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Diversité sociale dans les classes préparatoires aux grandes écoles : mettre fin à une forme de « délit d'initié »

 

b) Mais un risque de créer de nouvelles inégalités

Chaque opération a un impact certain localement. Cependant, la juxtaposition de toutes les actions ne peut suffire à répondre à l'ensemble des besoins sur le territoire.

Même l'extension des dispositifs existants n'y suffirait pas, en raison de leur nature même.

En effet, « l'effet réseau » joue le plus souvent sur la proximité. C'est ainsi, par exemple, que le programme de l'ESSEC a été mis en place avec des lycées situés à Cergy-Pontoise et dans ses environs. La proximité apparaît, en effet, fondamentale car la prise en charge se fait essentiellement dans les locaux de cette grande école. Cela permet aussi aux lycéens de démystifier en quelque sorte l'enseignement supérieur et surtout la « grande école ». Leurs familles sont également reçues à l'ESSEC, dans le même but.

Par définition, un tel programme ne peut donc s'envisager que dans une zone géographique proche des écoles qui les conduisent. Or, on ne peut ignorer la forte concentration des grandes écoles en région Ile-de-France.

De même, auditionnée par votre mission, Mme Isabelle Bapteste, chef de projet pour le programme d'ouverture sociale « une grande école, pourquoi pas moi ? » de l'Ecole Polytechnique, a confirmé qu'au-delà de trois lycées, se poserait un problème pratique car il faut une proximité géographique pour assurer le tutorat. Ceci d'autant plus que l'on ne peut demander ni aux tuteurs ni aux élèves d'assumer de trop importants temps de transport.

Certes, un certain nombre de grandes écoles ont plusieurs établissements et sont donc présentes dans plusieurs régions. En outre, il existe de nombreuses écoles moins renommées dans toute la France. Mais, d'une part, il n'en existe pas dans toutes les villes de taille moyenne et, d'autre part, peut se poser un problème de financement.

En effet, il convient de préciser que le coût du programme « une grande école, pourquoi pas moi ? » s'élève à environ 2 000 euros par élève et par an. L'ESSEC, par exemple, estime pouvoir aider ainsi 30 jeunes par an. Mais si, grâce à sa notoriété, l'école a pu lever les financements nécessaires, cela s'avèrerait beaucoup plus difficile pour une « petite école ».


· Précisons que, d'après les informations fournies à la mission, les programmes de type « Une grande école : pourquoi pas moi ? » concernaient, en 2006-2007, 30 grandes écoles ainsi que quelques universités, 83 lycées, 1 319 jeunes tutorés (dont 1 119 lycéens) ainsi que 435 étudiants-tuteurs bénévoles des grandes écoles.

Pour l'année 2007-2008, ils devraient concerner les mêmes grandes écoles ainsi qu'une centaine de lycées, 1 830 jeunes tutorés et 644 étudiants-tuteurs. En outre, une quinzaine de projets sont à l'étude.