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Diversité sociale dans les classes préparatoires aux grandes écoles : mettre fin à une forme de « délit d'initié »

 

2. Les classes préparatoires : un cas symptomatique de reproduction sociale de l'élite scolaire ?

a) Une surreprésentation d'élèves issus de milieux « favorisés »
(1) Un constat général

La répartition des étudiants de classes préparatoires selon leur origine sociale révèle une certaine constance depuis dix ans.

En 2005-2006, près de 54 % des étudiants des CPGE sont issus d'un milieu favorisé, 30 % d'un milieu intermédiaire et 13 % d'un milieu défavorisé26(*).

Cette répartition se retrouve de façon similaire dans chacune des filières scientifique, économique ou littéraire.

Toutefois, dans les lycées privés sous contrat, on relève une proportion plus importante d'étudiants issus de milieux favorisés dans les classes économiques et commerciales (65 %, contre 22 % pour les milieux intermédiaires et 7 à 8 % pour les milieux défavorisés), de même qu'en deuxième année des classes littéraires.

ORIGINE SOCIALE DES ÉTUDIANTS EN CPGE EN 2005 (1ère et 2e année)

Source : Ministère de l'éducation nationale.

Cette « surreprésentation » des étudiants d'origine sociale favorisée ne se retrouve pas de façon si prononcée dans les autres filières de l'enseignement supérieur, où la part des étudiants issus de milieux favorisés est en moyenne de 30 %.

Dans les sections de techniciens supérieurs (STS), qui recrutent davantage de lycéens issus des filières technologiques ou professionnelles, la proportion d'étudiants favorisés n'est que de 16 %, tandis que 39 % sont issus de milieux intermédiaires et 39 % de milieux défavorisés.

Source : Ministère de l'éducation nationale.

A l'inverse, la part d'étudiants boursiers dans les classes préparatoires est globalement plus faible que dans l'ensemble de l'enseignement supérieur.

Même si le nombre de boursiers en CPGE a progressé de plus de 40 % en dix ans, c'est-à-dire de façon plus forte que dans les autres formations, leur part reste encore la plus faible, s'établissant en 2005 à près de 10 points inférieure à celle constatée, en moyenne, dans l'ensemble des filières de l'enseignement supérieur, comme le montre le tableau suivant.

ÉVOLUTION DE LA PROPORTION DE BOURSIERS
DANS L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
(en  %)

 

1995-1996

2000-2001

2002-2003

2004-2005

2005-2006

CPGE*

13,5

17,1

18,9

18,8

19,0

Universités

21,2

26,6

27,6

28,2

28,8

Dont IUT

-

34,0

36,9

38,3

35,6

STS

39,4

42,4

44,2

43,1

42,8

Reste de l'enseignement supérieur

23,8

24,9

24,4

24,7

23,5

Total enseignement supérieur

23,1

28,0

29,0

29,3

29,5

* Sont pris en compte les étudiants des CPGE publiques et privées sous contrat relevant du ministère de l'éducation nationale.

Source : Ministère de l'éducation nationale.

Reste à souligner qu'en 2006-2007, la proportion de boursiers en classes préparatoires est passée à 22,1 %, soit une hausse de trois points en un an.

Selon les données transmises à votre mission par les rectorats, ces tendances générales se retrouvent sur l'ensemble du territoire. Dans l'académie d'Orléans-Tours par exemple, la part d'étudiants en classes préparatoires issus des milieux les plus favorisés est passée de 47,4 % en 1997 à 54,5 % en 2006, tandis que la part de ceux issus de catégories sociales moyennes ou défavorisées a diminué, dans le même temps, de deux points.

Cependant, on relève certaines disparités, qui correspondent, en partie seulement, à la sociologie générale des académies. Ainsi, pour l'année 2005-2006, la part d'élèves boursiers en classes préparatoires est la plus faible dans les académies de Versailles (10 %), Paris (13 %), Rouen (16 %), Strasbourg (16 %), Lyon (17 %) ou Créteil (18 %), qui concentrent les effectifs les plus importants, tandis qu'elle est la plus forte dans les académies d'Antilles-Guyane (36 %), Corse (29 %), Poitiers (29 %), Besançon (28 %), Montpellier (27 %) ou la Réunion (25 %).

* 26 3 % de non-répondants.

- le milieu dit favorisé regroupe : les chefs d'entreprise de plus de 10 salariés, les cadres, les professions libérales et les professeurs ;

- le milieu dit intermédiaire comprend : les artisans et commerçants, les professeurs des écoles, les professions intermédiaires, les employés, les retraités ;

- le milieu dit défavorisé regroupe : les agriculteurs, les employés de services aux personnes, les ouvriers, les retraités anciens ouvriers et employés, les chômeurs et inactifs.