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Diversité sociale dans les classes préparatoires aux grandes écoles : mettre fin à une forme de « délit d'initié »

 

(2) L'évolution des effectifs : une attractivité qui se confirme

A la rentrée 2005, 74 790 étudiants sont inscrits en CPGE, dont 73 043 dans des établissements publics ou privés sous contrat relevant du ministère de l'éducation nationale.

D'autres ministères, notamment ceux de l'agriculture (les filières BCPST implantées au sein des lycées agricoles, préparant aux écoles d'agronomie relevant notamment du ministère de l'agriculture) ou de la défense, ainsi que des établissements privés hors contrat, proposent une offre de classes préparatoires, en majorité dans les filières scientifiques (1 325 étudiants en 2005, dont 511 dans les lycées agricoles), mais aussi économiques (250 étudiants environ).

Les effectifs d'étudiants en CPGE ont, en valeur absolue, fortement augmenté sur la longue période : leurs effectifs ont été multiplié par sept, connaissant une montée en charge régulière de la fin des années 1940 au milieu des années 1980 ; ils ont plus que doublé depuis 1975, en raison d'un vif accroissement de 1985 à 1995 (+ 55 %), essentiellement porté par la hausse des effectifs des filières scientifiques ; celle-ci est relayée de 1995 à 2000 par l'essor des filières économiques, dont les effectifs progressent de plus de 30 % en cinq ans, alors que les autres filières perdent des effectifs jusqu'en 2000.

Cette évolution s'est accompagnée d'une redistribution de la part des différentes filières : la part relative des classes préparatoires économiques et commerciales s'est accrue, passant, de 12,6 % en 1975 à 20,1 % en 2000, alors que la part des classes scientifiques et littéraires est passée, dans le même temps, respectivement de 68 % à 64 % et de 19,4 % à 16 %.

Toutefois, dans un contexte de « massification » de l'accès à l'enseignement supérieur, la hausse des effectifs de CPGE sur la longue période n'a pas été plus forte que celle des autres filières.

Ainsi, la part des effectifs de CPGE dans l'ensemble des étudiants de premier cycle universitaire est restée constante, oscillant, comme le montre le graphe suivant, autour de 7 % depuis 1975, si l'on ne prend en compte que les effectifs des classes publiques relevant du ministère de l'éducation nationale.

ÉVOLUTION DE LA PART DES CPGE DANS L'ENSEMBLE DES FILIÈRES DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Source : Colloque « Démocratie, classes préparatoires et grandes écoles », 2003.

Chaque année, près de 9 % des bacheliers généraux et technologiques intègrent une classe préparatoire. Si l'on ne prend en compte que les bacheliers des séries générales, ce sont 13 à 14 % d'entre eux qui poursuivent en classe préparatoire (13,2 % en 2005, dont 5,9 % des titulaires d'un baccalauréat de la série sciences économiques et sociales (ES), 7,4 % des bacheliers littéraires (L) et 19,9 % des bacheliers scientifiques (S)).

Après une légère décrue de la part de bacheliers entrant en CPGE de 1996 à 2000, ces classes ont depuis retrouvé leur attractivité, comme le montre le graphe suivant.

ÉVOLUTION DU POURCENTAGE DE BACHELIERS GÉNÉRAUX
ET TECHNOLOGIQUES ENTRANT EN CPGE

Source : « Les étudiants en classes préparatoires aux grandes écoles », Note d'information n° 06.23 (août 2006), Ministère de l'éducation nationale.

Ainsi, après une phase de décroissance de leurs effectifs, les classes préparatoires aux grandes écoles confirment leur attractivité, plus ou moins forte selon les filières.

En effet, en 2007, on compte 358 458 candidatures à l'entrée en CPGE, toutes filières confondues, soit 1,4 % de plus qu'en 2006. Notons que près de 42 500 places sont offertes en première année, ce qui fait que l'on compte environ 8 postulants pour une place. Si le nombre de candidats pour les classes scientifiques diminue légèrement (206 525, soit - 1,7 % par rapport à 2006), et que les classes littéraires voient stagner le nombre de leurs aspirants (avec 56 246 candidatures), les classes économiques et commerciales confirment leur forte attractivité, en enregistrant 94 748 candidatures, soit 8,6 % de plus qu'en 2006.

ÉVOLUTION DES EFFECTIFS D'ÉLÈVES EN CPGE
(FRANCE MÉTROPOLITAINE + DOM, PUBLIC + PRIVÉ)

CPGE

1997-1998

1998-1999

1999-2000

2000-2001

2001-2002

2002-2003

2003-2004

2004-2005

2005-2006

Ø Classes scientifiques

47 964

45 874

44 975

44 373

44 690

45 051

45 385

46 467

47 369

Evolution annuelle en   %

-1,1

-4,4

-2,0

-1,3

0,7

0,8

0,7

2,4

1,9

Ø Classes économiques et commerciales

14 443

15 076

15 506

15 778

15 738

16 376

16 127

15 792

16 177

Evolution annuelle en   %

6,7

4,4

2,9

1,8

-0,3

4,1

-1,5

-2,1

2,4

Ø Classes littéraires

10 695

10 423

10 374

10 112

10 275

10 588

10 541

10 888

11 244

Evolution annuelle en   %

0,9

-2,5

-0,5

-2,5

1,6

3,0

-0,4

3,3

3,3

Ø Total CPGE

73 102

71 373

70 855

70 263

70 703

72 015

72 053

73 147

74 790

Evolution annuelle en   %

0,6

-2,4

-0,7

-0,8

0,6

1,9

0,1

1,5

2,2

Source : Ministère de l'éducation nationale.