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Risques chimiques au quotidien : éthers de glycol et polluants de l'air intérieur. Quelle expertise pour notre santé ? Compte-rendu des auditions (tome 2)

 

CENTRE ANTIPOISON DE LILLE - CENTRE HOSPITALIER RÉGIONAL UNIVERSITAIRE DE LILLE

Site Internet : http ://www.chru-lille.fr/cap/lille

Dr. Monique MATHIEU-NOLF, Chef de service du Centre antipoison (CHRU de Lille), Présidente de la Société de toxicologie clinique

(17 novembre 2006)

Le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a d'abord relevé que les termes éthers de glycol évoquent dans tous les cas l'idée de poison dans l'esprit du public, même si les éthers de glycol constituent une grande famille comprenant de nombreuses substances. A l'heure actuelle, les éthers de glycol les plus dangereux sont bien connus tandis que d'autres, d'usage plus récent, le sont moins alors qu'ils sont peut-être dangereux, mais pour certains d'entre eux, il n'existe aucune certitude.

L'Union européenne a entrepris une évaluation des risques des éthers de glycol, chaque Etat membre étant rapporteur pour une substance. En France, c'est le BERPC qui est en charge de cette tâche. Il s'est tourné vers l'INERIS pour l'aspect environnement, vers l'INRS pour les aspects médecine du travail, et vers les centres antipoison pour l'aspect consommateur.

Pour l'EGBE et l'EGBEA c'est le Centre antipoison de Lille qui est missionné en vertu d'une décision de la direction générale de la Santé intervenue dans les années 1990. Pour cette tâche, les centres antipoison doivent se porter volontaires et sont alors financés par la direction générale de la Santé. Le Centre antipoison de Lille étudie également les phtalates. Le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a estimé qu'il s'agissait pour les centres antipoison d'une compétence logique et intéressante, d'une expertise médicale intégrant l'aspect consommateur, c'est-à-dire une expertise clinique.

Cependant actuellement, tandis que l'INERIS et l'INRS bénéficient d'un bon niveau de financement, l'aspect consommateur qui relève des centres antipoison n'est pas financé. C'est ainsi qu'à Lille, le Centre antipoison a reçu 15.000 euros en 2002, puis rien au cours des années suivantes, alors que l'expertise devrait durer jusqu'en 2008. A l'heure actuelle, cette expertise continue sur les ressources propres du Centre antipoison tandis que le Centre antipoison de Grenoble a arrêté sa mission d'expertise dès l'interruption des financements. En fait, chaque année, il est difficile d'obtenir des crédits sans l'appui des politiques et des syndicats. L'obtention d'un budget relève donc quasiment du militantisme.

Le Dr. Monique MATHIEU-NOLF, connue pour son engagement professionnel et personnel sur ces questions, ne reçoit pourtant qu'un tiers du budget exigé par le fonctionnement de son service, alors qu'il est évident que le centre antipoison a des missions plus larges que la seule hospitalisation. De plus, comme le centre antipoison n'est pas un organe universitaire, le budget de la recherche n'intervient pas dans ce financement.

Le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a ensuite rappelé le manque de toxicologues cliniciens en France.

Certes, il existe bien à Lille une chaire de toxicologie à la faculté de médecine et une autre à la faculté de pharmacie, mais ce n'est pas suffisant, cela ne résout évidemment pas le problème de la formation des médecins sur l'environnement et ne permet pas d'apporter des réponses aux patients. Dans ce contexte, la toxicologie de l'environnement domestique n'est pas prise en compte.

Le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a indiqué que le Centre antipoison a une mission de recherche en toxicologie clinique, soutenue par le centre hospitalier régional de Lille ainsi que par l'OMS pour certains projets.

C'est ainsi que deux études ont été confiées au Centre antipoison de Lille par l'OMS, dont une étude de faisabilité sur l'intégration des données d'observation humaine d'exposition à des substances chimiques dans un environnement pour évaluer les risques d'une substance dans le cadre d'un programme international sur la sécurité chimique menée par l'OMS.

