II. LA POURSUITE DES RÉFORMES ENGAGÉES

Au cours de la période 2000-2001 a été mise en place, par le président et le bureau, une nouvelle politique, de modernisation et d'ouverture sur l'extérieur de l'institution, que le Parlement avait avalisée en votant, pour l'année 2001, des crédits en augmentation de plus de 8 %.

L'année 2002 verra la poursuite de la politique engagée, qui vise à donner au Conseil économique et social un rôle accru.

A. LES TRAVAUX DU CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL

1. Mesure de l'activité du Conseil, saisines gouvernementales

En 1999, le CES a adopté 19 avis et 2 études et en 2000, 18 avis et 1 étude, dont chaque fois 4 sur demande du Gouvernement.

Pour 2001, l'activité est plus soutenue puisqu'au 1er juillet 2001, 15 avis ou études, donc 5 sur saisine gouvernementale, ont été adoptés.

Sur les 7 premiers mois de 2001, le gouvernement avait sollicité l'avis du Conseil sur les thèmes suivants : les archives orales, l'avenir des chambres de commerce et d'industrie, le harcèlement moral au travail, les personnes âgées dans la société, le médiation et la conciliation de proximité.

Alors qu'au cours de la mandature 1989-1994, le Conseil avait été saisi 35 fois par le gouvernement, au cours de la mandature 1994-1999, il ne l'a été que 18 fois. Il est toutefois permis d'espérer que ce nombre sera dépassé pour la mandature 1999-2004.

Le nombre des saisines gouvernementales, mais aussi l'importance des sujets traités, sont de bons indicateurs de l'intérêt que portent les pouvoirs publics à l'opinion du CES. A cet égard, votre rapporteur regrette que le gouvernement ne consulte pas assez le Conseil en amont du processus législatif et n'ait pas sollicité son avis sur des thèmes aussi essentiels que la modernisation sociale, la réduction du temps de travail, l'épargne salariale, la lutte contre les exclusions, la couverture maladie universelle ou la loi d'orientation pour l'outre-mer.

Enfin, ce n'est que si le gouvernement intègre dans sa réflexion les travaux du CES que l'on peut dire de ce dernier qu'il est réellement écouté. Ce fut en partie le cas, en 2000 et 2001, des travaux suivants : « l'euro et le citoyen », « Famille et insertion économique et sociale des adultes de 18 à 25 ans », « La décentralisation et le citoyen », « Endettement et surendettement des ménages », « Harcèlement moral au travail ».

2. La recherche d'une plus grande efficacité

Les travaux du Conseil, qui, si le sujet le nécessite, peuvent être communs à plusieurs sections, découlent d'orientations prioritaires du Bureau. Ils prennent mieux en compte les évolutions fondamentales de notre société telles que le cheminement vers l'égalité entre les femmes et les hommes, la construction européenne.

Moins consensuels qu'auparavant, ils se veulent plus incisifs, alimentant ainsi le débat au sein de l'institution , voire, dans certains cas, les controverses dont la presse a pu se faire l'écho.

A l'instar du rapport de M. René Teulade, sur l'avenir du système des retraites qui n'avait pas manqué de susciter des réactions en janvier 2000, celui de M. Gérard Alezard, en décembre 2000, sur les perspectives de la France, ainsi que celui de M. Dominique Taddei sur la conjoncture économique, ont alimenté des réflexions plus approfondies, permettant aux différentes catégories socioprofessionnelles représentées d'exprimer plus nettement leur opinion.

Enfin, le Bureau du Conseil a décidé d'examiner les suites réservées à certains de ses avis (évolution de la situation, mesures prises) et, selon les cas, de renouveler ou d'aménager ses recommandations.

B. UNE COMMUNICATION PLUS OFFENSIVE, PIVOT D'UNE POLITIQUE D'OUVERTURE

La stratégie de communication du président et du Bureau a pour but de mieux faire connaître l'institution et ses travaux et d'affirmer l'identité de celle-ci.

Les crédits votés l'an dernier ont permis de doter le CES de moyens humains et matériels dédiés à la communication, avec la création, en janvier 2001, d'un service de la communication et de la presse auquel 2 emplois nouveaux avaient été octroyés.

