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A quoi sert le baccalauréat ?

 

IV. A L'EXCEPTION NOTABLE DU BACCALAURÉAT PROFESSIONNEL, LES BACCALAURÉATS NE PRÉPARENT PAS À L'ENTRÉE DANS LA VIE ACTIVE

Longtemps, le baccalauréat n'était pas qu'une étape dans une scolarité, mais bien une garantie d'insertion professionnelle. Sans doute celle-ci n'était-elle pas toujours parfaite, la figure littéraire du bachelier en témoignant, mais l'examen venait sanctionner un bagage intellectuel qui ouvrait les portes d'un nombre significatif de professions dites « intellectuelles ». Celles-ci requérant désormais la poursuite d'études supérieures, le baccalauréat a perdu dans les esprits sa valeur de qualification professionnelle, à une exception majeure près, le baccalauréat professionnel.

A. UN BACCALAURÉAT PROFESSIONNEL QUI GARANTIT UNE BONNE INSERTION

Celui-ci ne confère pas seulement le grade universitaire de bachelier, mais équivaut également à une qualification professionnelle de niveau IV, sanctionnée par un examen dont les modalités et les programmes ont été définis en accord avec les commissions professionnelles consultatives.

La création d'un baccalauréat professionnel est ainsi précédée d'une longue réflexion à laquelle l'ensemble du secteur concerné est associé, afin de déterminer à quelles fonctions il correspondra et d'identifier les compétences et les connaissances nécessaires pour l'exercer.

Votre groupe de travail a ainsi tenu à faire figurer en annexe du présent rapport un large extrait des référentiels dont la conception accompagne la naissance d'un nouveau baccalauréat professionnel.14(*) Ils témoignent en effet du travail de définition qui est opéré à cette occasion, dont la qualité explique pour une large part la bonne insertion des bacheliers professionnels.

LES COMMISSIONS PROFESSIONNELLES CONSULTATIVES (CPC)

Le décret n° 2007-924 du 15 mai 2007 relatif aux commissions professionnelles consultatives et au comité interprofessionnel consultatif institués auprès du ministre chargé de l'éducation nationale définit ainsi les fonctions des CPC :

« Les commissions professionnelles consultatives formulent des avis et des propositions sur :

1° La définition des diplômes professionnels et technologiques relatifs aux professions des diverses branches d'activité, en précisant leurs référentiels d'activités professionnelles, leurs référentiels de certification et leurs règlements d'examen, qu'ils soient préparés par la voie de la formation initiale (scolaire ou apprentissage), par la voie de la formation continue ou présentés au titre de la validation des acquis de l'expérience ;

2° Les besoins en diplômes professionnels et technologiques compte tenu de l'évolution des professions et de leur secteur d'activité ;

3° La cohérence des diplômes professionnels et technologiques en prenant l'ensemble des certifications existantes.

Elles peuvent également être saisies par le ministre chargé de l'éducation nationale de toute question générale ou particulière touchant à l'enseignement technologique et à la formation professionnelle. »

Il y a désormais 14 CPC, qui couvrent les secteurs suivants :

- métallurgie ;

- bâtiment, travaux publics, matériaux de construction ;

- chimie, bio-industrie, environnement ;

- alimentation ;

- métiers de la mode et industries connexes ;

- bois et dérivés ;

- transport, logistique, sécurité et autres services ;

- communication graphique et audiovisuel ;

- arts appliqués ;

- commercialisation et distribution ;

- services administratifs et financiers ;

- tourisme, hôtellerie, restauration ;

- coiffure, esthétique et services connexes ;

- secteurs sanitaire et social, médico-social.

1. Le baccalauréat professionnel, une qualification qui a su s'imposer

Celle-ci est particulièrement remarquable dans les spécialités industrielles et reste significative, bien que plus faible, dans les séries tertiaires.

TAUX DE CHÔMAGE DES TITULAIRES D'UN BEP ET D'UN BACCALAURÉAT PRO DANS LES DIFFÉRENTS SECTEURS

La création du baccalauréat professionnel a donc été à l'évidence un succès. Ce diplôme a en effet très rapidement trouvé sa place, alors même que d'autres, comme le brevet d'études professionnelles (BEP), ont connu plus de difficulté. L'insertion des bacheliers professionnels est ainsi bien meilleure que celles des titulaires d'un BEP dans le même secteur, ce qui témoigne de sa reconnaissance par les professions.

Toutefois, si le baccalauréat professionnel a répondu et répond encore à un vrai besoin, il importe que les spécialités ne soient pas trop étroites. En effet, le taux de désajustement est très fort puisque, selon les données du CEREQ, un tiers seulement des bacheliers professionnels travaille dans le secteur correspondant à son diplôme.

A l'évidence, l'obtention du baccalauréat professionnel témoigne donc aussi d'une vraie capacité d'adaptation. Dès lors, il ne semble pas utile de multiplier à l'excès les spécialités et, s'il y a aujourd'hui plus de 70 baccalauréats professionnels, il serait sans doute possible d'en réduire le nombre.15(*) Le taux de désajustement le montre en effet, des baccalauréats professionnels très spécialisés ne dispensent pas les employeurs d'un travail de formation initiale des diplômés à leurs fonctions effectives.

* 14 En l'espèce, il s'agit du référentiel du baccalauréat professionnel spécialité Environnement nucléaire, délivré pour la première fois en 2007.

* 15 En 2009, 74 spécialités devraient ainsi être ouvertes, compte tenu des créations et des suppressions de diplômes en cours.