II. SECONDE TABLE RONDE : QUELS MOYENS METTRE EN oeUVRE POUR REFONDER UNE NOUVELLE PLANIFICATION STRATÉGIQUE ?

Présidence de Jean-Paul BAILLY, président de la délégation à la prospective et à l'évaluation des politiques publiques du CESE

Grand témoin : Michel ROCARD, ancien Premier ministre, ancien ministre du Plan et de l'aménagement du territoire

Yann ALGAN, professeur d'économie à Sciences Po, personnalité associée au CESE

Jean-Pierre SUEUR, président de la commission des lois du Sénat, membre de la délégation à la prospective du Sénat

Mélanie GRATACOS, membre de la délégation à la prospective du CESE, groupe des associations

Yannick MOREAU, présidente de la section sociale du Conseil d'Etat

A. INTRODUCTION - JEAN-PAUL BAILLY, PRÉSIDENT DE LA DÉLÉGATION À LA PROSPECTIVE ET À L'ÉVALUATION DES POLITIQUES PUBLIQUES DU CESE

Dominique ROUSSET, journaliste

Cette seconde table ronde porte sur les outils et les moyens à mettre en oeuvre pour la réflexion prospective. Jean-Paul Bailly, président de la délégation à la prospective du CESE, va introduire cet échange dont Michel Rocard, ancien Premier ministre et ancien ministre du Plan, sera le grand témoin. Jean-Paul Bailly, vous présidez le groupe La Poste et étiez précédemment à la tête de la RATP. En quoi la prospective intéresse-t-elle le management des entreprises ?

Jean-Paul BAILLY

Mon premier contact avec la planification stratégique remonte au début des années 1970 en tant que responsable du Plan au sein de la RATP. Cette tâche stimulante a permis une large concertation des parties prenantes et a été menée par un groupe de jeunes cadres devenus pour la plupart cadres dirigeants de la RATP. Par la suite, dans les années 1980, la RATP s'est lancée dans une véritable démarche prospective en créant un séminaire ouvert à toutes les sciences sociales et dénommé « Crise de l'urbain, futur de la ville » . Le projet « Réseau 2000 » , lui aussi assis sur une forte concertation, visait à développer une conception nouvelle de la RATP, qui s'avérait non seulement un transporteur mais également un acteur de la ville. Au travers de cette réflexion se trouvaient déjà en germe les idées concernant l'automatisation du métro, l'organisation différente du réseau d'autobus, le retour du tramway, la décentralisation, le développement des pôles urbains de transport...

Il en est de même à La Poste, au sein de laquelle j'ai lancé, dès mon arrivée en 2002, le projet « La Poste 2020 » . Celui-ci avait pour but de rendre l'entreprise plus compétitive, tout en restant inscrite dans les mouvements de société, dans les nouvelles technologies et, surtout, en restant fidèle à sa mission de service public et de service de proximité. Je considère d'ailleurs que la prospective se révèle souvent plus dynamique dans les territoires qu'au niveau national. Dans cette réflexion du groupe La Poste se trouvaient déjà, comme pour la RATP, les germes des évolutions mises en oeuvre par la suite dans l'entreprise : la naissance et le développement de la Banque Postale, la part croissante du e-commerce, la mutation des services rendus par les bureaux de poste ainsi que des évolutions dans l'organisation territoriale de l'entreprise.

J'ai acquis la conviction que l'évolution d'une entreprise passe en premier lieu par la définition du système de valeurs. Ensuite, doivent être élaborés une ambition, une vision et un projet participatif. Ce travail effectué en amont me semble un facteur de confiance facilitant la mise en oeuvre effective. Je pense que la réflexion prospective s'avère d'autant plus utile aujourd'hui que règnent dans notre société l'immédiateté et le manque de visibilité.

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