C. PRÉSERVER LES CONDITIONS D'UN ENSEIGNEMENT SUR LE GENRE

Les « études de genre » sont aujourd'hui au coeur d'une controverse qui rend utile une clarification de certains termes du débat autour du contenu et de la nature de cette discipline académique.

Au cours de son audition, Michèle Riot-Sarcey, historienne, co-responsable de la Fédération de recherche sur le genre (RING), et par ailleurs membre du Comité scientifique de la Mission parité du CNRS, a précisé à votre rapporteure que, d'un point de vue académique, le genre pouvait se définir comme une réflexion qui permet de penser la construction des différences entre les sexes.

Cette réflexion s'articule autour de trois hypothèses centrales :

- les différences entre femmes et hommes sont aussi le résultat d'une construction sociale qui attribue des rôles, des statuts, des qualités, des aptitudes, des goûts différenciés ;

- les relations entre femmes et hommes sont insérées dans un rapport de pouvoir , autrement dit, ces relations structurent l'organisation sociale autour d'un dispositif hiérarchique qui pose la supériorité du masculin sur le féminin et à partir duquel se dessine le devenir des individus et du collectif ;

- les catégories d'hommes et de femmes , de masculin et de féminin, sont pensées en interaction comme étant définies l'une par rapport à l'autre.

Les études de genre n'ont pas connu, en France, un accueil aussi favorable qu'aux États-Unis, par exemple. Du fait de l'hostilité qu'elles ont d'abord rencontrée auprès du milieu académique, elles se sont d'abord organisées autour d'enseignants et de chercheurs regroupés en équipes ou de réseaux faiblement institutionnalisés et souvent non pérennes.

La volonté du Gouvernement de simplifier la carte des formations de l'enseignement supérieur a pu susciter des inquiétudes quant à l'avenir des études de genre du fait de leur caractère multidisciplinaire et transversal.

Votre rapporteure apporte son plein soutien à la volonté de la ministre de simplifier la carte des formations de l'enseignement supérieur : tous ses interlocuteurs ont d'ailleurs jugé indispensable de mettre fin à une « jungle terminologique » - pour reprendre l'expression de l'une d'entre elles - dans laquelle plus personne ne se retrouve.

Pour autant, elle souhaite que le Gouvernement se montre attentif à ce que cette réforme indispensable ne pénalise pas le développement des études de genre.

La délégation approuve la démarche de simplification de la carte des formations de l'enseignement supérieur, mais demande que les études de genre trouvent toute leur place dans la nouvelle nomenclature.

Elle propose que des universités soient incitées à proposer des licences comportant au moins un module sur le genre, ainsi que des masters qui pourraient prendre la forme, soit d'enseignements disciplinaires avec option genre, soit de masters pluridisciplinaires genre.

Le développement des études de genre pourrait également être envisagé par l'attribution, chaque année, de bourses attribuées à des doctorants effectuant des recherches sur le genre.

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