III. LE MONTÉNÉGRO : 28E ÉTAT MEMBRE EN 2028 ?
A. LE PAYS LE PLUS AVANCÉ DANS LE PROCESSUS D'ADHÉSION
Le Monténégro est le pays candidat le plus avancé dans les négociations d'adhésion. Depuis l'ouverture des négociations d'adhésion, en juin 2012, les 33 chapitres de négociation ont été ouverts et, désormais, depuis la 28ème conférence d'adhésion qui s'est tenue le 14 juillet 2026, 18 chapitres sont provisoirement clos, les quatre derniers en date portant sur la libre circulation des travailleurs, sur la protection de la santé et des consommateurs, sur la politique de la concurrence et sur l'union douanière.
L'ambition des autorités du Monténégro est très forte, puisque leur but est de clore l'ensemble des chapitres d'ici la fin de l'année 2026, ou au plus tard au tout début de l'année 2027, puis d'intégrer l'Union en 2028.
Le 22 avril 2026, le Conseil a autorisé la création d'un groupe de travail chargé de préparer le traité d'adhésion du pays. S'il s'agit d'une étape technique, la dimension symbolique est toutefois réelle puisqu'elle témoigne de la dynamique positive du Monténégro sur le chemin de l'adhésion. De fait, les groupes techniques se réunissent de manière très régulière.
Le traité d'adhésion en cours de négociation avec le Monténégro revêt une importance particulière, au-delà des problématiques propres à ce pays, car il aura valeur de test pour tous les autres pays candidats. Il doit donc être suivi avec la plus grande attention.
B. LES PRINCIPAUX ENJEUX DES NÉGOCIATIONS RESTANT À MENER
Si le Monténégro a accompli des progrès très significatifs dans de nombreux domaines, des réformes indispensables restent à mener en matière d'indépendance de la justice, d'État de droit ainsi que de lutte contre la corruption et la criminalité organisée.
Les capacités administratives de reprise puis de mise en oeuvre du droit de l'Union européenne dans la durée, y compris sur le terrain, dans les collectivités locales, sont un sujet de préoccupation relayé par la délégation sénatoriale.
Celle-ci a également pu constater que le respect des règles environnementales européennes constitue un autre sujet important de préoccupation, tout comme c'était le cas en Albanie. Il est à cet égard probable que les autorités du Monténégro négocient une clause transitoire pour la reprise de l'acquis de l'Union en matière environnementale, les coûts étant trop importants à court terme pour le pays. La gestion de l'eau et de l'assainissement, de même que la protection du littoral et la préservation des zones protégées, apparaissent des enjeux majeurs.
Le Monténégro doit donc poursuivre les efforts qu'il mène avec une indéniable détermination, en prenant garde, plus que jamais dans cette phase finale, aux opérations de déstabilisation qui pourraient être menées par des puissances ou des acteurs étrangers.