I. UN BUDGET 2002 DE CONTINUITÉ, APRÈS UN BUDGET 2001 DE RENOUVEAU

Dans le cadre d'un programme pluriannuel de revalorisation de ses moyens, engagé en 1999, le Conseil économique et social avait bénéficié l'an dernier d'une très forte progression de son budget (+ 8,2%), qui lui a donné un nouvel élan en permettant la création d'un service International, d'un service de la Communication et la mise en place d'un réseau informatique.

Les crédits demandés, en augmentation naturellement plus modeste (+ 1,6 %), s'élèvent à 31,8 millions d'euros (208, millions de francs).

A. LES INDEMNITÉS DES MEMBRES DU CONSEIL ET DES SECTIONS

1. Evolution d'ensemble

Le chapitre 31-01 , qui comprend les indemnités versées aux 303 membres du Conseil et de sections (231 conseillers et 72 membres de section) augmente de 2 % pour atteindre 19,9 millions d'euros (130,5 millions de francs). Cette augmentation est liée à l'évolution du point fonction publique.

2. La Caisse des pensions des anciens membres du CES

Cette caisse perçoit les cotisations des membres, les revenus d'un portefeuille géré par la Caisse des dépôts et consignations, et une contribution inscrite au budget du CES, dans le présent chapitre. Cette contribution comprend une « part patronale » égale au double des cotisations versées par les membres et une subvention d'équilibre.

Le régime de retraite des membres du CES est basé sur la répartition. Seuls les membres du Conseil, au nombre de 231, acquièrent des droits. Les membres de section (72 personnes) n'en bénéficient pas. Les pensions ne sont versées qu'à partir de l'âge de 55 ans et leur montant varie en fonction du nombre de mandats effectués.

En 2000, l'effet en année pleine du renouvellement de 1999 avait entraîné une augmentation de 10 % des dépenses de la caisse de retraite, qui se sont élevées à 8,32 millions d'euros (54,589 millions de francs).

Pour 2001, le coût des pensions est estimé 8,54 millions d'euros (56 millions de francs), en augmentation de 2,6 %.

Au 1 er juillet 2001, la Caisse servait 712 pensions (499 pensions viagères normales, 202 pensions de réversion et 11 pensions d'orphelins). Le montant moyen de la pension viagère normale s'élevait à 1075,53 euros (7.055 francs).

En 2002, le coût des pensions devrait atteindre 8,69 millions d'euros (57 millions de francs).

3. L'observation de la Cour des comptes

Dans son rapport de juin 2001 sur l'exécution des lois de finances pour l'année 2000, la Cour des comptes, regrettait que le chapitre 31-01 , qui représente plus de 60 % des crédits du Conseil, ne comporte aucun détail . Elle préconisait un ajustement de la nomenclature des crédits et des dépenses, notamment pour améliorer l'information du Parlement.

Votre rapporteur, qui a fait une demande en ce sens, a reçu la réponse suivante : « Le Conseil économique et social, depuis sa création en 1947, a toujours bénéficié de dispositions spécifiques le distinguant sur le plan budgétaire et comptable du reste de l'administration. Cette spécificité a été maintenue après l'ordonnance de 1958. Elle est la reconnaissance du degré d'indépendance dont doit disposer cette institution qui fonctionne comme une Assemblée. »

Votre rapporteur note cependant que le Conseil économique et social ne peut être tout à fait assimilé à une assemblée élue au suffrage universel .

B. DÉPENSES DE PERSONNEL

Les dépenses de personnel avaient enregistré pour 2001 une augmentation de 7 % destinée notamment à financer 5 nouveaux postes d'encadrement.

Pour 2002, elles atteignent un montant de 8,084 millions d'euros (53 millions de francs), marquant ainsi une hausse plus modeste : 2,8 %. Cette augmentation correspond à l'augmentation des rémunérations de la fonction publique.

Après les créations de poste de 2001, les effectifs sont stables en 2002.


