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Diversité sociale dans les classes préparatoires aux grandes écoles : mettre fin à une forme de « délit d'initié »

 

c) En Suède

Il convient tout d'abord de souligner qu'en Suède, l'enseignement scolaire est organisé en filières variées : 17 au total, dont seulement 3 au profil académique, les autres préparant à des formations techniques ou professionnelles.

Contrairement à la France, la fin des études secondaires n'est pas sanctionnée par un examen mais par un certificat de fin d'études. Celui-ci récapitule, sous forme d'un total de points, les performances (évaluées sous forme de contrôle continu) atteintes dans les enseignements suivis au cours des trois dernières années de scolarité.

L'accès à l'enseignement supérieur se fait par candidature individuelle auprès des établissements d'enseignement supérieur, qui examinent chacun les dossiers des postulants. Même s'il n'existe pas stricto sensu de sélection, le prestige relatif d'une université conditionne le nombre et la qualité des candidatures pour y accéder.

L'absence d'examen final à l'issue des études secondaires entraîne un phénomène de compétition. Aussi, nombreux sont les lycéens ayant recours à des cours complémentaires en vue d'améliorer leurs « points » dans les disciplines clés permettant d'entrer dans les établissements les plus prestigieux et, dès lors, les plus sélectifs.

De tels cours complémentaires ont été mis en place par les municipalités, initialement pour permettre aux jeunes de 19 à 25 ans ayant abandonné trop tôt leurs études secondaires de les reprendre sous la forme de cours du soir. Or, ces formations parallèles se retrouvent détournées au bénéfice des jeunes les plus « compétitifs » et donc au détriment des jeunes en difficulté.

Depuis 1994, un système de financement des études supérieures a été créé afin d'élargir au plus grand nombre l'accès aux études universitaires : tout étudiant, quels que soient les revenus de ses parents, perçoit une bourse fixe, non remboursable, assortie d'un prêt à taux préférentiel, remboursable sur 25 ans. Précisons que le budget d'un étudiant suédois se compose ainsi de 200 euros de bourse non remboursable et de 500 euros de prêt remboursable de l'Etat. Ce financement public est disponible durant 12 semestres d'études et « exportable » dans le cas d'un séjour à l'étranger pour partie des études.

Il n'en reste pas moins que les étudiants d'origine sociale modeste font face à des obstacles matériels réels : l'aide publique étant concentrée sur les bourses et les prêts individuels, la gestion des logements, restaurants et autres services sociaux étudiants est confiée à des entreprises privées, qui n'offrent pas de tarif préférentiel aux étudiants.

On constate cependant que ce système d'aides a permis un accès croissant des enfants des classes sociales modestes à l'université : près de la moitié des étudiants inscrits actuellement dans un établissement d'enseignement supérieur suédois sont nés de parents ne possédant ni l'un ni l'autre de diplôme de l'enseignement supérieur. La proportion de nouveaux étudiants en provenance de foyers modestes constituait 24 % d'une cohorte en 2005, contre 18 % en 1994. Cependant, les statistiques font apparaître que si 70 % d'une classe d'âge d'origine sociale « supérieure » (dont les parents sont cadres) poursuivent des études supérieures, seulement 30 % d'une classe d'âge d'origine « ouvrière » en fait autant et généralement pour des cursus plus courts.

Enfin, relevons que le système permet à un nombre sensible d'adultes d'origine sociale modeste de poursuivre leurs études plus tardivement : les aides à la validation des acquis de l'expérience et à la formation continue permettent de redevenir étudiant plus tard dans la vie.