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8 juillet 1998 : De la connaissance des gènes à leur utilisation - L'utilisation des organismes génétiquement modifiés dans l'agriculture et dans l'alimentation (conclusions du rapporteur) ( rapport de l'opecst )

 

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D - Le problème de la situation des pays en voie de développement

Dans le tableau du développement des cultures transgéniques dans le monde on voit qu'un certain nombre de pays dits " émergents ", comme la République populaire de Chine, le Mexique ou l'Argentine commencent à apparaître comme importants ou même très importants.

Concernant les pays les plus pauvres du monde, on peut dire, très rapidement, que le discours est considérablement plus important que les réalisations concrètes, même si celles-ci ne sont pas inexistantes.

Les problèmes des pays les moins avancés de la planète sont assez souvent mis en avant par le discours résolument favorables aux plantes génétiquement modifiées.

En effet on présente ces dernieres comme la future panacée qui permettra d'apporter une solution présentée comme définitive au problème de la faim dans le monde. Certains éléments de ce discours me semblent devoir être pris en grande considération tel, par exemple, celui insistant sur le problème de la raréfaction des surfaces arables et de la déforestation dans ces pays, deux phénomènes tout à fait inquiétants pour ses conséquences au niveau mondial.

Mais il y a un contraste assez saisissant entre ce discours et la pauvreté des réalisations concrètes en faveur de ces pays. En effet, jusqu'à présent les variétés végétales transformées génétiquement sont, très majoritairement, des variétés de pays industrialisés pour répondre à des problèmes spécifiques de ces derniers. En effet on ne m'a cité aucune recherche sur les modifications permettant à des plantes de mieux résister à la sécheresse ou à la salinité.

Des actions existent néanmoins. Il faut tout d'abord saluer l'action menée par l'O.R.S.T.O.M. en France, à Montpellier, et au sein du laboratoire mixte de l'I.L.T.A.B. établi en Californie. Ainsi M. Claude Fauquet, directeur de recherches à l'O.R.S.T.O.M. et codirecteur de l'I.L.T.A.B., m'a-t-il fait part des travaux réalisés sur le manioc, en tenant compte du fait que 600 millions de personnes consomment cette plante dans le monde.

Les grandes firmes internationales du secteur font également quelques efforts même s'il convient de rester vigilant sur leurs discours en la matière. Ainsi Novartis a-t-il mis à la disposition du Centre international du maïs et du blé (C.I.M.M.Y.T.) une souche de maïs transgénique autorésistant à la fusariose. Monsanto a de son côté effectué un transfert de technologie concernant un riz modifié au profit de l'Institut international de recherche sur le riz (I.R.R.I.). Cependant malgré ces quelques actions, M. Ismaël Serageldin, vice-président de la Banque mondiale que j'ai rencontré lors de ma mission aux Etats-Unis, a déploré la grande insuffisance des transferts de technologie dans ce domaine entre les pays industrialisés et les pays les plus pauvres de la planète.

Concernant ces pays, il sera aussi nécessaire de réfléchir à certaines finalités de la réalisation de plantes transgéniques dans les pays industrialisés dans la mesure où un certain nombre de constructions aboutiront à des substituts de produits actuellement importés des pays pauvres. On peut penser comme exemple aux recherches menées pour faire produire des acides gras saturés à chaîne courte ou moyenne à des colzas poussant dans les pays du nord pour en substituer les huiles à celles importées actuellement des pays tropicaux.

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