Allez au contenu, Allez à la navigation



Diversité sociale dans les classes préparatoires aux grandes écoles : mettre fin à une forme de « délit d'initié »

 

C. LES INITIATIVES GOUVERNEMENTALES EN FAVEUR DE L'ÉGALITÉ DES CHANCES

La volonté de remettre en marche l'ascenseur social en permettant aux élèves issus des familles modestes ou de quartiers dits « en difficulté » d'accéder à l'enseignement supérieur a été une préoccupation constante dans l'action des gouvernements successifs. On peut penser, par exemple, au développement des zones d'éducation prioritaire ou encore au Plan social étudiant, mis en oeuvre à partir de 1998, qui a permis notamment d'augmenter de plus de 20 % le nombre d'étudiants bénéficiant d'une aide de l'Etat.

Dans cette continuité, plusieurs opérations destinées à favoriser la réussite et « stimuler » l'ambition scolaire des élèves issus des secteurs défavorisés ont été lancées ces dernières années par le Gouvernement, afin d'encourager l'accès de ces jeunes aux filières d'excellence, notamment aux classes préparatoires et, au-delà, aux grandes écoles.

Ces actions relaient les initiatives parties du terrain, qui ont été présentées plus haut, afin de tenter de leur donner une plus grande ampleur.

Elles se sont par ailleurs ciblées sur l'ouverture sociale des classes préparatoires, notamment en agissant directement sur leur recrutement, dans l'objectif d'y accueillir un plus grand nombre d'élèves boursiers.

1. Des opérations destinées à favoriser la réussite et l'ambition scolaires des jeunes issus des quartiers défavorisés

Dans le prolongement des expériences lancées par les établissements d'enseignement supérieur ou les entreprises, des actions ont été mises en place au niveau national. Leur principal point commun est de concentrer leur cible sur les territoires de l'éducation prioritaire.

a) La « charte pour l'égalité des chances dans l'accès aux formations d'excellence » : l'expression d'une volonté collective

La signature, le 17 janvier 2005, de la « Charte pour l'égalité des chances dans l'accès aux formations d'excellence », formalise l'engagement du Gouvernement - représenté par le ministère de l'éducation nationale, le ministère de l'emploi et de la cohésion sociale, le ministère délégué à l'intégration, l'égalité des chances et la lutte contre l'exclusion -, des universités et des grandes écoles, à développer les initiatives visant à permettre à des lycéens de milieux défavorisés d'accéder à des études supérieures de haut niveau.

Comme l'a souligné M. François Fillon, alors ministre en charge de l'éducation nationale, dans le discours prononcé à l'occasion de la signature de cette charte, celle-ci « constitue le symbole d'une volonté collective (...) : nous sommes tous partie prenante d'une initiative qui a vocation à être diffusée sur le terrain, et déclinée par les acteurs intéressés. Ensemble, nous signons le refus du fatalisme social (...) ; vous contribuerez à une orientation plus ambitieuse des lycéens scolarisés en zone d'éducation prioritaire ; vous aiderez ces jeunes à trouver confiance en eux. C'est ce sentiment de confiance qui permet d'aller plus loin ! ».

La charte vise en effet à donner un cadre aux partenariats entre les lycées et les établissements d'enseignement supérieur, en vue de les étendre à « un nombre significatif » d'entre eux, avec l'appui non seulement des grandes écoles, mais également des universités. Ce cadre repose sur la mise en oeuvre de « conventions nationales visant à organiser les relations entre les établissements d'enseignement supérieur et les lycées volontaires », qui seront déclinées au niveau local.

La mise en oeuvre concrète de cette charte a été définie par la circulaire du 22 août 200542(*), jointe en annexe au présent rapport.

* 42 Circulaire n° 2005-148 du 22 août 2005 relative à la mise en oeuvre de la charte pour l'égalité des chances dans l'accès aux formations d'excellence (Bulletin officiel de l'éducation nationale n° 36 du 6 octobre 2005).