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Diversité sociale dans les classes préparatoires aux grandes écoles : mettre fin à une forme de « délit d'initié »

 

b) Une inégalité qui amplifie toutes les autres

Ces inégalités territoriales ne concernent pas seulement les banlieues difficiles, mais aussi les zones rurales reculées ou enclavées, ou encore les zones industrielles en reconversion.

Or, elle s'ajoute aux autres types de handicaps qu'elle vient en quelque sorte renforcer, car l'inégalité territoriale se conjugue souvent avec l'inégalité sociale et/ou culturelle.

En effet, certains proviseurs ont confirmé à votre mission que les élèves issus des milieux défavorisés ou de territoires ruraux étaient les plus réticents à s'éloigner du domicile parental. Les témoignages de nombreux élèves allaient également dans ce sens.

Il est vrai que l'éloignement des classes prépas rend l'information d'autant plus abstraite et qu'elle amplifie les freins financiers puisque les familles devront alors assumer l'hébergement et les frais de transport. S'ajoute à cela l'insuffisance criante d'internats au sein des lycées disposant de classes prépas. La conjugaison de tous ces facteurs contribue à expliquer la frilosité de certaines familles - encore accrue s'agissant des filles, dans certains milieux - et leur répugnance à envisager que leur enfant quitte le domicile familial, quand bien même il ne s'agirait que d'un éloignement de quelques dizaines de kilomètres.

Enfin, ainsi que l'a dit par exemple à votre mission un enseignant du lycée de Hénin-Beaumont, situé dans la région du Nord-Pas-de-Calais : « en dépit parfois d'une information et d'un accompagnement corrects, ces élèves n'ont pas toujours l'ambition culturelle de quitter leur terroir ».