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Le défi alimentaire à l'horizon 2050

18 avril 2012 : Le défi alimentaire à l'horizon 2050 ( rapport d'information )

IV. LA CRUELLE IRONIE DE LA FAIM : LES PAYSANS SONT LES PREMIERS TOUCHÉS

A. SURTOUT DES PAYSANS

La sous-alimentation touche des personnes pauvres et ces personnes sont majoritairement des paysans.

Les personnes sous-alimentées sont pour 50 % d'entre elles des paysans pauvres, 22 % des paysans sans terre et 8 % des ruraux suivant des modes de vie traditionnels.

À ces ruraux - 80 % des « sous-alimentés » - s'ajoutent 20 % d'urbains pauvres.

Une partie considérable des personnes confrontées à la faim sont des femmes ou des enfants ce qui pose un problème de santé particulièrement aigu du fait de la transmission héréditaire d'un état de fragilité physique qui se répercute sur la vie - souvent précocement interrompue - des personnes concernées.

B. DANS LES PAYS EN RETARD DE DÉVELOPPEMENT

1. L'impact de la croissance globale

Il existe une corrélation entre la prévalence de la sous-alimentation et la croissance économique globale mais celle-ci ne garantit pas pour autant son recul.

Il existe une étroite corrélation entre la dynamique du PIB par habitant et la proportion de la population exposée à la faim.

Cette corrélation est d'autant plus forte que la croissance est installée sur une période longue.

On peut en déduire qu'il faut du temps pour que la croissance permette de « mordre » sur la sous-alimentation. C'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles les effets de la croissance économique sur la situation alimentaire des pays n'apparaît décisive que pour certains d'entre eux lorsqu'elle est vérifiée sur une période courte (ici une décennie).

Le graphique ci-dessus montre ainsi pour les années 1990 que s'il existe une étroite corrélation entre un recul du PIB et l'aggravation de la situation alimentaire, l'existence d'une croissance relativement soutenue du PIB par tête ne garantit pas que des progrès substantiels soient réalisés sur le front de la faim. Inversement, des pays à croissance relativement modérée peuvent réaliser des performances plus rapides sur ce point.

2. Le poids particulier de la croissance du secteur agricole

La composition sectorielle de la croissance économique renforce la corrélation entre croissance et réduction de la sous-alimentation quand elle assure une progression de la valeur ajoutée agricole.

Il existe un paradoxe qui veut que les pays où le secteur agricole pèse le plus lourd dans le total de l'activité économique et absorbe une part prédominante de la population sont les plus exposés à la sous-alimentation. Celle-ci recule d'autant plus que la valeur ajoutée agricole est dynamique. Le graphique ci-après confirme globalement ce résultat intuitif.