A cet égard, la Conférence de Rio a rappelé la nécessité pour chaque pays de posséder des centres antipoison et celle d'intégrer le facteur humain dans l'évaluation des substances chimiques.

Le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a ensuite présenté son service au sein du Centre antipoison de Lille : il comprend trente trois personnes, dont vingt cinq équivalents temps plein. Il s'agit d'un pôle de réponse à l'urgence qui fonctionne en réseau avec le SAMU et les hôpitaux.

Ce service constitue également un pôle de toxico-vigilance en assurant la surveillance des risques, la constitution de bases de connaissances (cas recensés dans le cadre des orientations de la direction générale de la Santé et sous la coordination de l'InVS). Ce pôle conduit aussi des programmes ciblés sur le saturnisme infantile et sur le monoxyde de carbone ; il s'intéresse aussi bien à l'accidentel qu'au chronique, aux substances naturelles qu'aux substances de synthèse, à l'environnement proche qu'à l'environnement au sens large.

De plus, le service évalue des risques à travers la recherche clinique traditionnelle, par exemple sur les antidotes mais également à travers l'élaboration d'un système d'alerte face à l'attentat chimique ; cet aspect d'évaluation des risques étant soutenu par l'OMS.

Dans le cadre de REACH, le Centre antipoison de Lille a déjà répondu à un appel d'offres européen dont le résultat a conduit à associer ce centre aux centres équivalents de Londres, de Göttingen, en Allemagne, de l'Institut fédéral allemand du risque chimique (BFR), de l'OMS, de l'Office national bavarois pour la statistique ; l'examen des données étant assuré par les centres antipoison de Lille et de Göttingen. Cette étude devrait permettre d'identifier les manques et d'élaborer des propositions pour satisfaire les besoins réels et évaluer les risques des produits biocides hors médicaments. Cela constituera la suite des travaux de l'OMS, l'OCDE étant aussi impliquée dans ce programme pour sa partie industrielle. Le budget de ce programme s'élève à 300.000 euros dont 36.000 reviennent au Centre antipoison de Lille qui est le seul centre français de recherche sur la méthodologie et la faisabilité alors qu'actuellement, la plupart du temps, les risques sont évalués sans considération de l'impact humain.

Enfin, le Centre antipoison de Lille assure également l'information et l'éducation de la population et bénéficie à cet égard du soutien consensuel du syndicat du centre hospitalier régional qui comprend environ mille personnes. A noter que, pour cette mission, le centre antipoison ne reçoit pas de soutien de la part du corps médical car il existe en réalité une compétition avec celui-ci pour les moyens à attribuer. Encore une fois, la mission du centre antipoison ne correspond pas à une discipline enseignée à la faculté de médecine, ce qui garantit un défaut de connaissance des médecins sur les problèmes de santé liés à l'environnement. C'est le cas de l'asthme précoce chez l'enfant qui est très lié à l'environnement même si les médecins ne voient pas ce lien. Il s'agit là d'un problème de culture médicale qui assimile parfois les maux environnementaux à des maux psychologiques.

En réponse à cela, le Centre antipoison de Lille a élaboré des propositions d'activité innovantes avec la mise en place d'une consultation toxico-environnementale multidisciplinaire destinée à dresser une synthèse environnementale du lieu de vie des patients envoyés par les médecins. Déjà quelques essais bénévoles de cette consultation ont été effectués au moyen d'une consultation de deux heures non prise en charge. Le centre hospitalier régional avait retenu cette action parmi ses activités innovantes mais, malheureusement, celle-ci n'a pas été retenue par l'Association régionale hospitalière (ARH). En outre, une expérience a été menée à l'hôpital Jeanne de Flandre avec la mise en place d'une ligne téléphonique pour assurer une écoute permanente des femmes enceintes. De même en gériatrie, où les chutes sont souvent causées par l'environnement ; par exemple du fait de l'émission de monoxyde de carbone par un appareil de chauffage.

