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La bataille des centres de décision : promouvoir la souveraineté économique de la France à l'heure de la mondialisation (rapport)

 

2. L'apparition de nouveaux pôles de décision : l'émergence du groupe des « BRIC »

L'ascension des nouvelles puissances économiques que sont le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine, parfois regroupés sous le terme générique de « BRIC », se traduit déjà dans le classement des pays d'accueil des principaux centres de décision économique mondiaux.

En outre, la rapidité de leur croissance se retrouve dans la progression de ces pays entre les deux classements retracés par l'étude dont dispose la mission commune d'information, c'est-à-dire entre 2004 et 2006.

En effet, il apparaît que :

- Hong Kong, 17e place en 2004 avec 24 entreprises, passe à la 12e place en 2006 avec 36 entreprises ;

- la Chine a également placé 3 entreprises supplémentaires dans le classement, mais reste stable dans le classement ;

- l'Inde accueille entreprises de plus en 2006 qu'en 2004 et gagne une place au classement ;

- enfin, le Brésil est passé de la 23place en 2004 avec 15 entreprises à la 18e place en 2006 avec 19 entreprises.

Evolution des 25 principaux pays d'accueil de centres de décision économique

entre 2004 et 2006

Source : Ernst & Young

Ce classement montre, d'autre part, une baisse du nombre d'entreprises du classement « Forbes 2.000 » dont le siège est situé aux Etats-Unis (- 7 %), au Royaume-Uni (- 11 %) et en Allemagne (- 11 %).

En revanche, le Japon progresse légèrement (+ 1 %), de même que la France (+ 5 %). Dans ce dernier cas, la hausse est due à la fois à l'apparition de nouvelles entreprises (Vallourec, Eramet, Wendel investissement, Eurazeo...) et à l'introduction en Bourse d'EDF et de Gaz de France.

3. L'Ile de France, deuxième pôle mondial en termes de puissance économique

a) La suprématie francilienne

Avant d'étudier plus en détail la situation de Paris et de l'Ile-de-France, il est frappant de constater que les autres régions n'abritent aucun centre de décision économique principal des sociétés présentes dans le classement « Forbes 2.000 », à la seule exception de Clermont-Ferrand, où se trouve le siège de Michelin.

La situation a même « empiré » depuis 2004, puisque, à cette date, Schiltigheim, où se trouvait alors le quartier général d'Aventis (entreprise intégrée depuis au sein de Sanofi-Aventis, dont le siège est parisien), figurait dans ce classement.

Ce cas, il est vrai très particulier, est l'occasion d'évoquer la tendance perçue lors du déplacement en Alsace effectué par le rapporteur de la mission de voir se concentrer, sous l'effet de la globalisation, en Ile-de-France certaines activités constitutives des centres de décision : vu de l'étranger, en cas de rachat ou de prise de contrôle, il est plus commode de localiser le centre de décision secondaire à Paris ou dans ses environs...

Cette extrême concentration des centres de décision au niveau national, comparable à celle du Royaume-Uni, se différencie nettement de celle de pays tels que le Japon, dont la superficie est la moitié de celle de la France) ainsi que les Etats-Unis ou l'Allemagne, ces deux derniers étant, il convient de le rappeler, des Etats fédéraux.