1997

1998

1999

2000

2001

2002

(01/07)

(01/07)

(01/07)

(01/07)

(01/07)

(01/07)

PERSONNEL TITULAIRE

 
 
 
 

- catégorie A

32

32

32

32

35

35

- catégorie B

16

16

18

18

18

18

- catégorie C

98

98

96

96

96

96

 

TOTAL PERSONNEL TITULAIRE

146

146

146

146

149

149

 

PERSONNEL NON TITULAIRE

20

20

20

20

22

22

TOTAL GÉNÉRAL

166

166

166

166

171

171

Il convient de préciser que le Conseil économique et social fait appel à des fonctionnaires détachés.

Au 1 er juillet 2000, 10 des 32 postes d'agents titulaires de catégorie A étaient occupés par des fonctionnaires en position de détachement.

Au 1 er juillet 2001, la proportion passe à 12 sur 35 (5 du ministère de l'économie, des finances et de l'industrie, 4 du ministère de l'emploi et de la solidarité, 1 du ministère de l'intérieur, 1 du ministère de l'agriculture et de la pêche, 1 du ministère de l'éducation nationale).

C. DÉPENSES DE MATÉRIEL

Le chapitre 34-01 « Dépenses de matériel » regroupe tous les crédits nécessaires au fonctionnement courant du Conseil.

Il a, pour 2001, fait l'objet d'une augmentation tout à fait inhabituelle (près de 78 %), pour les besoins de la nouvelle organisation décidée par le président et le bureau : installation de nouvelles structures, équipements informatiques et mise en place d'un réseau intranet.

Les modifications ont essentiellement porté sur l'automatisation et la rationalisation des systèmes d'information, le perfectionnement du site internet. De nombreuses bases, qui font l'objet de mises à jour régulières, sont désormais accessibles (base calendrier, base président, base rapports, etc.)

En matière comptable, les progiciels de comptabilité budgétaire, de comptabilité générale et de paye mis en service en 2000 ont été, en 2001, installés dans leur version « euro ».

Enfin, l'informatique documentaire fait également l'objet de développements.

Pour 2002 , qui verra la poursuite de ces efforts de modernisation, les besoins sont encore nombreux et les crédits de ce chapitre ne diminuent que de 3,8 %.

Les dépenses concerneront essentiellement la poursuite de la modernisation du système informatique et les premières phases du développement d'un intranet pour l'élaboration des rapports, la gestion des bases de données documentaires et l'archivage électronique.

D. ÉQUIPEMENT ADMINISTRATIF

Les crédits inscrits à ce chapitre financent les opérations de gros entretien et de rénovation du Palais d'Iéna, classé monument historique.

Les travaux visent à améliorer les conditions de sécurité et l'aspect qualitatif des espaces de réunion et d'accueil.

En 2001, ils ont notamment permis la création de salles de réunion et de bureaux, ainsi que la rénovation de l'éclairage de la salle des séances.

Après une augmentation de 35 % en dernière loi de finances, le montant estimé pour 2002 est quasiment stable par rapport à 2001 (824 000 euros ou 5,4 millions de francs), pour des travaux s'inscrivant dans la continuité des opérations précédentes de rénovation et d'entretien des locaux du Palais d'Iéna et qui permettront notamment la climatisation de la salle des séances. Des locaux plus surs et mieux adaptés aux besoins, tel est donc encore le but qui sera poursuivi en 2002.

Mais l'extension du Palais d'Iéna en 1995 a entraîné des litiges, qui à ce jour, ne sont pas tous réglés. Notamment, une étanchéité défectueuse de la façade de la nouvelle aile du Palais pourrait conduire le CES à engager une procédure juridictionnelle, conjointement avec le ministère de l'Economie, des finances et de l'industrie, maître d'ouvrage à l'époque.

Par ailleurs, des brise-soleil ont posé de graves problèmes de sécurité, l'un d'eux ayant implosé. Le coût des travaux de remise en état, lesquels devraient être achevés au printemps prochain, n'aura pas d'impact sur le budget du CES.