2. Des projections qui pourraient être complétées

Les études sont réalisées par le seul ministère chargé des transports . Les comptes des transports sont en effet réalisés par le service d'études et de statistiques (SES) du ministère de l'équipement, des transports et du logement.

La direction de la prévision fait par exemple des calculs d'élasticité pour le ferroviaire mais reconnaît qu'ils sont " peu utilisés ".Pour la route, elle est rarement amenée à utiliser des élasticités qui lui sont propres et elle s'appuie sur les élasticités du ministère des transports. Elle utilise les scénarios du ministère des transports pour les schémas de service et ne fait une contre-expertise réelle qu'au niveau micro économique, c'est-à-dire projet par projet. Par ailleurs, il n'y a aucune concurrence d'instituts indépendants.

Il y a donc un monopole de fait du ministère de l'équipement, des transports et du logement, partie prenante pour la réalisation d'infrastructures, sur l'évaluation des perspectives du secteur des transports.

Par ailleurs, on notera que toutes les études du ministère de l'équipement, des transports et du logement mesurent l'évolution des trafics de marchandises, en tonne/km et des trafics de voyageurs en passagers/km, alors qu'il conviendrait de se référer à une mesure de l'activité des différents modes de transport en valeur, c'est-à-dire en francs. Mais les économistes et statisticiens de disposent pas de données sérieuses sur l'évolution des transports en valeur.

3. Un élément de comparaison : les projections du gouvernement allemand

Le plan des infrastructures fédérales de transport 1992 (Bundesverkehrwegeplan ;BVWP 92) prévoyait les estimations de trafic suivantes à l'horizon 2010 6 ( * ) :

1988

1991

2010

Transport de voyageurs

(Mrds de personnes-kilomètres)

%

%

%

Moyens privés

647

80

703

83

838

78

Chemin de fer

62

8

53

6

88

8

Avion

14

2

16

2

34

3

Transports publics par route

87

10

78

9

110

10

Transport de marchandises (Mrds de Tonnes-kilomètres)

%

%

%

Transports routiers longue distance

122

39

163

52

238

43

Chemin de fer

125

40

86

28

194

36

Voies navigables

63

21

63

20

116

21

Source : BVWP 92

Les estimations de trafic pour 2010 traduisent, de même qu'en France, la volonté du gouvernement fédéral d'augmenter la part pour le transport de marchandises des modes les plus respectueux de l'environnement. Ainsi, la part du rail passerait de 28 % en 1991 à 36 % en 2010 au détriment de la route passant de 52 % à 43 %, les voies navigables ne gagnant qu'un point de part de marché avec 21 % en 2010. L'objectif principal assigné à la réforme des chemins de fer allemands est de gagner des parts de marché sur la route pour le transport de marchandises longue distance.

L' évolution à long terme des parts de marché respectives des différents modes de transport s'est en effet traduite en Allemagne comme dans les autres pays par un recul relatif du chemin de fer par rapport à la route :

1950

1997

Transport de marchandises

Mrd

Tonnes-km

%

Mrd

Tonnes-km

%

Transports routiers longue distance

7,1

11,2

211,5

61,4

Chemin de fer

39,4

62,4

70,1

20,4

Voies navigables

16,7

26,4

62,6

18,2

TOTAL

63,2

344

Source : Institut de recherche économique Ifo-Munich.

L'évolution de la répartition du trafic au cours des trois dernières années montre que cette tendance se poursuit ce qui a amené le ministère à revoir ses prévisions :

1995

1996

1997

Transport de marchandises

Mrd

tonne-km

%

Mrd

tonne-km

%

Mrd

tonne-km

%

Transports routiers longue distance

200,3

60

203,8

61,3

211,5

61,4

Chemin de fer

69,9

21

68,2

20,5

70,1

20,4

Voies navigables

64

19

60,7

18,2

62,6

18,2

TOTAL

334,2

332,7

344

Source: Rapport du Ministère fédéral des transports sur les routes 1997.

Les prévisions actuelles à l'horizon 2010 supposent toujours un renversement de tendance mais beaucoup moins important que lors de la rédaction du BVWP 92 . Il s'agit aujourd'hui de viser une part de marché de 60,8 % pour la route, 21,1 % pour le chemin de fer et 18,1 % pour les voies navigables. D'ici 2010 la circulation de marchandises en Allemagne devrait donc augmenter de 80 % et le transport de personnes connaître une hausse de 32 %. La part du trafic de transit en Allemagne pour les marchandises devrait quant à elle doubler et celle concernant les personnes tripler.

* 6 L'ensemble des informations de ce chapitre proviennent de l'Ambassade de France en Allemagne -service de l'expansion économique--Poste de Berlin

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