1. La diffusion classique des documents imprimés

La direction des Journaux officiels, avec laquelle le CES a signé une convention en 1997, assure la diffusion la plus large possible des avis et rapports du Conseil. Chaque rapport est diffusé à 5000 exemplaires, et davantage en cas de besoin. Le nombre d'exemplaires vendus au public varie en fonction du thème traité. Toutefois le tirage « papier » n'est pas le seul indicateur de l'ampleur de la diffusion de ces documents puisque ceux-ci sont également disponibles sur le site internet du Conseil.

Le « Bulletin d'Iéna » (1 feuille recto-verso) annonce toutes les manifestations impliquant le CES. Il est diffusé à près de 500 exemplaires.

Les « Notes d'Iéna » (4 pages) ont pour principal objet de présenter les avis du CES. Leur tirage varie de 500 à 1000 exemplaires selon les thèmes et les publics concernés.

Ces tirages peuvent paraître modestes mais ces documents sont téléchargeables sur le site du Conseil.

2. L'intensification des relations avec la presse

Le service de la communication et de la presse développe diverses actions pour améliorer ses contacts avec la presse en amont du vote et de la publication de ses rapports et avis, auxquels il cherche à donner un plus large écho.

Afin d'assurer la promotion des travaux du Conseil, il organise régulièrement et le plus souvent possible des conférences de presse, des relations presse au bénéfice des rapporteurs, publie de nombreux communiqués de presse et résumés.

Par ailleurs, chaque mois, les « Cercles d'Iéna » expérimentés en 2001, réunissent un panel de journalistes pour un débat sur un sujet traité par le Conseil.

Enfin, une rubrique « spécial presse » a été créée sur le site internet du Conseil.

3. Le développement d'opérations de relations publiques

Une nouvelle initiative verra le jour en 2002 avec le lancement d'une lettre d'actualité (mensuelle ou bi-mensuelle) sur papier et sur le site internet du Conseil.

Par ailleurs, le Conseil accueille et organise de grands débats ou manifestations publics afin de communiquer sur les suites de ses travaux ou les grands problèmes de société. Ainsi, les « forums d'Iéna » qui ont lieu 5 fois par an, réunissent 400 à 500 participants.

Tout au long du second semestre 2001, le CES s'investit beaucoup dans la célébration du centenaire de la loi de juillet 1901 sur la liberté d'association, en organisant des colloques dont le premier, en juin, a rassemblé près de 700 personnes.

4. Un site internet plus complet et plus attractif

Le CES a ouvert son site Internet ( www.ces.fr) en juin 1999.

Avec plus de 400 000 connexions par mois en moyenne en 2001, la fréquentation du site a augmenté de 76 % par rapport à 2000. Dans le même temps, le nombre moyen mensuel de visiteurs est passé de 2800 à 4500.

Le téléchargement des rapports et avis, la diffusion du dossier de presse avant les assemblées plénières notamment renforcent l'attractivité du site.

Divers moyens concourent à attirer les internautes : développement du fichier des destinataires d'information, mise en place en janvier 2001 d'un service d'abonnement, amélioration du ciblage des publics, et prochainement, possibilité d'interaction et de dialogue.

Le site, qui fait l'objet de mises à jour fréquentes, regroupe trois rubriques qui donnent une vision complète de l'institution  : « Tout savoir sur le CES », « Travaux et publications » et « Actualité ».

5. Mais le renoncement à la chaîne parlementaire

Pour toucher un public plus large, le Conseil économique et social avait songé à participer à la chaîne parlementaire. Il y a renoncé, ses moyens budgétaires ne lui permettant pas d'en supporter le coût.

C. DES RELATIONS INTERNATIONALES PLUS POUSSÉES

Le président Jacques Dermagne poursuit en l'intensifiant la politique engagée par son prédécesseur, Jean Mattéoli, d'ouverture à l'international. Le service des relations internationales, récemment créé et qui a bénéficié l'an dernier de 3 emplois budgétaires, sert ces objectifs ambitieux.

1. Développer l'existence de Conseils économiques et sociaux ou d'institutions similaires dans d'autres parties du monde

Le CES français aide à la création de CES étrangers et accueille régulièrement ses homologues étrangers.

De nouveaux CES se créent partout dans le monde et le service des relations internationales est très sollicité pour organiser des formations pour les cadres de ces jeunes CES, notamment africains.

En dix ans, le nombre de CES ou d'institutions similaires est passé de 12 à 60.

