B. UNE OPÉRATION AU BUDGET GLOBALEMENT MAÎTRISÉ

1. Un coût total de rénovation évalué à 261,3 millions d'euros

Le budget de la rénovation du site Richelieu a été de 261,3 millions d'euros, financé par le ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la recherche à hauteur de 42,6 millions d'euros (16 %), le ministère de la Culture26(*), à hauteur de 210,9 millions d'euros (81 %), et enfin des recettes de mécénat, à hauteur de 7,8 millions d'euros (3 %).

Ce plan de financement traduit la nature hybride du projet. D'un côté, il s'agissait dans le cadre de la politique patrimoniale de l'État de restaurer des bâtiments et décors historiques. De l'autre, la participation du ministère chargé de l'enseignement supérieur se justifie par l'installation durable, au sein du Quadrilatère, des bibliothèques de l'INHA et de l'École nationale des chartes, aux côtés des départements spécialisés de la BnF.

Par ailleurs, hors convention de mandat, la BnF a contribué sur son budget propre à différentes opérations liées aux travaux de rénovation et d'équipement du Quadrilatère :

- pour la phase 1, le mobilier de bureau et des salles de lecture, la rénovation des salles de lecture du département des Manuscrits et du département des Arts du spectacle et la scénographie de la rotonde des Arts du spectacle ;

- pour la phase 2, les principaux travaux de rénovation financés par la BnF ont été la restauration des décors et l'aménagement au sol de la Salle ovale, la restauration du salon Louis XV, une partie de l'aménagement du musée, la restauration des décors et aménagement de la galerie Mansart, dédiée aux expositions temporaires, et enfin l'achat et la restauration du mobilier pour les salles de lecture.

Ces dernières opérations n'ont pas été incluses dans les conventions de mandat.

Répartition des financements de la rénovation du quadrilatère Richelieu

(en millions d'euros)

Source : commission des finances, d'après les réponses de la Bibliothèque nationale de France et du ministère de la Culture au questionnaire du rapporteur spécial

Les aménagements intérieurs représentent 221,1 millions d'euros, soit environ 85 % du total, tandis que le « clos, couvert et façades » représente 40,2 millions d'euros (15 %). Dans les aménagements intérieurs, il faut distinguer 163,7 millions d'euros de travaux, 25,7 millions d'euros de maîtrise d'oeuvre, 8,3 millions d'euros de maîtrise d'ouvrage, 14,4 millions d'euros d'aléas et 9,1 millions d'euros provoqués par le Covid-19 et l'allongement des délais.

Le clos-couvert-façades a représenté 30,2 millions d'euros de travaux, 4,7 millions d'euros de maîtrise d'oeuvre, 1,5 millions d'euros de maîtrise d'ouvrage, 2,8 millions d'euros d'aléas et 1 million d'euros dû au Covid.

Répartition des dépenses de la rénovation du quadrilatère Richelieu

(en millions d'euros)

Source : commission des finances, d'après les réponses de la Bibliothèque nationale de France et du ministère de la Culture au questionnaire du rapporteur spécial

Les conventions de mandat initiales de 2006 et 2008 faisaient état d'un coût des travaux de 147,52 millions d'euros (en valeur décembre 2002), y compris clos et couvert27(*). Cette base n'intégrait toutefois pas les aménagements provisoires, les transferts de collections et de services, la restauration des façades, le jardin Vivienne et les équipements muséographiques et le mobilier, sans compter les aléas, qui sont fréquents pour des opérations d'une telle envergure.

Pour ces raisons, le rapport de l'IGF de 2009 estimait le coût total de l'opération à 271,7 millions d'euros28(*), qui s'est révélé proche du montant réel des travaux. L'enveloppe financière prévisionnelle de l'opération sous mandat de l'OPPIC a en effet été actualisée au chiffre final de 261,3 millions d'euros TTC en juillet 2022.

Le coût du projet a été régulièrement réactualisé par 15 avenants, qui sont détaillés en annexe du présent rapport29(*) : l'avenant n°3 a notamment intégré le clos, le couvert et la rénovation des façades ; l'avenant n°6 a tiré les conséquences des désamiantages complémentaires et de la problématique du plomb, et d'autres avenants ont intégré des compléments liés aux façades, aux aménagements muséographiques, aux prescriptions de la Commission nationale des monuments historiques, aux travaux de l'École nationale des chartes et aux aléas structurels découverts en cours d'opération.

Le renchérissement du projet n'a donc pas été causé par une mauvaise conduite des travaux, mais par l'élargissement progressif du périmètre ainsi que par les aléas du chantier.

2. Des travaux complémentaires doivent encore faire l'objet d'un financement de 8 millions d'euros

D'après les réponses transmises au rapporteur, le site Richelieu a désormais atteint un rythme de fonctionnement de croisière. En 2025, il a accueilli près de 700 000 visites. L'objectif est désormais de poursuivre les investissements du site de Richelieu en préparant la phase 3 du projet de rénovation, comprenant les travaux qui n'ont pas été exécutés pendant les phases 1 et 2.

Cela prend principalement en compte la toiture du site de la phase 1 et les trois des quatre façades de la cour d'honneur. En effet, seule la façade donnant sur la salle Labrouste a été rénovée à ce stade. Le macadam mis en place lors de la phase chantier est resté en place et les pavés, déposés en 2008 et stockés sur le site de Bussy-Saint-Georges, n'ont pas été reposés.

Ce projet a vocation à être conduit par l'Architecte en chef des monuments historiques. Il a été évalué à 8 millions d'euros qui ne sont actuellement pas financés. La BnF a dès lors indiqué au rapporteur spécial son intention de financer cette dépense intégralement par mécénat.

La BnF a également évalué à 1,5 million d'euros les besoins de Richelieu pour la protection périphérique, la montée en gamme des équipements matériels et logiciels et le remplacement d'équipements centraux. Elle indique que 250 000 euros lui ont été alloués en avril 2026 et seront fléchés en priorité vers Richelieu, tout en jugeant cette somme insuffisante au regard de ses besoins et de la valeur des collections conservées.


* 26 En termes de ventilation budgétaire, 170,4 millions d'euros viennent du programme 334 « Livre et industries culturelles », 40,2 millions d'euros du programme 175 « Patrimoines ».

* 27 Le « clos et couvert » désigne ce qui assure que l'édifice est fermé, étanche et protégé des intempéries. Dans le cas du quadrilatère Richelieu, cela signifie que l'opération, initialement centrée sur la restructuration intérieure, a été élargie en 2008 à l'enveloppe extérieure du bâtiment.

* 28 Rapport sur la Bibliothèque nationale de France, sous la supervision de Nathalie Coppinger et René Klein, Inspection générale des finances, Janvier 2009, page 10.

* 29 Annexe 2 : avenants de la rénovation du site Richelieu.

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