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A quoi sert le baccalauréat ?

 

III. DES BACCALAURÉATS AUX CARACTÉRISTIQUES BIEN DIFFÉRENTES

La hiérarchisation des différentes séries prend appui sur des caractéristiques objectives qui viennent les différencier. Méconnaître ces différences réelles conduirait à expliquer le phénomène de hiérarchisation par le seul effet des représentations collectives. A l'évidence, ce serait là une démarche partielle et en conséquence vouée à l'échec. Repérer ces différences, c'est au contraire dessiner le constat sans lequel il n'est pas d'action possible.

Votre groupe de travail souhaite toutefois le souligner d'emblée : ces différences objectives se nourrissent également de la hiérarchisation des filières, qui, en influant sur les choix d'orientation des élèves et de la communauté éducative, vient les renforcer, quelquefois avec une force rare.

Il en va notamment ainsi s'agissant du statut des filières. Aucune série n'est en elle-même vouée à devenir une voie d'excellence. Cette dernière caractéristique prend en effet sa source dans une bonne orientation, c'est-à-dire une orientation réellement choisie par l'élève et en accord avec ses goûts et ses capacités. C'est là le point crucial, qui implique un vrai travail sur les représentations, afin de laisser l'élève libre de son choix, et non prisonnier d'un imaginaire collectif qui présente l'entrée dans une série donnée comme un choix peu judicieux.

A. UNE RÉUSSITE INÉGALE À L'EXAMEN SELON LES FILIÈRES

1. Des taux de réussite de plus en plus divergents

Première caractéristique distinctive des différentes filières, l'inégale réussite au baccalauréat des candidats dans chaque voie d'enseignement. Aux yeux de votre groupe de travail, il y a là un sujet d'interrogation, un taux de réussite plus faible pouvant tout à la fois être le signe des plus grandes exigences de la filière ou des difficultés rencontrées par les élèves qui la fréquentent.

Source : Ministère de l'éducation nationale

Entre ces deux lectures, il paraît difficile de trancher. En tout état de cause, un constat s'impose : l'écart entre le taux de réussite dans la voie générale et celui des voies professionnelles et technologiques ne cesse de s'accuser depuis 2000, où ils se confondaient presque, retrouvant des écarts de près de 10 % qui n'avaient eu cours jusqu'ici qu'aux débuts du baccalauréat technologique. A cette époque toutefois, il était loisible d'imaginer que cette différence tenait à l'apparition d'un nouvel examen et à la nécessité de définir plus clairement ces exigences.

Quelle que soit l'explication de cette divergence, votre rapporteur souhaite qu'elle fasse l'objet d'une étude et d'une réflexion approfondie de la part du ministère de l'éducation nationale. Les taux de réussite n'ont certes pas naturellement vocation à converger, mais une telle divergence suppose, lorsqu'elle est durable, un travail d'analyse approfondi.