Pour le Dr. Monique MATHIEU-NOLF, l'avantage d'une consultation spécifique consiste à porter un regard sur un environnement de vie, d'autant qu'une chute peut conduire à une dépendance totale ; de plus, doivent être aussi examinées les interactions entre environnement et médicaments. Cette approche consiste à placer l'individu au centre de sa vie professionnelle, de ses environnements passés, de son présent et de ses pathologies. Il s'agit là d'un travail lent et long qui exige le concours des particuliers mais cela n'est pas reconnu par la sécurité sociale. Les consultations qui ont débuté à la fin de l'année 2004 ont donc du être arrêtées en 2006 même si elles ont été maintenues à Jeanne de Flandre. Mais, encore une fois, l'ARH n'ayant pas soutenu cette action, cela a conduit le centre antipoison à vivre au-dessus de ses moyens. 

Le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a ensuite déploré qu'il n'existe pas de poste d'interne en toxicologie clinique ce qui signifie qu'il n'y a pas de jeune formé dans cette discipline et que cette expertise manquera dans dix ans. Elle s'est toutefois félicitée du soutien apporté par l'actuel président de région aux activités de santé environnementale.

Le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a signalé, pour mémoire, que l'an dernier, au 43e congrès annuel de la Société de toxicologie clinique « Habitat et toxiques » tenu les 8 et 9 décembre 2005, le CHR de Lille s'était opposé à l'ARH qui n'avait pas accordé de priorité à ces questions. A propos des combats indispensables à mener, le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a fait observer qu'elle ne serait en fonction que jusqu'en 2014.

Elle a alors souligné que le modèle d'exposition des salariés durant leur temps de travail ne peut servir pour le consommateur car l'exposition professionnelle ne dure que huit heures, qu'il s'agit d'une exposition aigüe mais préservée pour laquelle il existe une information, une médecine du travail, et qui concerne une population valide alors que la population générale est composée à la fois de gens âgés, de handicapés, de malades, de jeunes enfants et de femmes enceintes, que certaines expositions ont lieu 24 h sur 24 et que les expositions de la vie privée se surajoutent à celles de la vie professionnelle.

Le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a observé que les centres antipoison participaient diversement aux instances nationales et internationales et que cela était surtout fonction de leur localisation. C'est ainsi que le Centre antipoison de Lille n'est jamais dans les circuits nationaux mais est présent dans les circuits européens.

Par ailleurs, interrogée sur une éventuelle sollicitation de l'Agence nationale de la recherche (ANR) pour obtenir des crédits, le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a signalé que le Centre antipoison de Lille ne s'était pas manifesté.

Revenant ensuite sur la question spécifique des éthers de glycol, le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a observé que, souvent, les produits de substitution insuffisamment connus lorsqu'ils sont choisis posent problème. Elle a ensuite observé que dans les produits agricoles et les cosmétiques il peut y avoir cumul de faibles pourcentages d'éthers de glycol différents - parfois il se trouve jusqu'à sept éthers de glycol dans un seul cosmétique - or le problème c'est ce cumul. Dans le paramédical, il y a parfois jusqu'à dix éthers de glycol non toxiques dans un seul produit. Le secteur des cosmétiques pose d'ailleurs aussi le problème de la nomenclature des produits car il n'y a pas d'unification des termes employés ; parfois même, les noms n'indiquent pas qu'il s'agit d'un éther de glycol alors que la formule permet d'en identifier un. De plus, la même substance peut s'appeler différemment - cela peut aller jusqu'à une trentaine de noms différents - et rend donc indispensable l'uniformisation des noms des substances utilisées dans l'Union européenne.

Par ailleurs, le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a déploré la disproportion entre le nombre de chercheurs en charge du milieu du travail et ceux en charge des consommateurs.

A propos du benzène, le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a signalé le danger du pétrole lampant dans les habitations car il s'agit probablement d'une source de cancers qui ne seront observés que dans une trentaine d'années. Elle a noté que ce mode de chauffage était lié aux conditions de précarité.

