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Diversité sociale dans les classes préparatoires aux grandes écoles : mettre fin à une forme de « délit d'initié »

 

(2) Désigner pour chacun un tuteur référent : son « parrain »

Votre mission souligne l'importance de l'aspect psychologique de l'accompagnement, ceci y compris - et peut-être surtout - en CPGE et jusqu'à la grande école.

En effet, l'acclimatation des jeunes à ces nouveaux univers est parfois difficile. Ainsi qu'il a été dit précédemment, certains se sentent isolés et non adaptés, au milieu de jeunes parlant un autre langage ou ne partageant pas les mêmes codes culturels et sociaux...Les tuteurs peuvent les aider à faire face au risque de démotivation, de découragement ou au sentiment de ne pas être au niveau. Il s'agit d'ailleurs souvent de leur rôle principal au sein des écoles, ainsi qu'en a témoigné devant votre mission un enseignant-tuteur à Sciences Po.

Il est donc important que les jeunes concernés puissent à tout moment de leur scolarité et de leurs études faire appel à un tuteur référent, qui serait en quelque sorte leur « parrain ».

(3) Impliquer davantage équipes éducatives, entreprises et étudiants universitaires

Compte tenu de la variété des tutorats, y participent des étudiants, des enseignants et/ou des cadres d'entreprises venant partager leurs expériences professionnelles.

Il est évident que de la motivation des proviseurs et des enseignants dépendent la mise en place et le bon déroulement des dispositifs de tutorat. A cet égard, les membres de votre mission ont été très touchés par l'implication des équipes éducatives qu'ils ont rencontrées sur le terrain, que ce soit dans la région Ile-de-France, dans le Nord ou le Calvados.

A l'inverse, là où ils ont rencontré scepticisme et immobilisme, les porteurs de projet ont renoncé. Souvent, la situation s'avère mitigée : certains enseignants concrétisent leur enthousiasme à travers leur engagement, mais ils sont confrontés à l'inertie de certains de leurs collègues. En outre, des problèmes d'organisation interne peuvent se poser au sein des établissements, freinant la mise en oeuvre du projet. A cet égard, certains interlocuteurs de votre mission ont regretté le manque de réactivité de certains lycées et souligné leur manque d'habitude de la gestion d'un partenariat.

Dans tous les cas, le dynamisme des recteurs et des proviseurs est la condition sine qua non pour engager une opération. C'est pourquoi votre mission souhaite une forte mobilisation de l'ensemble des recteurs et des proviseurs dans ce domaine. Elle suggère que, dans les lycées où se met en place un dispositif d'accompagnement, le proviseur désigne systématiquement un professeur référent, qui serve d'interface.

Par ailleurs, il est tout à fait souhaitable que les entreprises - grandes comme de taille plus modeste - encouragent l'investissement personnel de leurs cadres, surtout juniors, la proximité générationnelle facilitant la communication, mais aussi séniors. Leurs actions devraient veiller à irriguer les établissements sur l'ensemble du territoire.

Cependant, les étudiants sont sans doute les plus nombreux à s'impliquer dans les tutorats, et on a vu précédemment que ce don de leur temps leur était également très profitable.

Outre les grandes écoles, pourquoi les universités n'encourageraient-elles pas davantage, elles aussi, leurs étudiants à s'impliquer dans des actions de sensibilisation des élèves ? Certains étudiants à l'université s'y engagent d'ores et déjà, mais on ne sent pas une mobilisation de même ampleur que dans les grandes écoles.

Pourtant la généralisation souhaitable du tutorat dans l'ensemble des lycées du territoire national où un besoin se fait sentir, implique que l'ensemble des étudiants se sentent concernés par cette transmission entre jeunes générations, ce « passage du témoin », qui permet de faciliter les passerelles entre enseignement secondaire et enseignement supérieur.

C'est pourquoi votre mission apprécie le lancement par le Gouvernement de l'opération « 100 000 pour 100 000 », à la rentrée 2006, qui vise à ce que 100 000 étudiants des grandes écoles et universités s'engagent dans l'accompagnement de 100 000 élèves. Il est très constructif que cet investissement personnel des jeunes soit valorisé sur le plan universitaire ; en effet, ainsi qu'il a été dit précédemment, il peut se traduire par une validation d'acquis sous forme d'ECTS (système européen de transfert et d'accumulation de crédits) si leur établissement d'enseignement supérieur inscrit l'opération dans son projet pédagogique.