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Diversité sociale dans les classes préparatoires aux grandes écoles : mettre fin à une forme de « délit d'initié »

 

2. Renforcer l'accompagnement financier

Lever le handicap financier qui freine tant de jeunes dans leur ambition suppose des mesures d'ampleur. Celles-ci doivent les aider à gravir non seulement la « première marche », celle de l'accès en classe prépa, mais aussi à assumer financièrement l'ensemble de leur cursus. Car le coût de ces études longues est important si l'on songe à la fois aux frais d'hébergement, de transport, aux dépenses liées au coût des concours, aux achats de livres, aux frais de scolarité dans les grandes écoles...

Or, mis à part quelques travaux chez des particuliers - tels que des gardes d'enfants en soirée, par exemple - ou un travail d'été, ce type d'études est difficilement compatible avec une activité salariée.

Il n'empêche que certains étudiants en CPGE se voient contraints de cumuler des activités rémunérées dans des conditions telles qu'elles pourraient menacer le bon déroulement de leurs études, voire même leur santé. Les membres de votre mission ont été particulièrement sensibles au témoignage en ce sens d'Edith, jeune étudiante très méritante et courageuse de l'académie de Caen. Ses parents ne pouvant l'aider financièrement, Edith a consacré l'été précédant son entrée en classe prépa à travailler et ses fins de semaine à garder des enfants, afin de pouvoir financer ses études. Des solutions financières plus adaptées doivent impérativement être trouvées dans ce type de situation.

a) Remettre à plat le système des bourses

L'Etat - ainsi que de nombreuses collectivités territoriales - alloue de plus en plus d'argent à un nombre croissant d'étudiants. Cependant, il mène une politique de saupoudrage insatisfaisante, dans la mesure où l'on accorde un nombre important de bourses mais dont les montants sont parfois insuffisants, ce qui ne permet donc pas de mener une véritable politique sociale à l'égard de ceux qui en ont le plus besoin. Le système omet ainsi à la fois les situations de grande précarité pour lesquelles la bourse « échelon 5 » est insuffisante et les classes moyennes qui ne bénéficient d'aucune de ces aides.

Un consensus semble aujourd'hui se dessiner concernant la nécessité de revoir un système d'aides sociales trop complexe et dont les critères d'obtention ne correspondent plus ni à la réalité de l'environnement économique et social des étudiants, ni à leurs attentes.

Cette nécessité a été confirmée par le rapport56(*) établi par M. Laurent Wauquiez, alors député. Sévère, celui-ci décrit un système à la fois inefficace, inique, complexe et archaïque. Votre mission soutient nombre de ses propositions et elle souhaite qu'il en soit tenu compte dans le cadre des travaux du groupe de travail sur les aides sociales créé par Mme Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Par ailleurs, les syndicats étudiants entendus par la mission ont avancé un certain nombre de propositions en vue de compléter les dispositifs actuels ou de se substituer à eux.

En tout état de cause, votre mission suggère que des bourses destinées à financer des séjours linguistiques soient allouées à des élèves issus de milieux défavorisés. Dans ce domaine, en effet, on connaît l'impact d'une immersion dans le pays sur la maîtrise d'une langue étrangère. Or, cette dernière est déterminante pour la réussite en classes prépas, puis dans les grandes écoles.

* 56 Voir le rapport de mission parlementaire sur les aides sociales étudiantes de M. Laurent Wauquiez, député - Juillet 2006.