Le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a donc essayé de faire interdire ce type de produits mais elle s'est heurtée à des menaces du producteur. Par la suite, la France a fait interdire ces produits mais il y a eu un recours devant la Cour européenne, ce qui a motivé le Dr. Monique MATHIEU-NOLF à alerter largement sur les dangers de ce produit en Europe et la France n'a pas été condamnée. Par la suite, un détecteur d'arrêt a été placé sur ces dispositifs de chauffage sur lesquels il est indiqué qu'ils ne devraient constituer que des chauffages d'appoint mais, dans les magasins, les vendeurs en sont pas au courant de cette importante limitation.

Actuellement, au Centre antipoison de Strasbourg, le Dr. Françoise FLESCH a entrepris de travailler sur les pastilles des réchauds utilisées dans les prisons et la commission de toxico-vigilance est également préoccupée par cette question.

A propos du programme HABIT'AIR du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), le Dr. Monique MATHIEU-NOLF s'est interrogée sur l'attention portée aux produits eux-mêmes dans ce programme car elle estime qu'il faudrait mesurer les produits et les expositions à ces produits dans l'air. L'étude menée, qui constitue une première mondiale, montre qu'il y a beaucoup d'imprégnation chronique par les éthers de glycol. Certes, cette expérimentation est assez restreinte mais elle est riche d'enseignements et elle montre une réelle imprégnation de l'air étudié. Aussi la conduite d'un programme HABIT'AIR 2 a-t-elle été envisagée.

Le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a relevé que le programme HABIT'AIR 2 avait été financé, à l'exception de la partie concernant les centres antipoison, ce qui a conduit le Centre antipoison de Lille à participer là encore sur ses moyens propres pour éviter que l'aspect des effets des produits chimiques sur le consommateur soit toujours occulté. Elle a précisé que la synthèse des travaux du Centre antipoison de Lille était en cours et devrait être prête prochainement.

En outre, une base sur les produits chimiques est en cours de constitution au Centre antipoison de Lille. Une évaluation de risques y est faite, produit par produit, substance par substance ; cela est indispensable car les produits comprennent déjà des mélanges et des mélanges entre produits surviennent aussi. Certes, cela est compliqué à analyser mais c'est pourtant cela qu'il faut analyser. Cela est possible mais la méthode reste à inventer.

Au sujet de la base nationale des produits et compositions (BNPC) en cours de réalisation par les centres antipoison, le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a précisé qu'il ne s'agissait encore que d'un catalogue des produits et de leurs compositions. La gestion de cette mission incombe au centre antipoison de Nancy mais il existe un problème de structuration de cette base car la composition des produits figure en texte libre reproduisant ce que donne le fabricant, ce qui rend impossible une étude nationale tendant à retrouver directement les produits contenant tel ou tel éther de glycol. De plus, cette base n'est pas interopérable avec d'autres bases européennes.

Le Centre antipoison de Paris tient la base nationale des cas d'intoxication (BNCI) qui recense le nom des produits mais les interconnexions sont impossibles entre la BNPC et la BNCI et il faudrait des années pour ordonner tout cela. De plus, les bases nationales ont refusé l'interopérabilité avec la base du Centre antipoison de Lille qui est une base locale ayant comme objectif de recenser toutes les expositions humaines à tel et tel produit présenté avec tous ces composants y compris les excipients.

Il est à noter que l'INERIS a consulté le Centre antipoison de Lille pour étudier les éthers de glycol et que l'AFSSET a fait de même pour le formaldéhyde.

Le Centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Lille a proposé à la direction générale de la Santé de rendre toutes les bases interopérables mais à l'heure actuelle la base de Lille est consultable par les autres pays, mais pas par la France. Cependant le CHRU a du mal à maintenir cette base qui bénéficie d'un module d'accès pour les médecins permettant à la fois de les sensibiliser, d'améliorer leurs connaissances et d'aider leur diagnostic.

Actuellement, le Dr. Monique MATHIEU-NOLF est à la recherche d'un financement de 150.000 euros pour mettre toutes les bases en réseau mais, de 1988 à 2006, les difficultés dues au manque de financement ont été incessantes.