2. Participer activement au développement de l'Association internationale des conseils économiques et sociaux et institutions similaires (AICESIS)

L'association internationale des conseils économiques et sociaux ou institutions similaires (AICESIS) est une organisation internationale à personnalité juridique propre, créée en juillet 1999.

Le CES français, qui en a rédigé les statuts, assure le secrétariat exécutif de cette association. Le président de l'AICESIS est M. Wijffels, président du CES néerlandais.

L'AICESIS a pour but d'aider et de renforcer la représentation de la société civile dans le monde entier. Pour ce faire, elle oeuvre à l'émergence de nouvelle assemblées consultatives et coordonne les conseils existants. Afin de mieux faire entendre cette société civile auprès des organisations internationales, elle entretient des relations avec l'Organisation internationale du travail, l'organisation mondiale du commerce et l'ECOSOC des Nations-Unies. Par ailleurs, l'AICESIS a récemment obtenu un siège à l'ONU.

Le CES s'est beaucoup mobilisé pour la préparation de la VII ème rencontre internationale de La Haye, en juillet 2001, avec pour thème « la maîtrise de la globalisation, une nécessité pour les faibles ». 37 institutions ont participé. Par de telles actions, l'AICESIS veut apporter des réponses aux légitimes inquiétudes que suscite la mondialisation.

Sur un plan plus pratique, l'Association prépare une mise en réseau sur internet de toutes les assemblées.

3. Des priorités ont été dégagées

En assemblée plénière, le 28 février 2001, le CES a arrêté les principales orientations de sa politique internationale.

- L'Europe : la délégation pour l'Union européenne récemment créée travaille au renforcement de la coopération du Conseil avec le Conseil économique et social européen. Elle analyse et traite les affaires européennes en s'appuyant notamment sur un fonctionnaire détaché auprès du CES européen. Elle prépare actuellement la contribution du Conseil au débat sur l'avenir de l'Union européenne dans la perspective d'une réforme des institutions à horizon 2004.

- Les relations euro-méditerranéennes : le Conseil, notamment dans le cadre de sommets euro-méditerranéens depuis 1995, veut participer activement à la constitution, à horizon 2010, d'une zone de paix, de sécurité et de libre-échange dans les pays du pourtour méditerranéen. Cependant, le Sommet 2001, qui devait se tenir à Alger, a été reporté en 2002, en raison de difficultés organisationnelles rencontrées par les autorités algériennes.

- L'Afrique et les pays francophones : pour des raisons historiques, et depuis longtemps, le CES entretient des relations étroites et continues avec les CES des pays africains francophones. C'est notamment le cas, en 2001, avec le Mali et l'Algérie.

- Les démocraties émergentes : le CES a participé à l'organisation d'un colloque à Varsovie sur le thème « du dialogue social au dialogue civique ». Par ailleurs, une attention particulière est portée à création d'un CES au Liban et aux liens avec le Mexique et le Nicaragua qui attachent un intérêt particulier au modèle français de conseil.

- La Chine : les liens permanents que le Conseil entretient avec ce pays datent de 1994, lorsque M. Jean Mattéoli, alors président, s'y était rendu à l'invitation du président de l'assemblée consultative de Chine. Sept années d'échanges approfondis, dans le cadre de groupes de travail, ont conduit à certaines réformes et à la création en juillet 2001 d'un véritable CES chinois.

D. DES LIENS RENFORCÉS AVEC LES CONSEILS ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX RÉGIONAUX (CESR)

Le président Jacques Dermagne a voulu un resserrement des liens, une plus large coopération entre les CESR et le CES.

Il marque lui-même sa volonté de rapprochement en participant régulièrement aux assemblées annuelles des CESR et a nommé à son cabinet un conseiller chargé des relations territoriales.

Le Conseil associe les CESR à ses travaux sur tous sujets nécessitant un éclairage territorial : leurs présidents sont auditionnés dans le cadre de la préparation des rapports et avis. Ce fut par exemple le cas de l'étude consacrée à l'Erika.

Les nouvelles technologies facilitent ce rapprochement : un réseau internet s'est mis en place ; il est destiné à l'ensemble des conseils, y compris le Comité économique et social européen.

Enfin, le CES met à disposition des moyens et des locaux pour les réunions mensuelles de l'association des CESR de France.