBUTION DE LA PRESSE
On peut
rappeler que c'est l'article 62 de la loi de finances pour 1998 qui a
institué un compte d'affectation spéciale n°902-32
intitulé : «Fonds de modernisation de la presse quotidienne et
assimilée d'information politique et générale »
et l'a alimenté par une taxe de 1 % sur certaines dépenses
de publicité « hors médias ».
Son rendement s'est tout d'abord révélé
décevant : 141,7 MF en 1998 157,2 MF en 1999,
162,8 MF en 2000. On était assez loin des espérances
exprimées lors du vote du dispositif, qui se situaient plutôt aux
alentours de 300 à 400 MF, au point que la ministre de la
culture et de la communication a pris l'initiative de demander au
secrétaire d'État au Budget de « veiller au meilleur
fonctionnement possible de la perception de la taxe afin d'assurer la
pérennité du Fonds de modernisation». En 2001, le produit
attendu de la taxe a été fixé à 24,39 M€
soit 160 MF, ce qui peut paraître optimiste étant
donné la conjoncture.
Au départ, le Fonds était destiné au financement de la
modernisation de la presse. Avec le présent projet de loi de finances,
son objet est étendu également à l'aide à la
distribution de la presse.
Son intitulé est d'ailleurs
modifié pour devenir : « Fonds d'aide à la
modernisation de la presse quotidienne et assimilée d'information
politique et générale, et à la distribution de la presse
quotidienne nationale d'information politique et
générale ».
Les actions initialement éligibles à l'aide du Fonds
4(
*
)
concernent tous les projets de
modernisation, qu'il s'agisse des rédactions, des imprimeries, des
services commerciaux ou des réseaux de distribution, à
l'exception des investissements de simple renouvellement.
La loi de finances répartit les recettes du fonds de modernisation entre
différents chapitres, notamment entre les subventions et les avances.
Des discordances entre cette répartition et les demandes effectives
d'aides sont apparues et ont conduit à opérer des ajustements
permettant de satisfaire l'exécution des dépenses
afférentes aux exercices 1998 à 2000.
La loi de finances pour 2001 a ainsi ventilé 24,39 M€
(160 MF) de ressources prévues en 17,07 M€ (112
MF) de subventions et 7,32 M€ (48 MF) d'avances.
[à actualiser]
|
RÉPARTITION PAR FAMILLE DE PRESSE POUR L'ANNEE 2000 |
TOTAL |
|||
|
|
28/01/2000 |
21/04/2000 |
22/06/2000 |
|
|
Presse Hebdomadaire Régionale |
9 941 637 |
5 911 194 |
3 270 110 |
19 122 941 |
|
Presse Quotidienne Départementale. |
1 892 134 |
2 537 965 |
4 134 707 |
8 564 806 |
|
Presse Quotidienne Nationale |
1 216 785 |
29 467 193 |
3 136 081 |
33 820 059 |
|
Presse Quotidienne Régionale |
37 825 871 |
24 698 422 |
28 775 650 |
91 299 943 |
|
Agences |
1 137 900 |
452 660 |
186 065 |
1 776 625 |
|
TOTAL |
52 014 327 |
63 067 434 |
39 502 613 |
154 584 374 |
C. BILAN DES AIDES INDIRECTES A LA PRESSE
Les aides indirectes peuvent être évaluées à plus de 7 milliards de francs en 2001, et sont à la charge de deux entreprises publiques (La Poste et la SNCF), à hauteur des deux tiers, des collectivités locales en raison de l'exonération de la taxe professionnelle, de l'État, également, du fait d'une fiscalité adaptée à la presse.
-
1998
1999
2000
2001
I- Dépense fiscale de l'État en faveur de la presse
1- Taux super réduit de TVA (1)
(art. 298 septies du CGI)1200(2)
1200(2)
1200(2)
1300(2)
2- Régime spécial de provisions pour investissement
(art. 39 bis du CGI)150(2)
55(2)
50(2)
30(2)
II- Dépense fiscale des collectivités locales
exonération de taxe professionnelle (article 1458 du CGI)1 235 (2)
1 206(2)
1 207 (2)
1182,7(2)
III- Aides indirectes des entreprises publiques
1- Coût du transport postal supporté par La Poste
3350(2)
3252(2)
3104(2)
2850(2)
2- Contribution de l'État au service obligatoire de transport de presse par la poste
1850
1850
1900
1900
TOTAL
7785(2)
7563(2)
7461(2)
7262,7(2)
(1) Dépense fiscale calculée par rapport au taux réduit de TVA de 5,5 %.
(2) Estimations