Elle a estimé que l'extension nationale de l'approche du Centre antipoison de Lille était possible et le cabinet du ministre en a été saisi mais, pas plus tard qu'hier, la direction générale de la Santé a répondu que cette préoccupation n'était pas à l'ordre du jour puisqu'il était plutôt envisagé une extension du système retenu par les autres centres antipoison même si celui-ci est moins opérationnel. Le Dr. Monique MATHIEU-NOLF n'a pas manqué de rappeler que la base du Centre antipoison de Lille avait permis HABIT'AIR et que cet outil, plus large que celui des autres centres antipoison, permettait une interface avec les médecins.

Interrogée sur les nanosprays, le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a répondu qu'il s'agissait de produits de nettoyage allemands ayant causé de graves accidents en Allemagne se traduisant par des détresses respiratoires. En effet, la pulvérisation par aérosol de nanoparticules autorise une pénétration profonde jusque dans les cellules. Le BFR du Dr. HAHN collabore sur ce point avec le Dr. Monique MATHIEU-NOLF et la commission parlementaire allemande.

Le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a insisté sur le fait que des nanoproduits peuvent être présents même dans l'excipient ce qui n'est pas mentionné obligatoirement car il peut s'agir de quantités infinitésimales mais cependant très actives et capables de pénétrer dans les cellules.

Puis elle a rappelé que, le 23 avril 2006, s'était tenue à Bern une réunion d'un groupe d'experts sur les nanoparticules chimiques.

Revenant sur REACH, le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a estimé que ce système présentait un très grand danger car l'industrie chimique voudrait se contenter de fournir des formules cadres, ce que la France refuse et que se posait en outre le problème de la traçabilité des produits.

Mais la France n'est pas représentée par la direction générale de la Santé dans les négociations sur REACH où ce sont plutôt les administratifs qui se rendent. C'est pourquoi le Dr. Monique MATHIEU-NOLF - qui parle anglais et allemand - a proposé à Mme Caroline PAUL, Chef du Bureau « Air, sols et déchets » à la direction générale de la Santé et de l'évaluation environnementale du ministère de la Santé et des solidarités, d'être désignée pour s'y rendre avec une mission précise mais cette proposition n'a reçu aucun écho.

Sur les points signalés, les Néerlandais sont très mobilisés, et dans le bon sens, et ils regrettent vivement l'absence de soutien de la France.

Interrogée sur l'existence éventuelle d'un pays ayant une politique de santé publique environnementale exemplaire, le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a cité l'Allemagne grâce en partie à son système fédéral et en dépit d'un lobby chimique très important et de certains personnels médicaux proches du charlatanisme - certains dentistes ayant par exemple arraché toutes les dents comportant des amalgames dentaires de certains patients au prétexte du danger des amalgames dentaires. En réalité, si le mercure constitue bien un réel problème, cela dépend du type de mercure - certains n'étant pas toxiques - les cas d'exposition importante du fait d'amalgames dentaires sont rares. C'est d'ailleurs pourquoi l'AFSSAPS a confié à des centres de référence le soin d'évaluer les patients adressés par des dentistes. En revanche, il est vrai qu'une intoxication au mercure peut engendrer une micro paralysie.

A propos des ambulances vertes, le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a rappelé que le colloque « Habitat et toxiques » qui avait eu lieu en décembre 2005 avait notamment présenté le bilan des vingt ans d'expérience du Luxembourg à ce sujet. A cet égard, le Dr. Monique MATHIEU-NOLF a insisté sur l'importance de détecter, diagnostiquer et, surtout, remédier aux maux repérés, sinon cela ne sert à rien. En outre, il faut expliquer l'interprétation du diagnostic aux habitants de l'habitat expertisé. Enfin, il serait souhaitable d'élaborer des labels de qualité pour éviter l'exploitation du marché de la peur par des officines prétendant se livrer à des diagnostics habitat-santé.

Documents de référence :

- « Rapport annuel 2005 », Centre antipoison de Lille, Dr. Monique MATHIEU-NOLF