Allez au contenu, Allez à la navigation



Risques chimiques au quotidien : éthers de glycol et polluants de l'air intérieur. Quelle expertise pour notre santé ? Compte-rendu des auditions (tome 2)

 

INSTITUT NATIONAL DE PRÉVENTION ET D'ÉDUCATION POUR LA SANTÉ - INPES

Site Internet : http ://www.inpes.sante.fr

M. Philippe LAMOUREUX, Directeur général
Mme Alice de MAXIMY, Coordinatrice du programme santé-environnement

(1er février 2006)

De par la loi du 9 août 2004, l'INPES a désormais une compétence en matière de sécurité sanitaire qui l'amène à intervenir plus particulièrement dans le domaine des risques infectieux et/ou environnementaux. Par exemple, les conditions climatiques extrêmes, depuis la canicule de l'été 2003, sont des thématiques abordées par l'INPES dans le champ de la santé environnementale en lien avec ses missions de participation à la gestion de situations de crise.

En matière de santé environnementale, l'INPES est un opérateur dont l'essentiel des actions, hors sécurité sanitaire, est centré sur l'habitat. Son rôle est de peser sur les connaissances, attitudes, représentations et comportements par l'information et l'éducation. Dans le domaine de l'habitat, ses principaux partenaires sont l'ADEME, l'AFSSET, le CSTB, la DGS, l'OQAI, les ORS et la FNES. Ces partenariats ne donnent pas nécessairement lieu à convention.

L'INPES développe une culture de travail interministériel depuis quatre ans. M. Philippe LAMOUREUX a estimé que les réseaux de diffusion de ses partenaires sont des relais essentiels à son action. Celle-ci est principalement orientée autour de trois axes : études et recherches, partenariat, communication.

Pour l'INPES, plusieurs publics sont prioritaires parmi lesquels les adultes et les enfants. L'axe éducatif consiste à promouvoir les bons gestes, et, par conséquent, à développer un discours positif en évitant de céder à une logique anxiogène.

Concernant l'activité « études et recherches », l'INPES élabore des baromètres (enquêtes téléphoniques portant sur les comportements, attitudes, représentations de la population sur tout un ensemble de thèmes de santé publique) : addictions, autres pratiques à risques, maladies infectieuses, nutrition, troubles dépressifs... Afin d'affiner sa stratégie d'intervention dans le domaine des risques environnementaux, et plus particulièrement de ceux liés à l'habitat, l'INPES a souhaité mettre en oeuvre fin 2006, un baromètre santé-environnement centré sur l'habitat (produits de bricolage, produits ménagers, air intérieur...). Déjà en avril 2005, l'INPES avait réalisé une analyse des recommandations d'utilisations inscrites sur les emballages des produits ménagers. Une étude a également été faite sur la canicule et sur la perception des moyens de protection existants.

En termes de communication, M. Philippe LAMOUREUX a insisté sur l'importance de la vulgarisation car il est nécessaire que le message émis puisse être parfaitement perçu, compris et mis en pratique. Il a précisé que la communication de l'INPES en 2005 a représenté, sur le seul programme santé-environnement, neuf millions de documents édités.

Une campagne sur l'intoxication au monoxyde de carbone (CO) initiée par le ministère de l'Intérieur a été reprise par l'INPES, pour le compte du ministère de la Santé. Cette campagne s'est accompagnée d'une diffusion massive de documents.

Pour la canicule, de très lourds moyens ont été déployés (affichettes, dépliants, spots télévision prévus lorsque la canicule atteint le niveau 2, ainsi qu'un partenariat avec La Poste). Le dispositif a été enrichi d'une campagne radio insistant sur la solidarité en direction des personnes les plus vulnérables. L'INPES a aussi travaillé sur le grand froid et les inondations.

Quant aux produits chimiques en milieu domestique, une campagne hors média a été menée par l'INPES avec les centres antipoison notamment. L'INPES est, par ailleurs, actuellement en train de terminer la mise au point d'un dépliant sur les risques liés au bricolage.

S'agissant des questions d'air intérieur, l'INPES s'est rapproché de l'OQAI.

Quant à l'habitat insalubre, il s'agit d'abord d'un problème de réduction des inégalités sociales de santé, en particulier celles qui sont liées au logement. Une exploration de ce domaine a été entamée en 2006.

L'INPES privilégie toujours volontairement des outils de communication très simples (destinés notamment aux non lecteurs). Ses documents sont très largement diffusés. Enfin, le site Internet de l'INPES a vu dix millions de pages lues en 2005. Tout est téléchargeable et même imprimable en haute définition. En revanche, le problème pratique que constitue l'absence d'un numéro unique pour appeler les centres antipoison subsiste. Les documents de l'INPES font l'objet d'une mise à jour régulière (environ tous les 18 mois).

L'INPES fonctionne soit sur saisine de ses autorités de tutelles, soit de son propre chef après approbation du ministère de la Santé.

La CNAMTS cosigne toutes les campagnes de l'INPES et assure les deux tiers de ses financements, contre un tiers pour le ministère de la Santé. L'INPES ne bénéficie d'aucun financement de la part du ministère chargé de l'environnement.

Abordant ensuite les moyens de l'INPES face au thème santé-environnement, M. Philippe LAMOUREUX a déclaré que l'INPES comptait 130 personnes et 12 programmes ; la santé et l'environnement représentant 2 millions d'euros et 3 personnes. Ces moyens sont suffisants pour développer de l'information hors média mais trop faibles pour envisager des actions de plus grande ampleur (comme par exemple la réalisation systématique de campagnes télévisuelles). En cas d'urgence, une autre enveloppe budgétaire que celle liée au programme santé-environnement, est mobilisée par l'INPES.

Le secteur santé-environnement souffre actuellement d'un problème de sous-dimensionnement (notamment en termes de moyens humains), les partenariats sont donc une nécessité pour l'Institut. Globalement, le dispositif fonctionne, à condition toutefois d'éviter les sollicitations multiples. Pour M. Philippe LAMOUREUX, l'affectation de moyens supplémentaires à ce type d'action par l'INPES impliquerait une re-hiérarchisation des priorités de santé publique par les autorités de tutelles de l'Institut, étant entendu que, dans le champ de la santé environnementale, le ministère de la Santé et singulièrement l'INPES ne sont pas les seuls intervenants possibles.

Documents de référence :

- Campagne Tabagisme passif « Quand vous fumez à côté d'un non-fumeur, il fume aussi », 2004

Campagne Monoxyde de carbone « Se méfier du monoxyde de carbone ! », 2005

Campagne Grand froid « Pour un hiver en sécurité » et « Prévention du grand froid », hiver 2005

- « Le programme Santé-environnement et l'INPES », réunion de cadrage du 18 novembre 2005

- « Plan national Santé-environnement : Prévention des risques liés à l'utilisation des produits ménagers au quotidien - les étiquettes », 19 avril 2005 ; Actions de communication en faveur de la prévention des risques liés à l'usage des produits toxiques, 21 avril 2005

- « Fiche de diffusion du dépliant Produits ménagers, référence 231-05114-DE », mise à jour le 6 janvier 2006